Au cours du Mercato estival de 2006, la canicule semblait bien loin dans le Midi... Une fraîcheur ambiante avait glacé le club de la ville rose.
La saison qui venait de s’écouler n’avait pas de quoi réchauffer les cœurs... Une triste et refroidissante 16ème place concluait le championnat d’une équipe au recrutement clinquant mais dont la complémentarité entre joueurs donnait l’image d’un mécanisme givré. Santos termine une saison presque blanche comme la neige, Moreira part en froid avec le club et les supporteurs et Elmander descend du grand nord pour poser ses valises sur un territoire qui ignore tout de ce Viking. L’attaque du Toulouse Football Club semblait définitivement transie et figée par un vent d’Autan devenu glacial.
Et si le Père Noel était suédois?
Mais la chaleureuse brique rouge de la ville semble rapidement inspirer le colosse. Le temps d’adaptation semble court. Le Suédois est un battant, il est donc chez lui en terre de Rugby! Dès les premières rencontres, Elmander ne compte pas ses efforts et son altruisme en fait un passeur d’exception. Ces courses engagées, sa bouillonnante activité et son rayonnement sur le terrain réchauffe l’enthousiasme des groupes de supporteurs.
Elmander est en train d’éclore...
Ses qualités sont visibles de tous ceux qui viennent au Stadium... Il séduit donc une petite dizaine de millier de personnes tout les quinze jours... C’est encore peu pour devenir une star. Mais Elmander travaille en silence sans ce plaindre, sans demander son reste. Ses blessures fréquentes n’affectent pas son mental de guerrier et il revient sans jamais d’appréhension, en se donnant corps et âme dans un anonymat presque troublant tellement le joueur est doué. C’est donc presque en toute intimité que le Géant venu du froid va se construire un nom... «Buldomander» s’impose en patron avec une progressivité presque chirurgicale... Tout semble écrit. Un joueur si généreux dans l’engagement et tellement exemplaire ne peut que trouver soutient dans des esprits marqués par les valeurs du monde de l’Ovalie. Oui mais sa notoriété ne dépasse pas la Garonne... La faute à un manque de médiatisation. Force et de constater que Toulouse n’est pas Marseille! Elmander souffre encore d’un déficit de statistique. Il est attaquant, on attend de lui qu’il marque! Malouda lui est préféré pour le titre de meilleur joueur de ligue 1.
«Buldomander» explose...
Cette saison Elmander souffle le chaud. Il transpire de combativité et d’efficacité. Monstrueux dans les phases défensives, efficaces devant le but, imposant dans le jeu et équipier modèle hors du terrain, il envahit les terres nationales a bord de son drakkar désormais remplis de buts. L’homme parle peu, il agit. Il semble homme de parole et apporte son respect de sa culture nordique. Toulouse a retrouvé de sa couleur.
Le TFC se séparera vraisemblablement de son colosse en fin de saison. La neige retombera-t-elle sur un désert de glace?