Parmi les déçus du 18 avril, Guillaume,
un kiné de trente ans, avance une
explication qui mérite d’être entendue
: « J’ai payé ma place plus cher à
Lyon qu’à Rome pour le huitième de
finale de Ligue des champions. Donc,
quand je vais à Gerland, j’attends un
spectacle. Et ça tombe bien puisque
l’OL dit être devenu une entreprise de
spectacle. Le jour où le match est mauvais,
ce qui était le cas du dernier Lyon-
Rennes, il y a donc déception. On a
beau nous raconter, en essayant de
nous endormir, que tout va bien dans
le club, on sait bien que depuis trois
mois, il y a des tensions. »
Jeune retraitée, Monique, qui vient en
famille au stade depuis plus de trente
ans, regrette plutôt la distance qui
sépare maintenant les joueurs des supporters.
« Du coup, suggère-t-elle, les
gens sont peut-être moins indulgents.
» Bruno, lui, s’interroge
aujourd’hui pour savoir s’il va
reprendre un abonnement à Gerland.
« C’est bien beau d’évoquer déjà le
septième titre, mais quand tu achètes
une place à ce prix-là (de 15 à 60
pour un match basique de L 1), tu veux
qu’il se passe quelque chose », souligne
Guillaume, tout en refusant de
tomber dans le panneau de la fête
organisée. « Je me faisais une joie
d’assister au Lyon-Lens du 9 mai en
pensant que les Lensois seraient
encore dans le coup. Ça ne sera pas le
cas. Et franchement, il peut bien y avoir
un feu d’artifice à la fin, ce match ne
présente plus aucun intérêt pour les
Lyonnais. »
Lyon n’est décidément ni Marseille, ni
Lens, ni Saint-Étienne. Christophe et
Alain, abonnés de la tribune Jean-
Bouin, avertissent : « Il y a des gens
payés par le club pour faire des choix
sportifs. Et là, on attend avec curiosité
de voir ce qui va être fait d’ici le mois
d’août. »
CLAUDE CHEVALLY