Article de l´Equipe sur Taiwo :
C’EST EN FINESSE que Taye Taiwo a inscrit jeudi soir le but vainqueur sur penalty contre le SC Heerenveen à la 90e minute. Comme s’il voulait infirmer sa réputation de frappeur fou. C’est certes dans ce domaine qu’il est intervenu dans sept des buts inscrits par l’OM depuis le début de la saison. À son compteur personnel, il y a trois réalisations dont deux sur coup franc contre les Young Boys de Berne (3-2) et Lyon (1-1), et le penalty contre Heerenveen (1-0). Trois autres réussites sont à comptabiliser sur le modèle « coup franc de Taiwo, ballon récupéré par Ribéry » (contre La Corogne, 5-1, Troyes, 2-1, et Nice, 1-0). Le total est complété par une passe décisive, sur centre, pour Gimenez contre Ajaccio (1-1). Et histoire d’entretenir la légende, on mentionnera son tir au but canon contre GB Anvers (0-0, 4-1 aux t.a.b.), un cauchemar de gardien de but. Pour Jean Fernandez, son entraîneur, cette légende est réductrice : « On retient surtout sa qualité de frappe devant le but. Mais ce que je remarque aussi, c’est le soin qu’il prend à assurer ses passes car, à son âge, s’il a encore des lacunes dans le replacement, il dispose d’une grande intelligence de jeu. Il ne faut pas oublier qu’il était venu au club pour intégrer le centre de formation et il est aujourd’hui titulaire, à vingt ans. Il a un énorme potentiel. Cet été, il n’a eu qu’une semaine de vacances, mais il fait partie des joueurs qui ont eu le plus de temps de jeu depuis le début de la saison. Et il n’a peur de rien. Jeudi contre Heerenveen, il a décidé de tirer le penalty. Normalement, il n’arrive qu’en no 3 derrière Lamouchi et Niang, mais il a pris ses responsabilités. Les joueurs néerlandais ont essayé de le déstabiliser, mais rien n’y a fait. » Taiwo est arrivé à Marseille le 10 janvier dernier, en provenance du Lobi Stars de Lagos : « C’est là que je suis né. Après plusieurs clubs de quartier, je suis entré à la Nigerdock Soccer Academy. À dix-sept ans, je suis parti en Belgique effectuer des essais à Anderlecht et au FC Bruges, mais ils ne m’ont pas retenu. J’ai ensuite passé six mois en Israël, au Maccabi Tel-Aviv, mais je ne me suis pas adapté et je suis revenu au Nigeria. » Son ambition : devenir président En 2003, il évolue à Gabros International où il fait forte impression au point de faire l’objet du plus gros transfert au Nigeria en passant aux Lobi Stars où il inscrit huit buts en une demi-saison : « J’ai toujours joué au poste de latéral gauche et avant de venir àMarseille, je n’avais jamais travaillé ma qualité de frappe, c’est naturel chez moi. » En 2004, Taiwo est sélectionné pour la première fois pour le Nigeria contre l’Afrique du Sud à Johannesburg : « Là-bas, j’ai reçu un appel de Pape Diouf, pour me dire que Marseille s’intéressait àmoi. » Le président de l’OM faisant là jouer ses réseaux : « On m’avait dit beaucoup de bien de lui et nous avons décidé de lui faire passer un essai, qui a été concluant. Il a donc été transféré pour 200 000 euros en janvier dernier. Six mois plus tard, il a été nommé troisième meilleur joueur du Championnat du monde juniors et fait l’objet de sollicitations de deux clubs allemands ainsi que du PSV Eindhoven, mais il a choisi de rester à l’OM où nous avons revu son contrat à la hausse. » Ce que Taiwo confirme : « Il est trop tôt pour partir, pas avant un an ou deux. Je dois progresser et faire ce que l’entraîneur me demande, améliorer mon placement et penser à d’abord défendre. » Couvé par Wilson Oruma, son compatriote nigérian, le défenseur est un des bouteen-train du vestiaire marseillais : « Les autres joueurs l’aiment beaucoup », remarque Pape Diouf, « il est très cool. Lorsque je lui ai demandé quelles étaient ses ambitions, il m’a répondu : bien jouer et devenir président de l’OM ! ».
