Abdessadki: « Le match du siècle »
Vendredi soir, Yacine Abdessadki sera sous le feu des projecteurs. Avec sa sélection du Maroc il affronte, au Stade de France, l’Equipe de France et ses stars. Un grand moment pour les Lions de l’Atlas. Le milieu de terrain du Racing attend ce match avec beaucoup d’envie et la volonté de prouver que sa sélection mérite sa place parmi les nations de football qui comptent.
- Affronter l’Equipe de France avec le Maroc, cela représente quoi pour vous ?
- Déjà, c’est une belle affiche. Ensuite, c’est une véritable fierté. C’est un match que tout le monde attend au Maroc. C’est très important au pays. D’habitude, nos matches internationaux se déroulent face à des équipes africaines. Là, c’est une équipe européenne, et l’une des meilleurs de la planète. Nous tâcherons de ne pas être ridicules. Nous avons envie de prouver que notre sélection a sa place sur l’échelle mondiale. Le Maroc possède un groupe de qualité et je pense que nous pouvons tenir tête à cette équipe de France. En plus, au Stade de France, le public sera à moitié marocain. Ca va donner une super ambiance.
- Au moment des hymnes, vous qui êtes né en France, aurez-vous le cœur partagé ?
- Non. Je suis français, d’origine marocaine. Je joue pour le Maroc. Je n’ai jamais enfilé le maillot Bleus, même en jeunes. Je respecte énormément le pays où je suis né et où j’ai grandi mais je n’aurai pas de sentiment particulier quand la Marseillaise résonnera.
« On sent une grosse attente »
- Sentez-vous, dans votre entourage, et en Alsace, une attente particulière des Marocains autour de ce match ?
- Oui, les Marocains en parlent beaucoup. C’est d’ailleurs très touchant. On sent une grosse attente. Pour eux, ce match équivaut à une finale de Coupe du monde. Ce sera le match du siècle. On va en reparler pendant longtemps.
- Plus jeune, rêviez-vous de porter le maillot marocain ?
- Honnêtement, plus jeune, je rêvais du maillot tricolore. J’ai grandi en France et j’ai soutenu l’Equipe de France. Mais, au fil des années, les illusions ont disparu. Le Maroc m’a appelé et j’ai vu cela comme une opportunité et une fierté. J’ai fait ce choix sans hésiter. Mais je continue à soutenir l’Equipe de France dans les grandes compétitions…
« Un mélange de culture »
- Pourquoi avez-vous fait ce choix ?
- Parce que cela représentait beaucoup de choses pour ma famille. Cela a fait pencher la balance, au moment de ma décision. Et puis, le niveau international et des matches de CAN, ça ne se refuse pas. Comme en Equipe de France, cela me semblait boucher… En Equipe de France, il y avait de grands noms et d’autres grands noms qui arrivaient derrière.
- Comment les joueurs ayant été formés et évoluant en France sont perçus au Maroc ?
- Franchement, il n’y a jamais eu de distinction chez nos supporters. Les Marocains suivent avec attention le parcours de « leurs » joueurs. Ce sont des supporters fidèles, de vrais fanas de foot. Dans la sélection, il y a un bon mélange entre Européens et Marocains. C’est un mélange de culture très intéressant.
« Ne pas décevoir »
- Sur le plan du jeu, quelles sont les différences entre les « Européens » et les « Marocains » jouant pour la sélection du Maroc ?
- Des deux côtés, il y a déjà beaucoup de talent. Après, c’est vrai, la culture n’est pas la même. Les « Marocains » aiment le spectacle. Les « Européens » sont plus académiques, plus carrés. Tactiquement, c’est plus en place, plus rigoureux. Mais le mélange des deux styles donne une sélection de qualité avec de la fougue.
- Pour vos parents, est-ce une fierté de vous voir porter le maillot de cette sélection ?
- Une énorme fierté, oui ! Pour ma famille, cela a beaucoup de signification. Par conséquent, quand je porte ce maillot, j’ai envie de ne pas décevoir. Je me dois d’être bon en club pour continuer à être sélectionné. Mon objectif, prochainement, sera de faire bonne figure à la CAN et, ensuite, de se qualifier, avec le Maroc, pour la Coupe du monde 2010.
« Le Maroc a sa place en Coupe du monde »
- Justement, quels sont les objectifs de la sélection à terme ?
- Le premier objectif est d’essayer de remporter la CAN. Cela fait quelques années que la sélection court après un titre. Les gens comptent sur nous. Ensuite, il y aura le début des qualifications pour la Coupe du monde 2010. Nous avons raté de peu le Mondial 2006, et, cette fois-ci, nous ne voulons pas louper ce rendez-vous. Le Maroc a sa place en Coupe du monde. C’est une grande nation du foot !
- Quel est, pour vous, le plus grand souvenir du football marocain ?
- La Coupe du monde 98 avec un grand Mustpha Hadji. C’a été du grand spectacle. Et Hadji nous avait fait rêver.