Un «meeting populaire» pour soutenir Ziani Version imprimable Faire part à un ami
Par : F. A.-S. mercredi 26 mars 2008
Cela s’est passé lundi, à l’entraînement
Lundi en fin d’après-midi, la sélection algérienne a effectué une séance d’entraînement sur l’un des terrains du complexe Nelson-Mandela de Sarcelles. Cette séance de préparation a été transformée par les supporters algériens présents sur place en un… meeting de soutien à Karim Ziani.
En effet, si les Verts étaient salués un par un, chacun par son nom, à leur descente du bus pour entrer sur le terrain, c’est incontestablement le milieu de terrain de l’Olympique de Marseille qui l’a emporté à l’applaudimètre, recueillant un véritable plébiscite. La dernière mésaventure qu’il a vécue à l’OM avec son entraîneur, Eric Gerets, lui a attiré la sympathie de la communauté algérienne établie à Paris. En fait, il y avait deux bonnes raisons pour qu’il en soit ainsi : Ziani est un Algérien et, de ce fait, est soutenu par ses compatriotes qu’il soit coupable ou non ; il porte les couleurs de l’Olympique de Marseille, club ennemi et honni par les Parisiens, spécialement les supporters du Paris Saint-Germain. Donc, cette manifestation de soutien, même si elle était inattendue, n’était pas très surprenante.
Enfin, il était détendu !
En entendant les encouragements des gens à sa descente du bus, Ziani a souri et les traits de son visage, tendus depuis plusieurs jours, se sont détendus d’un coup. Il saluait la foule de la main en esquissant un sourire timide. Durant toute la séance, des adolescents lui lançaient des mots gentils à partir de la tribune. D’ailleurs, c’était visiblement de bon cœur qu’il s’est entraîné car, après avoir reçu, deux jours durant, les encouragements du staff technique et de ses coéquipiers, il venait de retrouver la joie de jouer en constatant que ses compatriotes ne l’ont pas laissé tomber. Selon ses proches, il était, ces derniers jours, obsédé par l’idée qu’il aurait pu perdre l’estime des Algériens. Il aurait très mal vécu qu’ils le prennent pour un voyou.
«Tu es meilleur que Nasri et tu es plus beau que lui !»
Le bouquet final de la séance a été à la sortie où des dizaines de fans, des adolescents et des jeunes pour leur majorité, se sont approchés du bus, lançant des cris pour lui remonter le moral. Le burlesque le disputait à l’émotion : «Hé, Karim, dis-toi bien que t’es meilleur que Nasri ! D’ailleurs, tu es plus beau que lui et c’est pour ça qu’il est jaloux !» ; «Dis aux Marseillais qu’ils sont tellement nazes qu’ils devraient te payer une prime spéciale rien que parce que tu portes leurs maillot !» ; «Laisse ces Marseillais de m… et viens à Paris ! Tu verras, au PSG, tu seras un roi et les rois vivent dans les capitales, pas en province !» ; «Non, ne viens pas au PSG ! C’est encore pire qu’à Marseille ! Va où on va te respecter !» ; «Ziani, il faut programmer un France-Algérie à Marseille ! Là, ils verront ce que tu vaux et ce que nous, les supporters, nous leur ferons !» ; «Nasri n’est qu’une femmelette ! C’est donc un honneur de ne pas jouer à ses côtés !» Ces réflexions, non exhaustives, en faisaient rire plus d’un, y compris les agents de sécurité français affectés aux Verts. Les internationaux, de leurs sièges dans le bus, suivaient la scène en rigolant, surtout Mansouri, installé juste derrière Ziani, alors que ce dernier, visiblement très ému, se contentait de sourire et de répondre par des signes de la main.
Le bus est reparti, emmenant un Ziani au bord des larmes, car réconforté par le soutien des siens. Il a reconnu avoir fauté en s’emportant contre son entraîneur. Il a fait amende honorable, mais son plus grand soulagement a été de savoir que les Algériens ne lui en veulent pas.
F. A.-S.
«Les échos qui me parviennent du pays me font chaud au cœur»
«Cela fait toujours plaisir d’être soutenu par tous les Algériens, du moins j’espère que j’ai leur soutien. Ils savent comment je suis et connaissent mon niveau de jeu. C’est vrai que c’est dans les moments comme ça qu’on attend du soutien et cela fait toujours plaisir. Les échos qui me parviennent du pays et de toutes les villes de France me font chaud au cœur car elles témoignent d’un soutien indéfectible. J’espère que cela va continuer.»
Chaud comme ils ragent parce que Nasri a pas choisi l'Algérie 