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SAISON 2004/05
Diouf : «Notre destin entre nos mains» 22/03/2005
Invité de l´émission «La semaine en ballon» sur OMTV, Pape Diouf a évoqué la défaite en Principauté ce dimanche qu´il considère comme le match des regrets. Il est également revenu sur la fin de saison olympienne, l´avenir de Philippe Troussier ou OM-PSG.
Cette défaite à Monaco est-elle une grosse déception ?
Pape Diouf : «C’est le match des regrets, nous aurions pu repartir de Monaco avec 7 points mais nous avons uniquement joué en deuxième mi-temps. La première période m’a rappelé les pires moments de l’OM cette saison comme à Ajaccio par exemple, une équipe atomisée qui subit la loi de son adversaire. Mais je dirais surtout que le match a commencé à la 24e minute avec la blessure de Déhu qui a désorganisé le système. Cette confusion globale a empêché l’équipe d’appliquer les consignes. L’OM s’est retrouvé après la pause mais il ne faut pas oublier que Monaco aurait pu en mettre un troisième. On peut difficilement contester la victoire monégasque puis perdre en Principauté n’est pas en soi-même quelque chose d’infamant.»
Comment expliquez-vous ce renouveau en deuxième période ?
P.D. : «Dans les vestiaires à la mi-temps, les joueurs étaient tout à fait conscient de l’indigence de leur première partie de match. Philippe Troussier n’a pas eu à forcer les termes pour sortir les joueurs de leur léthargie, nous avions tous peur de repartir avec une valise beaucoup plus lourde. Les joueurs par eux-même ont su réagir. Il ne faut également pas oublier que Monaco avait beaucoup plus de matches dans les jambes que nous et ne possédait peut être pas le même impact physique. C’est peut être là que nous pouvons regretter quelque chose.»
L’entrée de Barry a apporté un «plus» dans le jeu de l’équipe…
P.D. : «Son entrée a eu un rôle important avec toutes les réserves à apporter pour un si jeune joueur. Il a contraint l’équipe monégasque à plus de vigilance, à l’image du match de Péguy Luyindula, c’est à dire indigent en première période et performant en deuxième. Barry lui a apporté un appui sur le terrain et dans la tête. On peut toujours se demander pourquoi ne pas l’avoir lancé dès le départ. Mais je persiste à croire que c’était la solution la plus logique, il fallait contrer Monaco et que le temps puisse nous aider.
Mais Barry reste un jeune joueur et je pense que la configuration du match a joué pour lui. Qu’il continue à faire ses classes avec l’équipe réserve et nous verrons comment il va digérer tout cela. Il est encore très tôt pour en faire la machine à marquer de l’OM.»
L’OM enregistre une certaine baisse de régime depuis quelques matchs, comment l’analysez-vous ?
P.D. : «Il faut être objectif, cette année était plus expérimentale, si je peux me permettre, qu’une saison pour jouer le titre. Nous devons rester farouchement attachés à l’objectif qu’est la Ligue des Champions. L’OM est aujourd’hui plus deuxième par défaut que par maîtrise. Notre grand mérite est d’avoir su tirer partie des situations même si nous aurions pu faire mieux. On peut se référer au match contre Istres où l’OM aurait peut être pu faire mieux mais les Lillois par exemple sont un peu dans la même situation.
Mais nous avons un avantage, celui d’avoir notre destin entre nos mains pour rester à cette deuxième place.»
Les trois derniers matchs seront notamment très importants avec Auxerre, Lyon, Bordeaux…
P.D. : «Si on perd les cinq prochains matches et que l’on gagne les trois derniers cela n’aura servi à rien. Il faut d’abord penser au
«Philippe se comporte comme s’il allait rester dix ans»
match qui arrive.»
Justement, le PSG arrive après la fameuse série de huit défaites, la pression risque d’être lourde ?
P.D. : «Ce sera important pour deux raisons. D’abord avec cette défaite de Monaco, cela nous force à gagner chez nous et la deuxième raison est plus psychologique. C’est incontournable, on va forcément nous parler de ces huit défaites, de cet ennemi héréditaire qui ne nous réussit pas ce qui va rendre l’atmosphère encore plus viciée : Le syndrome du Vélodrome, la préparation des joueurs, etc… Franchement, c’est un match dont je me serais passé en ce moment.»
La question revient souvent, avez-vous des nouvelles sur l’avenir de Philippe Troussier ?
P.D. : «Quand il a s’agit de prendre un entraîneur, nous avions convenu de partir pour six mois, Troussier l’a accepté courageusement. C’était l’accord entériné entre nous. Il ne sert à rien de commencer à discuter d’avenir au bout de quatre mois. Il faut atteindre nos objectifs et ne pas discutaillé sur des problèmes qui n’ont pas de sens tant que l’on ne sait pas si ces objectifs seront atteints ou pas. La préparation pour une saison n’est pas la même si l’on est deuxième, troisième ou quatrième. Pour revenir à Philippe ( Troussier), ça peut venir des deux côtés, il peut décider de partir où nous pouvons décider de nous passer de ses services. Mais quand on parle avec lui c’est comme si nous allions continuer ensemble notre petit bonhomme de chemin. Philippe se comporte comme s’il allait rester dix ans. Ca, c’est une réalité.»
L’OM a pourtant besoin de stabilité, on peut se souvenir du cas d’Alain Perrin…
P.D. : «Alain Perrin est le contre exemple, son cas est sur le terrain judiciaire et on ne sait pas, peut être que le club va être contraint de payer. En observateur du football, je me suis efforcé de prendre quelqu’un qui possédait le caractère et le tempérament pour l’OM. Mais même si Philippe ( Troussier) ne reste pas, Marseille continuera sa route de manière sereine. La stabilité du club ne tient pas à une seule personne. L’OM a souvent souffert d’être remanié, mais un club c’est pour 80% le sportif, d’où l’importance qu’il faut accorder à l’équipe première.»