Cana, l’homme à tout faire
L’Albanais de l’OM fait preuve d’un formidable état d’esprit ces derniers temps, jouant même les pompiers de service quand la défense vacille à Lorient. Petit hommage à un joueur qui sait mouiller le maillot...
Mais comment fait-il pour être aussi vaillant ?
Lorik Cana impressionne. Jamais battu, jamais fatigué, il enchaîne depuis un moment des performances de haute volée avec l’OM. Pour preuve, l’Albanais est leader de notre classement des Olympiens sur les cinq derniers matchs. Il faut dire qu’il avait pu quand même souffler un peu après le match contre le PSG en février dernier (1-1 au Vélodrome). Blessé à la cheville puis suspendu, il avait manqué deux rencontres (à Bordeaux et contre Nantes), ce qui est rare chez lui. Il a ainsi pu recharger les batteries. Et un Cana qui fait le plein, ça tient la route !
Respect et robustesse
Sa combativité sur le terrain ravit les supporters marseillais, friands de joueurs qui mouillent le maillot. Depuis son arrivée du PSG en septembre 2005, Cana est respecté par le public phocéen qui était resté sur le fiasco de la paire Pédretti-Costa. Désormais, l’OM a un vrai milieu récupérateur, un pur et (parfois) dur. Sur le terrain, il court de partout, surtout là où le combat s’impose. Et l’Albanais sort souvent vainqueur de ses duels grâce à une volonté à toute épreuve. Preuve que sa force n’est pas seulement physique mais aussi mentale. L’état d’esprit de guerrier de Cana fait la différence.
Qu’il ne se canalise pas !
Il se laisse ainsi facilement emporter par sa fougue, preuve un nombre élevé de cartons jaunes reçus encore cette saison (7 au total juste derrière M´Bami). Mais on serait tenté de dire : surtout qu’il ne se canalise pas ! C’est ce qui fait en effet sa force et lui permet d’être aussi performant et... généreux. Sa débauche d’énergie sur le terrain l´autorise parfois à palier les vacillements de ses coéquipiers. En tête, la première mi-temps à Lorient samedi où Cana est venu prêter main forte à Civelli et César en grande difficulté en défense centrale. On a ainsi vu Lorik faire quasiment le boulot à la place des deux faibles gaillards de derrière.
Il (r)assure aussi en défense
Albert Emon n’a alors pas hésité à la mi-temps : il a placé Cana en stoppeur au côté de Civelli, César retrouvant sa place favorite sur le banc... Et à un poste qui n’est pas le sein (même s’il a déjà joué dans ce rôle avec l’OM et surtout la sélection albanaise), Cana s’est montré impeccable malgré les deux buts encaissés. Les supporters ne se sont pas trompés et l’ont élu Olympien du match, loin devant les autres. Face aux attaquants bretons, il a fait parler son jeu de tête et sa présence dans les duels. Et ce, sans jamais relâcher ses efforts, et pourtant il aurait pu...
Emon loue son comportement
"Lorik peut être le joueur le plus fatigué de tous" a estimé Emon après le match. "Avant Lorient, il avait joué tard en Bulgarie mercredi avec l´Albanie. Les horaires d’avions n’étaient pas bons, il n’avait pas fait de décrassage, il avait mal au pied : il n’avait même pas couru avant samedi ! Mais on a vu son état d’esprit" a lâché le coach olympien, fustigeant le comportement des autres Olympiens, notamment les internationaux, tous bien loin de leur niveau à Lorient. L’excuse de la fatigue, Cana lui ne connaît pas.
C’est pour ça qu’on peut toujours lui faire confiance. Ce qui fait aussi de lui un pion essentiel du dispositif marseillais. En vue du mercato d’été, Arsenal se serait même renseigné sur le joueur pour un éventuel transfert. Mais qu’on se le dise, un joueur qui mouille autant le maillot de l´OM, ça n’a pas de prix...