Avec un bilan famélique depuis le début de l´année de 2 points pris sur quinze possibles, l´OM, encore balayé (0-3) samedi à Toulouse, perd de vue son objectif de qualification pour la prochaine Ligue des Champions. Une nouvelle mauvaise passe qui ne coûtera pas sa place à Albert Emon, qui garde la confiance de Diouf, même si les Olympiens ne peuvent faire l´économie d´une profonde remise en cause. Pour ne rien arranger, Ribéry est indisponible trois semaines et le rachat par Kachkar est lui repoussé...
Ligue 1, la panne sèche
Ribéry, indisponible 3 semaines, a de quoi prier pour son OM mal en point... C´était il y a maintenant un mois. Le 24 janvier dernier, l´Olympique de Marseille décrochait au Vélodrome face à Auxerre sa dernière victoire (3-1) à ce jour en Ligue 1. Depuis, les Marseillais sont portés disparus avec un bilan sur leur cinq derniers matches de deux points pris seulement sur quinze possibles. Un véritable parcours de relégable. Problème, l´OM vise plus haut, beaucoup plus haut avec la qualification la saison prochaine en Ligue des Champions qui, pour l´heure, s´échappe, même si, dans leur malheur et comme n´a pas manqué de le remarquer Pape Diouf, "ce championnat est très nivelé, une série de succès peut nous propulser vers l´avant."
Pour autant, après le nouveau non-match proposé par ses joueurs à Toulouse (0-3) ce week-end, le président olympien n´a pas hésité à employer des mots très durs à leur égard, évoquant notamment une défaite honteuse. Une réaction à chaud qui semblait même indiquer que ce nouveau faux-pas ne serait cette fois pas sans conséquence puisque selon Diouf, il ne fallait pas tarder à prendre les décisions qui s´imposent pour que nos objectifs restent d´actualité. Une menace à peine déguisée à l´intention d´Albert Emon dont le sort parut même scellé l´espace de quelques heures après la déroute du Stadium. Mais, quarante-huit heures après les faits, rien n´a bougé dans le paysage marseillais et Emon a gardé la confiance de ses dirigeants. "Si j´avais la conviction que son départ changerait radicalement la situation, j´y procéderais. Mais je suis absolument certain que ce n´est pas là que le bât blesse. Le remercier ne résoudrait pas le problème. (...) C´est un homme décidé, conscient de la situation et prêt à relever le défi. Le groupe sait parfaitement que nous sommes très solidaires d´Albert Emon. Là où nous sommes, nous ne pouvons pas faire de sentiment. Si Albert Emon est encore là, c´est que les circonstances l´imposent et l´exigent. Il ne s´est jamais montré inférieur à ses attributions."
Dont acte, mais comme le précise aussi Diouf, qui a sans doute aussi jugé que le contexte n´avait rien de favorable entre un quart de finale de Coupe de France face à Vannes mardi et la vente du club qui, jusqu´à sa finalisation, entretient un certain flou ambiant, une profonde remise en question s´impose au sein d´un effectif à la dérive: "Le problème de l´équipe n´est ni technique, ni tactique, ni physique, mais manifestement psychologique. Il faut recréer l´ambiance propice à l´expression du groupe." On ne saurait le contredire lorsqu´on voit Ronald Zubar, pour ne citer que lui, débarqué en début de saison sur la Canebière avec l´étiquette d´espoir prometteur en défense et qui aujourd´hui erre tel un fantôme au milieu de la défense marseillaise. Lui, comme tous les autres, de Cissé, dont l´attitude détestable sur le terrain à l´égard de ses partenaires passe de plus en plus mal, à Ribéry, loin de son meilleur niveau, sont donc désignés comme les premiers fautifs dans la situation actuelle et placés devant leurs responsabilités à une semaine d´un match qu´il ne faudra surtout pas perdre au Vélodrome face à Lens.
Ribéry va leur manquer
Comme si cela ne suffisait pas, le staff olympien, au lendemain de la douche toulousaine, a enregistré la nouvelle de l´indisponibilité pour les trois prochaines semaines d´un Franck Ribéry qui, s´il n´affichait pas depuis quelques matches, loin de là, la forme de sa vie, reste un élément indispensable du collectif marseillais. Victime d´une petite fracture du métatarse du pied gauche suite à un coup reçu face à Toulouse, le vice-champion du monde devait ce lundi se soumettre à des examens supplémentaires afin de préciser exactement la durée de son absence. "Il a reçu un coup contre Toulouse et cela va l´empêcher de jouer et de s´entraîner pendant au moins quinze jours", précisait déjà dimanche Albert Emon, déjà conscient qu´il devra bâtir son équipe sans son chef d´orchestre dès mardi, en Coupe de France face à Vannes, puis lors des deux chocs décisifs à venir face à Lens et face à Lyon. Un retour peut au mieux être envisagé le 17 mars prochain pour la réception de Nice au Vélodrome.
Kachkar se fait attendre
Alors que tout semblait en ordre pour officialiser, selon le calendrier établi, la vente du club dès ce lundi matin, à Paris, la reprise de l´OM par Jack Kachkar continue de se faire attendre. Selon une information du quotidien Le Parisien, l´homme d´affaires canadien aurait réclamé et obtenu de Robert-Louis Dreyfus un nouveau délai avant que le milliardaire suisse, futur ex-propriétaire du club olympien, n´encaisse son chèque de 115 millions d´euros. Rien de grave selon le service de communication de Kachkar qui assure que la transaction s´effectuera bel et bien dans le courant de la semaine.
Mais après la révélation la semaine dernière des rapports de la DST et des renseignements généraux sur l´origine incertaine des fonds dont Kachkar se prévaut pour assurer la reprise du club, ce contretemps tombe on ne peut plus mal alors que l´OM, sur le terrain, ne gagne plus depuis un mois et que s´éloigne l´objectif de qualification en Ligue des Champions, synonyme d´une manne financière (15 millions d´euros) sans laquelle Kachkar aurait sans doute beaucoup de mal à tenir la promesse faite aux supporters à son arrivée: conserver Cissé et Ribéry la saison prochaine...
