les talibans prêts à un nouveau report de l´ultimatum
L´otage français Eric Damfreville le 14 avril 2007 dans une video diffusée par la télévision canadienne CBC
Le nouveau gouvernement français devra retirer ses troupes d´Afghanistan et ne pas les laisser "mourir pour les intérêts américains", ont affirmé lundi les talibans au lendemain de l´élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française.
Un porte-parole des insurgés a ajouté qu´ils étaient prêts à reporter de nouveau leur ultimatum fixé pour la libération d´un otage français.
"Nous demandons au nouveau gouvernement français d´assurer les intérêts nationaux de la France et de l´Afghanistan", a affirmé le porte-parole des rebelles afghans qui retiennent en otage depuis plus d´un mois un travailleur humanitaire français et trois de ses collègues afghans.
La France "ne doit pas sacrifier ses intérêts nationaux à ceux des Américains. Il n´est pas juste que les jeunes Français ou les jeunes Afghans meurent pour ces intérêts´, a ajouté ce porte-parole, Yousuf Ahmadi.
"Notre première demande au nouveau gouvernement de France est qu´avant toute chose il présente un calendrier précis de retrait de ses troupes d´Afghanistan", a poursuivi le porte-parole qui avait annoncé dimanche que l´ultimatum des talibans pour la libération des otages avait été repoussé à "la formation d´un nouveau gouvernement" français.
"Si quelqu´un nous contacte, soit du gouvernement afghan, soit du gouvernement français, nous sommes prêts à reporter de nouveau l´ultimatum", a déclaré lundi le porte-parole des talibans qui assurent qu´aucun contact n´a été établi entre eux et les autorités afghanes ou françaises.
La France entretient un contingent d´un millier de soldats en Afghanistan dans le cadre de la Force internationale d´assistance à la sécurité (Isaf) de l´Otan, qui compte au total quelque 37.000 militaires de plus de 35 pays. Les talibans ont demandé le départ des troupes françaises ou la libération de prisonniers talibans pour libérer le Français Eric Damfreville, enlevé le 3 avril dans le sud-ouest de l´Afghanistan avec trois accompagnateurs afghans et une collègue française qui a été relâché le 28 avril par les talibans.
"Comme nous l´avons déjà dit, notre ultimatum expire à la fin du processus d´élection en France", a expliqué lundi le porte-parole avant d´ajouter que son mouvement était prêt à un nouveau report. Le nouveau président français doit prendre ses fonctions le 16 mai et former ensuite un gouvernement qui gérera les affaires courantes en attendant les élections législatives qui doivent désigner une nouvelle assemblée nationale le 17 juin