Au lendemain de la reprise de l'entraînement de l'OL, Alain Perrin (Photo Presse-Sports) est un homme totalement libre. Lundi matin, l'ancien entraîneur lyonnais a résilié définitivement son contrat. L'heure était donc venue de mettre les choses au point après une saison très difficile pour lui malgré un doublé Championnat-Coupe qui restera dans l'histoire de son ex-club. «On a gagné plein de titres, fait une saison magnifique mais je pars avec une énorme frustration par rapport au fonctionnement du club, confie le technicien. Je ne me suis pas régalé et, sur un plan personnel, c'est sans doute la saison la moins agréable que j'ai eu à vivre. C'est paradoxal par rapport au palmarès mais j'ai l'impression d'avoir traversé une année ligotée et baîllonnée durant laquelle je n'ai pas pu m'exprimer dans mon métier.»
L'entraîneur vise principalement son staff « lyonnais » et en particulier Joël Bats et Robert Duverne. « Au bout de quinze jours, j'ai vite compris. Tous deux étaient dans l'opposition systématique. Il y avait chez eux une agressivité latente et permanente. Ils croyaient détenir la vérité parce qu'ils avaient participé aux six titres précédents. Ils ont cherché à me braquer avec les joueurs et avec Bernard Lacombe qui a pourtant toujours été correct, l'un de mes rares soutiens. Avec ces deux-là, j'avais presque l'impression d'être un débutant dans le métier. Il fallait toujours faire comme ils en avaient envie sinon ils ronchonnaient. Ils étaient pourtant loin d'être irréprochables. Ils auraient aimé que ce soit quelqu'un de chez eux qui reprennent après Gérard (Houllier) et pas un petit entraîneur venant de Sochaux. Il voulait sûrement Rémi Garde. J'ai donc essayé de composer pour le bien du club. Je parlais aussi en direct aux joueurs car je savais pertinemment qu'ils me dénigraient par derrière. Duverne et Bats ont pollué l'atmosphère.»
Si Jean-Michel Aulas n'était pas « dupe » d'après Alain Perrin, qu'il a essayé d'arrondir plusieurs fois les angles, le président lyonnais n'a jamais tranché dans le vif. « J'ai tout de suite compris avec lui, dans ses propos à la presse que je serais toujours responsable de ce qui ne marchait pas, avoue l'ex-entraîneur de l'OL. Le président raconte souvent ses histoires à sa façon. Et quand tu veux tuer ton chien, tu dis qu'il a la rage.»