COMMENTAIRE
Au XVIIIème, certains philosophes tentent de décrier la guerre prônée par ceux qui sont au pouvoir, et qui s´en justifient en déclarant qu´il s´agit d´un mal nécessaire. Voltaire, l´un des philosophes les plus impliqués, au travers de son article "Guerre", datant de 1764, extrait du Dictionnaire philosophique portatif, dénigre la guerre, la religion et ses déviances. On pourra ainsi étudier, dans un premier temps, la critique faite par Voltaire de la guerre, puis dans un deuxième temps, son réquisitoire contre la religion.
Ce texte présente avec ironie un tableau très négatif de la guerre. Voltaire la qualifie de "merveilleuse entreprise infernale" où "merveilleuse" se heurte à "infernale" puis à "meurtriers". Dans cette expression, l´auteur joue sur le sens d´admirable et en même temps de surnaturel. Il nous explique les différentes raisons pour lesquelles les hommes font la guerre. Le prince se bat pour les prestige, la gloire, la possession d´une terre qui n´est pas la sienne : "Lorsqu´il y en a eu environ dix mille d´exterminés, que quelque ville a été détruite de fond en combre, alors on chante à quatre parties une chanson assez longue", "Tant que le caprice de quelques hommes fera loyalement égorger des milliers de nos frères". Le soldat se bat car c´est son métier. Certains se battent pour le plaisir de la violence, le goût du sang et de la mort, ou par simple bêtise. Les allitérations en [r] soulignent la guerre dans : "meurtriers", "barbarisme" et "meurtres".
La guerre est un combat sans noblesse, le soldat est utilisé par le chef, le chef est lui-même poussé par ses conseillers et l´appât de l´argent et du prestige. Chaque soldat est un assassin qui peut sur le champ de bataille, se laisser aller à ses plus bas instincts, il fait ce qu´on lui demande : "Tant que le caprice de quelques hommes fera loyalement égorger des milliers de nos frères, la partie du genre humain consacrée à l´héroïsme sera ce qu´il y a de plus affreux dans la nature entière". Voltaire désigne les guerriers comme des meurtriers, il juge les soldats comme des êtres déraisonnables : "Tandis q´une demi-livre de plomb tirée de six cents pas me fracasse le corps, et que je meurs à vingt ans dans des tourments inexprimables, au milieu de cinq ou six mille mourants".
Dénoncer la guerre, c´est en effet souligné l´absurdité d´un état de violence et de destruction, qui saccage des vies humaines et brise l´économie d´un pays. C´est aussi mettre l´accent sur la responsabilité des princes qui usent de pouvoirs arbitraires pour envoyer au massacre des armées entières, par caprice ou par ambition personnelle. D´ailleurs, ces princes, ces tyrans, se disent plein de ferveurs religieuses.
Ce texte présente également l´autre tableau qui sert de prétexte à la guerre : la religion. Celle-ci a souvent cautionné, justifié les guerres, quand elle ne les a pas elle-même provoqué. Ces tyrans, qui se disent fervents religieux, font "bénir" leur drapeau et invoque Dieu solennellement : "Chaque chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invoque Dieu solennellement avant d´aller exterminer son prochain". Dieu est invoqué par chacunes des armées avant d´aller exterminer l´autre : "Chacun marche gaiement au crime sous la bannière de son saint".
Toutes les victoires sont fêtées de manière magistrales en prétextant que Dieu approuve cette barbarie, des louanges (Te Deum) sont chantées au nom de Dieu : "Alors on chante à quatre parties une chanson assez longue, composée dans une langue inconnue à tous ceux qui ont combattu, et de plus toute farcie de barbarismes". D´autres gens sont payés pour célébrer ces journées meurtrières. Ils évoquent des guerres de jadis en dialoguant longtemps, ils sont vêtus d´habits spécifiques, ceci afin de convaincre le peuple : "On paye partout un certain nombre de harangueurs pour célébrer ces journées meurtrières", "Les uns sont vêtus d´un long juste corps noir, chargé d´un manteau écourté ; les autres ont une chemise par dessus une robe.
La religion a, de tout temps, servi de prétexte aux guerres. Elle est ici dans le banc des accusés.
Juventini étant donné que tu as déja passé ton bac de français, t´es pas chaud pour me faire la conclusion ?
