OM, un triomphe au goût amer
07/04/2008 - 13:01 Par Yannick SAGORIN
De Sports.fr Marseille s'est réveillé ce matin avec des rêves plein la tête et des envies d'Europe à grande échelle. Dimanche soir, l'OM a revêtu son costume de gala pour la troisième fois de la saison. En dominant au Vélodrome un Lyon en passe de coiffer une septième couronne hexagonale de rang après un premier succès sur l'OL au cours de la phase aller et un succès historique pour le foot français à Anfield Road, en Ligue des champions. Le témoignage d'un immense potentiel mais aussi certainement le gage, quoiqu'il advienne désormais, d'une poignée de regrets.
L'OM a le sourire mais peut avoir des regrets au vu de sa prestation face à Lyon. (Reuters)L'OM a le sourire mais peut avoir des regrets au vu de sa prestation face à Lyon. (Reuters)
Une victoire de prestige sur le probable futur septuple champion de France, une quatrième place confortée, en attendant mieux, un secrétaire d'Etat aux Sports séduit par l'ambiance survoltée d'un Vélodrome chauffé à blanc et des internationaux potentiels en état de grâce sous le regard avisé du sélectionneur national: Marseille a tout gagné dimanche soir en épinglant l'OL à son tableau de chasse (3-1). Certes l'enceinte du Boulevard Michelet avait déjà eu de belles soirées à mirer cette année - des triomphes européens sur le Besiktas (2-0), le Spartak Moscou (3-0) ou le Zenit Saint-Pétersbourg (3-1) en passant par le carton caennais (6-1) et le renversant succès contre Paris (2-1) - mais jamais cette saison l'OM ne s'était à ce point transcendé, de la première à la dernière minute, pour arriver à ses fins.
Joueurs, dirigeants et observateurs, tous s'accordent à réaliser aujourd'hui que la L1 n'avait plus atteint de tels sommets d'intensité depuis bien longtemps. Le match de clôture de la 32e levée de L1 a mis aux prises deux équipes joueuses, accrocheuses et inspirées. Comme une affiche entre un leader et son dauphin. A ceci près que Marseille, cette saison encore, n'aura pas joué dans le même catégorie que sa victime du soir. "Au-delà du résultat, la manière utilisée a été plutôt celle d'une équipe classée dans les deux premiers", jugeait Pape Diouf au coup de sifflet final. Tout le paradoxe réside dans ce simple constat: seule et unique formation à avoir infligé un aller-retour au club rhodanien en championnat, l'OM n'en accuse pas moins quinze longueurs de retard sur le champion de France à six journées du terme de l'exercice 2007-2008. Et neuf, sur Bordeaux, dernier chasseur crédible de l'OL.
Dix jours cauchemardesques en mars
Car le bourreau des troupes d'Alain Perrin, le premier pourfendeur français de la muraille d'Anfield - lorsque le grand Liverpool baissa pavillon face au culot olympien incarné par la révélation Valbuena, dans le cadre de la phase de poules de la Ligue des champions - a également brillé par son inconstance cette saison. Satisfait de la prestation de ses troupes dimanche soir, Pape Diouf, la patron de l'OM, laissait néanmoins transparaître une pointe d'amertume dans son analyse du match: "Je regrette notre début de saison poussif puisque sans ce départ raté, je pense que nous serions dans une autre position et que l' on animerait le championnat d'une autre façon."
Coupable d'un retard à l'allumage à l'amorce du championnat - les hommes d'Albert Emon ont attendu jusqu'à la 5e levée pour faire le plein de points sur un match, face à Caen (1-2) - condamné avec sursis à la zone rouge quatre journées durant (de la 10e à la 14e), cet OM qui conquit Gerland à l'automne en position de relégable ne doit en effet son rang actuel qu'à une exceptionnelle rédemption débutée sitôt la phase retour abordée. Une véritable résurrection entachée pas plus tard qu'il y a quelques semaines par une rechute aux lourdes conséquences. En l'espace de dix jours de mars, Marseille a perdu bon nombre d'illusions. D'abord évincé de la Coupe de l'UEFA dès le stade des huitièmes de finale par un Zenit Saint-Pétersbourg largement à sa portée au vu du premier acte joué entre les deux équipes (3-1 ; 0-2), l'OM a ensuite laissé échapper cinq points en L1 - dont trois sur ses terres - et subi une humiliation manifeste devant les amateurs de Carquefou, en huitièmes de la Coupe de France (0-1).
Un simple énoncé des clubs étant parvenus à dompter les Phocéens jusqu'alors en championnat suffit pour se convaincre que Marseille est sans doute passé à côté d'une grande saison. Hors de ses bases, l'OM s'est incliné à Valenciennes (2-1), à Auxerre (2-0), à Saint-Etienne (1-0), à Sochaux (2-1) et à Rennes (3-1). Des opposants aux arguments limités que les tombeurs du Vélodrome n'outrepassent pas forcément en terme de renom: Nice (0-2), Toulouse (1-2) et à nouveau Sochaux (0-1) ont commis l'affront de dominer le club olympien dans son sanctuaire. Gageons toutefois que les Marseillais sauront honorer leurs futurs adversaires présumés modestes de leur meilleur niveau pour tenter d'arracher la troisième place qualificative pour la Ligue des champions aux mains des Nancéiens. Presque un simple lot de consolation compte-tenu du potentiel que l'OM a affiché à chacun de ses grands rendez-vous de la saison.

La saison prochaine espérons 
En gardant Gerets, Mandanda, Cana, Bonnart, Taiwo, Rodriguez (et/ou Givet) M'Bami, Cheyrou, Kaboré, Nasri, Valbuena, Niang, Cissé 
Plus 3 joueurs (Basa, Emana ou Cabaye, Gomis) 