Le Barça en vengeur masqué
Conforter ses positions : tel sera le maître-mot de cette douzième journée pour les grosses cylindrées de la Liga. Un objectif raisonnable à première vue, même si certaines équipes de tête n´auront pas forcément la partie facile, notamment pour celles qui se déplacent et sont, de fait, toujours attendues au tournant. Comme le FC Barcelone, deuxième, qui ouvre le bal, samedi, à Getafe, quinzième. C´est peu dire que la formation catalane se méfie de son adversaire, modeste sur le papier, mais qui lui avait infligé, l´an dernier, une lourde défaite (0-4), lors d´un mémorable match retour de demi-finale de Coupe du Roi. Une dégelée que les hommes de Frank Rijkaard ont encore en mémoire malgré des propos qu´ils veulent apaisants. «C´est un match de championnat très important, pas la peine de penser au passé, relativise Lionel Messi. Nous envisageons tout simplement cette rencontre sans esprit de revanche, c´est tout !»
Les Catalans veulent surtout s´imposer à l´extérieur comme ils le font au Camp Nou. Bref, marquer des buts, c´est bien, certes ; éviter d´en prendre, c´est mieux. Ils comptent pour cela sur «le meilleur Valdes de l´ère Rijkaard», comme n´a pas hésité à titrer Marca. Pour sûr, le gardien barcelonais est en forme depuis le début de la saison. Huit ballons seulement ramassés au fond des filets en quinze parties disputées, bien moins que lors des exercices précédents. L´imparable Valdes vient en outre de battre, mercredi face aux Rangers, le record d´invincibilité en matches européens de l´histoire du club. Soit 466 minutes de jeu sans encaisser le moindre but. Un record jusqu´alors détenu par Mora, portier barcelonais de la saison 1975-76 dont les cages restèrent vierges pendant 406 minutes. De jolies stats qui n´effraient pas Getafe. Bien au contraire. Michael Laudrup, le coach de la formation de la banlieue de Madrid, espère bien rééditer le mauvais tour joué à son auguste adversaire l´an passé mais tient à garder un vestiaire soudé. «Un match de Coupe, c´est toujours différent. Ça reste une bonne performance pour le club mais il faut garder les pieds sur terre. A la maison, Barcelone gagne tout, ce qui n´est pas le cas à l´extérieur. C´est une bonne raison d´espérer».
Samedi, toujours, Valence, quatrième, reçoit Murcie, onzième. Un match à enjeu puisque, en cas de victoire, les Valencians pourraient pérenniser leur quatrième place, mais aussi chiper celle de dauphin en cas de faux pas de Barcelone ou Villarreal. C´est aussi le premier test pour Ronald Koeman au Stade Mestalla, depuis l´éviction de Quique Sanchez Flores, qui voit là l´occasion d´oublier momentanément ses ternes résultats en Ligue des champions (défaite 2-0 contre Rosenborg).
Le tacle de Schuster
Le Real Madrid, toujours leader, accueille, dimanche, Majorque, neuvième. Rien ne semble pouvoir perturber les Madrilènes chez eux, si ce n´est petites rumeurs et dérapage verbal. Sergio Ramos, le défenseur des Blancs, très convoité par le Milan AC, s´emploie depuis quelques jours à démentir tout départ jugé forcément prématuré. L´intéressé, comparé par l´influent Arrigo Sacchi à Paolo Maldini, veut désamorcer toute velléité Lombarde. «Ca me paraît très difficile d´aller à Milan tant je me plais au Real auquel j´appartiens». Un hypothétique transfert également boxé des deux gants par Iker Casillas pour qui «Sergio Ramos est très Madrilène et très aimé au club !» Les tensions se cristallisent davantage sur Bernd Schuster, auteur d´un tacle rugueux lors de la défaite de son équipe à Séville au cours de la onzième journée. Le coach allemand s´était laissé aller à mettre en cause le trio d´arbitres, Catalan, supposé avoir favorisé le FC Séville et par là même l´ennemi historique qu´est le FC Barcelone. Mauvais genre alors même que la fédération espagnole déploie toute son énergie pour promouvoir la non-violence dans les stades...
Vainqueur justement des Madrilènes lors de la dernière journée, le FC Séville, dixième, auteur d´un piètre début de championnat, va tenter de poursuivre son redressement. Aux ordres de Manolo Jimenez, successeur de Juande Ramos, parti à Tottenham, les Sévillans vont avoir fort à faire dans l´antre de Villarreal, fringant troisième. Déjà auteur d´un torpillage en règle du FC Barcelone, il y a deux semaines, l´équipage du «Sous-marin jaune» - comptant dans ses rangs un Robert Pires en forme olympique - aura à coeur de saborder l´adversaire du jour pour continuer de marquer à la culotte Real et Barça. - Samy Mouhoubi