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Daniel Riolo est l’auteur de «

houzbackk
houzbackk
Niveau 7
19 novembre 2007 à 00:36:57

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moukoryDaniel Riolo (journaliste TPS Star): «C’est à la loi dans un premier temps, puis à la police de faire le ménage…»
Par Charly Mouna à Paris
«Boulogne, la Blanche»… Cette tribune du Parc des Princes, vouée au Paris Saint et qui fait l’apologie de la violence. Ce territoire proscrit aux Noirs, fussent-ils supporters du Paris St Germain. L’hommage rendu en 1995 au Libérien Georges Weah, en partance pour le Milan AC, est un de ses faits d’arme les plus tristement célèbres. Plus qu’une aire de jeu, c’est un gouffre qui sépare la tribune de Boulogne de celle d’Auteuil, plus tolérante. Comment en est-on arrivé là, et quels sont les moyens pour éradiquer cette gangrène qui a pris le football en otage? Journaliste à TPS Star, Daniel Riolo est également spécialiste du Paris Saint Germain et l´auteur d´un ouvrage édifiant sur le club de la capitale française.*
Africafoot.com: Pouvez-vous nous faire une historicité des «Fans» du Paris Saint Germain, comment en est-on arrivé au fameux «Kop» de Boulogne?
Daniel Riolo: Au début, à l’époque de Daniel Hechter, dans les années 70, le public venait surtout voir les équipes adverses. C’étaient davantage des provinciaux qui venaient soutenir l’équipe contre laquelle jouait Paris. Le club étant tout neuf, il était par conséquent difficile qu’il ait son propre public. La première association fut fondée en 1975. C’était «Les amis du P.S.G» Des gens tout à fait normaux encadraient les premiers jeunes, en tribune K. Sur le modèle anglais, ils s’appelleront «le Kop K.» L’élément déclencheur vers un mouvement violent fut la finale de la Coupe d’Europe des clubs Champions en 1975 (Bayern-Leeds.) Les supporteurs de Leeds, qui étaient déjà des «Hooligans» à la mode anglaise, saccagèrent tout sur leur passage… Cet évènement marquera une certaine jeunesse parisienne (punks, skins), plus sur un phénomène de mode, que sur un phénomène politique. En janvier 1977, ils se signalèrent pour la première fois en province. C’était à Nancy.
Africafoot.com: Et en 1978, ces jeunes du «Kop» s’installèrent en tribune Boulogne…
Daniel Riolo: Pour des problèmes tarifaires, ils s’installèrent en effet dans la tribune Boulogne. Francis Borelli, alors président du club, augmenta les tarifs. C’est de là que commencera la «conquête du Parc des Princes». Voyant que le Parc et la tribune d’en face (Auteuil) étaient souvent acquis aux supporters adverses, ils distribueront des tracts, pour sensibiliser et motiver les gens, afin que le Parc revienne aux Parisiens. C’est de là que sont partis les premiers chants: «Le Parc avec Nous!» La mouvance dans Boulogne au début, ce n’est pas vraiment «Tribune Blanche» comme on peut l’affirmer pour les années suivantes… Ce sont des mouvements punks, ou skins, qui viennent s’y installer. Le côté politique de l’affaire se mettra en place au début des années 80. Avec l’émergence du Front National dans la vie publique française.
Africafoot.com: Et en face, du côté de la Tribune Auteuil?
Daniel Riolo: «Auteuil» reste fidèle à sa tradition. Fidèle aux supporters adverses, mais il y a aussi les autres supporters du Paris Saint-Germain. En effet, Paris a une très longue tradition de supporters Antillais. Il y a toujours eu beaucoup de joueurs antillais au PSG. Le plus éminent, c’est Jacky Laposte (1972- 1979). Les différents présidents du PSG essayaient d’attirer la communauté antillaise de la région parisienne. Et les Antillais prenaient place à Auteuil, non parce qu’ils avaient été chassés de Boulogne, mais par tradition. (Auteuil, qui est longtemps restée mixte, avec des supporteurs de tout bord, ne sera acquise aux Parisiens qu’en 1991, avec l’arrivée de Canal+, la chaîne cryptée, aux commandes du club). Pour en revenir à la tribune de Boulogne, lorsqu’elle se «politise», au début, cela ne concerne qu’une minorité de personnes. Le GUD, ASAS, font des tracs, de petits clans. En 1985, lorsque les «Boulogne Boys» se créent, ils n’ont aucune étiquette politique. Ils échappent à tout contrôle. Ils sont toujours indépendants. Seul les intéresse le modèle anglais, avec cette violence gratuite autour du football, que l’on retrouve dans les grandes villes européennes.
Africafoot.com: Le mouvement se radicalisera…
Daniel Riolo: Le mouvement Hooligan parisien continuera à évoluer, et prendra plus d’ampleur. Il se durcira, même s’il reste encore marginal par rapport à l’ensemble de la tribune Boulogne, et au «Boulogne Boys.» Malgré leur nombre restreint (une cinquantaine environ, mais cela suffit), les Hooligans feront le « ménage » et s’assureront que Boulogne reste une tribune «Blanche.» Au début des années 90, arrivera le phénomène, avec des gens habillés tout à fait normalement, mais qui viennent uniquement au stade pour en découdre avec les supporters des autres équipes. Ils sont fabriqués sur le modèle des Free Fight, ou des Fight club. Les groupes cherchent à s’impressionner, à être les plus forts… Et dans ce domaine, Paris, où ils sont les plus nombreux et les plus structurés, est incontestablement le plus fort. Pour moi, c’est un problème de violence social, plus qu’un problème d’ordre politique.
Africafoot.com: Quelles sont alors les moyens pour remédier à cette violence?
Daniel Riolo: Il est facile de dire que le club sous Canal + a fermé les yeux sur cette violence, qu’il a acheté la paix sociale dans cette tribune ! Il n’avait riolosimplement pas les armes. Tant qu’on n’avait pas la législation pour expulser les fauteurs de troubles, ou pour les identifier, il était impossible de résoudre le problème. C’est un problème avant tout de pouvoir public et de police…et non de football. Le football est gangrené par cette violence! Pas seulement à Paris, mais un peu partout! Il suffit d’observer tous les clubs, tous les week-ends. Le mouvement Hooligan ne cesse de prospérer. En plus, maintenant, il y a les nouveaux réseaux dans les pays de l’Est. Tous ces gens prennent en otage le football par leur violence. Les clubs sont totalement désarmés par rapport au phénomène, tant que la loi ne peut pas les aider. La Ligue a souvent, pour des questions de business, fermé les yeux (après tout, ça fait du monde qui chante dans les stades!). Mais, cette année, tout le monde semble être sur la même longueur d’ondes. La législation est plus sévère. L’interdiction de stade pour les fauteurs de troubles, ça marche… Désormais, certains individus,
au
http://www.africafoot.com/interviews_specialiste
s/daniel-riolo_tps-star%20.html passé sulfureux dans les stades, doivent pointer au commissariat, les soirs de match. Mais tout cela demande beaucoup de moyens. Comme mobiliser des fonctionnaires autour des stades. Ce n’est pas un problème de club. C’est à la loi dans un premier temps, puis à la police de faire le ménage. Et cela doit être possible…

riolo*Daniel Riolo est l’auteur de «l’histoire du Paris Saint Germain» (Hugo Sport

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