Pluie d´injures à Casablanca
Interrogés par L´Equipe sur les conditions de déroulement du match WAC Casablanca - Marseille le 12 février, date du crachat qui vaut à Barthez son passage en commission de discipline, plusieurs membres du club marocain assurent que l´ambiance avait dégénéré bien avant la tristement fameuse 82e minute. Les joueurs sont formels : ils ont été insultés pendant le match, parfois par des mots «à caractère raciste et discriminatoire» indique le quotidien.
Chemsedine el-Janabi, joueur du WAC, assure : «Il y a eu des insultes, des " fils de pute" de la part de Déhu, entre autres, mais c´est courant sur les terrains. En revanche, que Barthez nous traite comme il nous a traités, ce n´est pas admissible. On ne s´attendait pas à ça de la part de ces joueurs professionnels, de nos idoles.»
Le capitaine du club de Casablanca, Hammouda Benchrifa, international marocain, raconte cet autre épisode. « Quand Barthez est rentré sur le terrain, quelques minutes avant le coup de sifflet final, j´étais moi aussi sur le banc et je me suis précipité pour calmer les joueurs. Barthez est alors venu vers moi, très énervé, et m´a pris fermement par l´encolure du maillot. Je lui ai demandé de se calmer. Je lui ai dit qu´il était très respecté ici et qu´il avait une belle image au Maroc. J´ai tenté de lui expliquer que je souhaitais simplement apaiser les esprits et il m´a répondu : " Ce n´est pas ton problème ! " Et il s´est mis à m´insulter. Je n´en revenais pas.»
Autre témoignage accablant, celui de Réda Doulyazal, menacé par Frédéric Déhu. «J´ai tenté un petit pont sur lui juste avant l´incident et cela ne lui a pas plu. Il m´a attrapé par le maillot et m´a demandé de ne pas refaire ce geste. Je lui ai dit : " Attends, tu ne vas tout de même pas me frapper. Tu pourrais être mon père." Et il a répondu : " Je ne suis pas ton père."» Fabien Barthez est convoqué jeudi à 17h30 devant la commission de discipline de la FFF. Il risque une suspension de six mois. Frédéric Déhu, qui s´est excusé auprès des dirigeants marocains au soir des incidents, est également convoqué. Il avait donné un coup de tête puis été expulsé