INTERVIEW
Barry : " C´était ma chance..." 24/03/2005
Dimanche à Monaco, ce n´étaient pas les débuts de Rahmane Barry sous le maillot blanc. Mais pour la première fois le meilleur buteur du CFA a eu une mi-temps complète pour s’exprimer. Une chance qu’il a su saisir, sans se mettre la moindre pression.
Ca y est, tu as gagné ta place…
Rahmane Barry : ( il sourit) «Non, je n’en suis pas encore là… Je suis simplement satisfait de cette première. Je sais très bien qu’il y a du monde devant à l’OM, et qu’il va falloir prouver.
Je suis entré sans complexe. Je n’avais pas de pression sur les épaules».
Que t’a dit Philippe Troussier à la pause avant que tu entres en jeu ?
R.B. : «Le coach m’a dit «tu rentres, montres nous ce que tu peux faire. Tu joues devant, tu te mets en pointe et Péguy va te servir de point d’encrage. Tu fais tes appels, tu vas en profondeur»».
On t’a vu glisser sur quelques appuis. As-tu fait un mauvais choix de crampons ?
R.B. ( il sourit) : «Non, j’avais mis des vissés. En fait, j’ai tellement voulu frapper fort… J’ai un peu glissé, je n’ai pas eu de chance. Ce sera pour la prochaine fois…»
Avec les nombreuses absences en attaque, il était acquis que tu sois sur la feuille de match à Monaco. Comment as-tu vécu la semaine dernière jusqu’au déplacement ?
R.B. : «C’était très clair dans ma tête. On avait des problèmes d’attaque et c’était ma chance. Il fallait la saisir en faisant mon match, montrer à l’entraîneur que je suis là. En fait, je devais déjà être dans le groupe contre St Etienne, mais j’ai eu une blessure derrière la cuisse. La semaine dernière, le coach m’a dit «prépares toi, fais comme si tu allais jouer». Je l’ai vécu, comme ça sans pression. Je me suis entraîné normalement».
Tu avais déjà eu un peu de temps de jeu par le passé. En quoi était-ce différent dimanche ?
R.B. : «J’ai progressé. Ca fait quand même un moment que je m’entraîne avec les pros. J’apprends à leur contact. J’écoute, je pose des questions. Franchement, je me sens aujourd’hui plus à l’aise que l’année dernière».
Jusqu’ici tu n’avais eu ta chance que quelques minutes en fin de partie…
R.B. : «C’est clair, il y a une sacrée différence entre un quart d’heure et une mi-temps complète. En un quart d’heure, à moins d’avoir de la chance c’est très difficile d’être décisif. En 45 minutes, on peut prendre ses repères, se placer… On peut davantage montrer ce qu’on sait faire».
Face à Monaco, tu t’es retrouvé face à des joueurs expérimentés. Impressionné ?
R.B. : «Il y avait Evra, Givet… C’était impressionnant. En une semaine je suis passé d’un match contre des amateurs à une rencontre face à des internationaux. Ca fait une sacrée différence. Quand tu as le ballon en CFA, tu as le temps de contrôler, de te retourner… Là, ils anticipaient sur ce que j’allais faire. C’était plus compliqué. Mais j’ai tâché de jouer simplement, comme à l’entraînement…»
Maintenant que vises-tu ?
R.B. : «Jusque là mon objectif était de terminer meilleur buteur du CFA ( il a inscrit 13 buts en 23 matches, ndlr). Maintenant que Philippe Troussier commence à me prendre dans le groupe, c’est clair que je vise autre chose. Rester dans ce groupe pro, ne serait-ce qu’y être que remplaçant, ce serait déjà un plus pour ma progression».
Quand les blessés vont rentrer, la différence redeviendra féroce…
R.B. : «Je le sais. Je suis encore jeune, j’apprends. J’ai faim, j’ai les dents. Je travaille avec des internationaux comme Péguy et Steve, avec des joueurs comme Habib et Koke. Je ne peux que progresser. Ils m’apprennent beaucoup, notamment à me déplacer. La concurrence fait partie du jeu».
Comment te juges-tu aujourd’hui ? Quels sont tes points forts ? Dans quel(s) domaine(s) dois-tu progresser ?
R.B. : ( gêné) «Pour les points forts, je crois qu’il faut le demander à l’entraîneur… Bon, je vais vite, techniquement ça va. Mais l’écart est important entre le CFA et les pros. Il faut encore que je travaille beaucoup tactiquement et techniquement».