Se passer de Cana ?
La Page des Sports - Le 16 avril 2007
La blessure de milieu récupérateur olympien à Valenciennes ce samedi rappelle à quel point l’équilibre phocéen peut être fragile. Si l’international albanais ne devrait pas connaître de période d’indisponibilité prolongée, son statut incertain pour mercredi face à Nantes offre la possibilité à Albert Émon de mettre en place un nouveau schéma tactique, lequel permettrait de plus de rééquilibrer une attaque quelque peu prévisible.
À peine commençait-il à rayonner sur le jeu olympien qu’il dû quitter ses coéquipiers en cours de rencontre. Depuis quelques semaines, Lorik Cana faisait étalage d’un impressionnant volume de jeu permettant à l’Olympique de Marseille d’évoluer avec un milieu défensif unique. Mais samedi, c’est Modeste M’Bami qui a fait son apparition sur la pelouse au quart d’heure de jeu pour occuper cette position. Si sa présence dans cette configuration tactique est inhabituelle sous le maillot marseillais, la teneur de son volume de jeu à Sedan, et par intermittences depuis son départ des Ardennes, témoigne de la capacité du Camerounais à évoluer seul à la récupération.
Il s’est parfaitement acquitté de son rôle samedi soir à Nungesser, malgré quelques erreurs dans la distribution du ballon dont il est coutumier. Pourtant, les sorties précédentes de Modeste M’Bami incitent à la prudence, la formation phocéenne pouvant rapidement prendre l’eau dans la mesure où l’entrejeu ne saurait protéger la défense des assauts adverses. D’autant plus que l’attaque ne présente pas encore toutes les garanties nécessaires pour permettre à l’OM d’ignorer d’éventuels problèmes défensifs.
L’âme à gauche
S’il ne démérite jamais par son engagement sur la pelouse, l’influence offensive de Toifilou Maoulida se fait en revanche de moins en moins tranchante à mesure qu’arrivent les beaux jours. Trop peu sollicité à Valenciennes, tout comme contre Lille au Vélodrome une semaine plus tôt, la discrétion de l’ancien Montpelliérain s’explique avant tout par la propension du jeu marseillais à passer par le flanc gauche. Le niveau de jeu actuel de Mamadou Niang, certainement le meilleur attaquant dans le couloir de gauche actuellement en L1, en fait évidemment un point fort pour l’Olympique de Marseille, et il est donc logique de s’appuyer dessus. Mais c’est essentiellement le positionnement de Franck Ribéry, penchant très nettement à gauche, et l’habitude de Samir Nasri à évoluer dans l’axe, qui décalent le jeu phocéen sur cette aile.
Ainsi, malgré la présence de Cana dans le groupe pour affronter Nantes mercredi soir, Albert Émon pourrait être bien inspiré d’adapter son système. D’une part afin d’économiser son joueur albanais, dont la présence sur la pelouse sera indispensable en championnat pour aller chercher une place en Ligue des champions. D’autre part, afin de rééquilibrer sa formation, dont le jeu est (déjà) trop prévisible. S’il suffit de bloquer le couloir gauche marseillais pour contrer l’OM, les Phocéens éprouveront le plus grand mal face à des formations compactes, ou des équipes comme Saint-Étienne, capables d’évoluer haut et de se projeter rapidement vers le but adverse. Le retour à un 4-4-2 avec deux récupérateurs permettrait en outre d’offrir une plus grande souplesse tactique, et la possibilité pour l’Olympique de Marseille de surprendre son adversaire.
Diversifier les options tactiques
Avec la présence de Lorik Cana sur la pelouse, le dispositif olympien semble fixé jusqu’à la fin de la saison. Un trio offensif devant Franck Ribéry et Samir Nasri, et l’international albanais à la récupération. Néanmoins, le 4-4-2 offrirait deux alternatives interchangeables en cours de rencontre. La plus classique consisterait à confier l’animation d’une aile à chacun des deux Bleus. La seconde s’appuierait sur le jeu de Mamadou Niang dans le couloir gauche, en plaçant Samir Nasri dans l’axe et Franck Ribéry dans le couloir droit. Ces deux systèmes pousseraient donc Toifilou Maoulida sur le banc. Une situation qui pourrait être bénéfique pour le jeu du numéro 13 olympien tant son explosivité est de nature à faire basculer une rencontre. Ces dispositifs ne s’appliquent donc évidemment qu’en l’absence de Lorik Cana, mais sa légère blessure à Nungesser rappelle à quel point il est important d’être préparé à pallier la moindre indisponibilité…
Faut pas que tout chamboule non plus 