roupement cette semaine avec la Guinée, après une victoire jeudi sur son club de Saint Etienne (2-1) et la défaite dimanche (1-3) contre le Sénégal à Rouen, Pascal Feindouno nous confirme que «c´est avec Saint Etienne que ça se passe pour lui», démentant les rumeurs qui l´envoient à Liverpool. Détendu comme de coutume, il évoque aussi les petites frictions de l´intersaison chez les Verts et la méthode Nouzaret, ancien mentor de l´ASSE qui est aujourd´hui celui de la Guinée.
«Pascal Feindouno, vous avez affronté jeudi votre équipe de club avec votre sélection, dans votre jardin préféré. Quels ont été vos sentiments pendant cette rencontre ?
Je ne me suis pas trompé de vestiaire (rires). Cela faisait bizarre mais c´était un plaisir et un honneur de recevoir la Guinée à Geoffroy-Guichard. C´est toujours une reconnaissance pour une sélection nationale africaine de disputer un match contre une équipe européenne.
Comment avez vous vécu l´hommage que les dix mille spectateurs présents sont venus vous rendre ce soir-là ?
J´avais la chair de poule ! Je ne pensais pas qu´autant de personnes se déplaceraient pour un match en semaine. J´ai vu, ce jour-là, que Saint Etienne était une vraie ville de foot. J´ai aimé que le public encourage les deux formations.
Vous avez failli quitter les Verts à l´intersaison. Comment vous sentez vous dans ce club ?
Maintenant, je me sens bien ! Comme il me restait un an de contrat, j´ai eu l´idée de quitter à tout prix le club pour l´étranger. Je voulais changer d´air, pas forcément en Arabie Saoudite, car cela faisait longtemps que je jouais en France. Il y a eu des discussions avec les dirigeants. Le contrat a été modifié avec une revalorisation salariale. Nous avons par ailleurs une équipe d´avenir avec de jeunes joueurs ambitieux.
Liverpool semble intéresser par votre venue. Un tel grand club ne doit pas vous laisser indifférent ?
Je n´ai pas eu de contact direct. C´est évident que cela fait plaisir qu´un club de cette dimension s´intéresse à moi. J´ai signé à nouveau pour trois ans et c´est avec Saint-Etienne que cela se passe maintenant.
Votre décision de rester cette saison à Saint-Étienne est-elle définitive ?
Dans le foot, tout peut aller vite. Si les deux clubs y trouvent leur compte, je partirai. Mais il est acquis que si je quitte le club, c´est pour une équipe de niveau supérieur.
Robert Nouzaret, le sélectionneur de la Guinée, a réussi le pari de vous qualifier pour la CAN 2008. Quelle est sa méthode et que vous a-t-il apporté ?
C´est un adepte de la rigueur. Nous en avons besoin en Guinée, car il est difficile de nous encadrer. Il a remis les choses en place au niveau de la ponctualité, et réglé la question des primes. Il n´est pas plus fort que les entraîneurs précédents mais il parle le langage de la vérité, et toujours en face. Il a les mots justes et arrive à faire passer son message. On a envie de tout lui donner sur le terrain. Le premier jour où il est arrivé, il nous a dit qu´il n´était pas là pour rien mais pour nous aider car nous étions des professionnels. Tout le monde l´a suivi. A sa prise de fonction, nous étions troisièmes de notre groupe dans le cadre des éliminatoires à la CAN 2008. Personne ne croyait que l´on s´imposerait en Algérie, sauf lui. Aujourd´hui, nous sommes qualifiés.
Votre sélection, la Guinée, va participer à la CAN 2008 au Ghana (du 20 janvier au 10 février). En 2006 vous avez été éliminé en quart de finale après avoir fourni du beau football. La Guinée peut-elle être un sérieux outsider dans cette compétition ?
Je le crois. Le groupe a peu bougé et nous avons accueilli beaucoup de jeunes joueurs. Nous avons été éliminés en quart de finale lors des deux dernières éditions. Nous ne nous fixons pas d´objectifs précis mais j´ai confiance. Je pense que nous irons plus loin cette fois-ci.»