Impliqué dans l´affaire VA-OM, qui a secoué le football français au lendemain de la première Ligue des champions remporté par un club français le 26 mai 1993, Jean-Jacques Eydelie se confie dans L´Equipe Magazine à paraître samedi. Après 12 années de silence, l´ancien joueur professionnel oublié de tous a décidé de tout révéler dans un livre qui sortira le 1er mars. De la corruption au dopage en passant par la vérité sur l´Affaire, il dresse un portait affligeant du monde pro qu´il a longtemps côtoyé.
«Si j´avais su, jamais je n´aurais fait cela. Parce qu´une victoire, même prestigieuse, ne justifie pas que tu mettes en péril ta vie et celle des tiens.» Le témoignage est poignant. Rejeté de tous, Jean-Jacques Eydelie vit, ou survit dans un meublé de Charentes-Maritime. Sans emploi, l´un des principaux acteurs d´Affaire OM-VA ne voit pas le bout du tunnel dans lequel il s´est trouvé plongé le 26 juin 1993. Un mois après le sacre de Munich, le Marseillais était mis en examen à l´instar de son ami Christophe Robert, joueur de Valenciennes. Ce dernier était chargé de faire lever le pied à ses coéquipiers. Eydelie devait servir d´intermédiaire. Déjà qualifié pour la finale de la Ligue des champions, l´OM voulait négocier au mieux sa sortie à Valenciennes. Les responsables de l´OM avaient pris les devants.
Convoqué en compagnie de deux coéquipiers lors d´une réception sur le yacht de Bernard Tapie, Eydelie n´a pas oublié le discours présidentiel : « Qui pouvait douter à ce moment-là que nous allions acheter le match ? Il fallait être con pour ne pas avoir compris ça », confie-t-il. Mais ses illusions s´étaient envolées depuis longtemps : « Pour les dirigeants de l´OM, tricher était devenu une seconde nature. Il fallait que les choses leur échappent le moins possible, analyse-t-il. Pendant des années, quasiment tous les joueurs à l´OM avaient participé à des arrangements de match.»
Dans ce livre qui devrait faire des vagues et révéler des secrets de Polichinelle, Jean-Jacques Eydelie aborde le problème du dopage. «Je l´ai vu dans tous les clubs où je suis passé, sauf à Bastia » déclare-t-il sans égard. Douze ans après Munich, il n´a pas oublié ce match particulier à tous les niveaux : « C´est la seule fois que j´ai accepté de prendre un produit», explique-t-il après avoir décrit la séance obligatoire de piqûre. Selon lui, seul Rudi Völler aurait refusé. « Pendant la partie, je me suis senti différent de d´habitude (...) Sur les efforts intenses, mon corps ne réagissait pas de la façon habituelle. Je ne sais pas ce qui s´est passé au niveau de mon métabolisme, mais ce produit m´a plus gêné, inhibé qu´autre chose. C´est la seule fois que j´ai accepté de prendre un produit.» Ceux qui avaient oublié l´existence de Jean-Jacques Eydelie, et ils sont nombreux, devraient retrouver un brin de mémoire à la lecture de ce témoignagne.
