Football Ligue 1
L´OM se voile la face
Battu à Lorient (2-1), Marseille s´éloigne de ses objectifs de début de saison. A la différence de Pape Diouf et d´Albert Emon, les joueurs ne semblent pas en avoir conscience et préfèrent se cacher derrière le faible écart qui les sépare de l´Europe plutôt que de procéder à une autocritique.
A force de décevoir et de subir des revers sans véritablement réagir, l´Olympique de Marseille va définitivement faire une croix sur la Ligue des Champions. Après une victoire encourageante face à Nice (3-0) et quinze jours de trêve internationale, les Phocéens ont repris le cours du Championnat de France en allant s´incliner à Lorient (2-1). Une défaite des plus logiques compte tenu de la prestation olympienne, tout juste acceptable mais évidemment bien insuffisante pour espérer jouer un rôle de choix d´ici la fin de la saison 2006/2007.
Au premier rang pour suivre les déboires de l´OM, Christian Gourcuff, entraîneur heureux de Merlus qui sont proches du maintien, n´a pas été impressionné par son adversaire de samedi. Et même si la politesse l´empêche de donner un avis trop tranché sur le club provençal, sa courte analyse en dit autant qu´un long discours : "Je ne veux pas parler de l´adversaire. Mais je n´ai vu que mon équipe et je suis bien content de l´avoir vue. Collectivement, on était plus performant qu´eux. Heureusement d´ailleurs car ils ont du talent sur le plan individuel. Mais le foot ce n´est pas une addition de talents." Comme souvent, Gourcuff a tout compris.
Six victoires en vingt journées
Sans être désagréable ni chercher à manquer de respect à Lorient, il n´est pas normal que le "talent individuel" de l´OM n´ait pas réussi à mettre au pas le collectif breton. Et la remarque est valable pour bien d´autres matches lors desquels les Phocéens ont déçu. Cette équipe olympienne, même privée de Franck Ribéry, Habib Beye et Julien Rodriguez, devrait avoir le potentiel pour ne pas repartir du Moustoir la tête basse. Une seule condition : le vouloir et avoir envie de se battre. Comme beaucoup, Albert Emon n´est pas convaincu de la faim des siens... "La révolte à la fin c´est très bien, mais ce n´est pas suffisant. Il faut faire des efforts, des courses et gagner des duels. Nous avons été insuffisants dans la maîtrise, l´agressivité. Les matches, il faut aller les chercher. Si l´état d´esprit est moyen, on ne peut pas prétendre à grand chose. "
Pourtant, l´Europe reste toujours dans les esprits des joueurs de l´Olympique de Marseille. A l´image de Lorik Cana, capitaine d´un jour, on a tendance à se cacher derrière le classement (8e) et les faibles écarts (ndlr : Marseille est à quatre points de la C1). "On est toujours dans la course pour la troisième place, se rassure l´Albanais. Rien n´est compromis mais on a grillé un joker. " La méthode Coué... Problème, cette analyse ne résiste pas aux chiffres. Depuis la 10e journée et le premier gros coup d´arrêt subi par l´OM (face à Lyon), le demi-finaliste de la Coupe de France n´a remporté que six rencontres en vingt journées. Un bilan infamant qui, dans une compétition un peu plus relevée, aurait fait des Marseillais une formation du dernier tiers du tableau. Pas la Ligue 1.
Si les joueurs manquent cruellement de lucidité quant à leur niveau véritable actuellement, Pape Diouf a le mérite de voir clair. "Il faut être réaliste: nos objectifs initiaux et la Ligue des Champions paraissent difficiles à atteindre, même si le championnat est très nivelé. Avec une ou deux victoires lors de nos deux prochains matches à domicile, on peut peut-être recoller et être dans une position d´attente. D´une journée à l´autre, les positions peuvent changer. Mais cette défaite est un frein à nos ambitions. " A force de freiner, les Marseillais vont terminer la saison à l´arrêt.