Une reprise pleine d´interrogations
Beaucoup de départs, peu d´arrivées et encore pas mal de dossiers en attente, les joueurs marseillais n´ont pas retrouvé le chemin de La Commanderie dans les meilleures conditions. Côté staff, personne ne veut s´alarmer et tout le monde prône l´optimisme.
Par Claire Trouvé
Notre correspondante à Marseille
Oruma et Ribery en découverte
Après un peu plus de trois semaines de repos, le centre d´entraînement de La Commanderie a repris ses habitudes. Les belles et grosses voitures des joueurs marseillais ont retrouvé leur place sur le parking qui leur est réservé, tandis que leurs propriétaires se remettent tout doucement au travail. Cette première semaine est davantage consacrée à une remise en forme et à des tests physiques et médicaux. Les joueurs débuteront vraiment les exercices tactiques lorsqu´ils seront en stage à Aix-les-Bains, dès dimanche. Les internationaux étrangers, mobilisés plus longtemps avec leurs sélections respectives, rejoindront également le groupe à ce moment-là.
Les deux petits nouveaux arrivés sont ravis et disent avoir eu un bon premier contact avec leurs partenaires. «Je connaissais presque tous les joueurs de l´OM avant de venir parce qu´on les voit partout, à la télé, dans les journaux... explique ainsi Wilson Oruma. Il n´y a que de grands joueurs ici, alors je suis ravi.» Franck Ribéry est dans le même état d´esprit et assure qu´il n´est pas perturbé par ses problèmes avec Galatasaray, son précédent club. «Je ne me prends pas la tête, précise-t-il. Tout se déroule très bien. De toute façon, lorsque je suis sur le terrain, je ne pense qu´au foot, qu´au ballon.»
Tout pourrait donc aller pour le mieux si les deux hommes n´étaient pas les seuls à avoir rejoint le groupe olympien. D´autant plus que beaucoup sont par contre partis. Pedretti, Costa, Cheyrou, Marlet, Hemdani pour ne citer qu´eux sont allés voir ailleurs, et d´autres, comme Fiorèse, Olembé ou Bamogo devraient les suivre prochainement. Certains se posent d´ailleurs des questions et sont en négociation avec les dirigeants. C´est notamment le cas de Laurent Batlles, l´un des hommes forts de la saison passée. «Je discute actuellement pour prolonger de deux ans. J´ai aussi une proposition pour un contrat de quatre ans à Toulouse, ce qui serait aussi intéressant pour moi, résume-t-il. Pour le moment, l´OM ne veut pas me laisser partir et de toute façon, je suis bien ici. Mais j´aimerai trouver un terrain d´entente assez rapidement.» Tant que ce ne sera pas le cas, pour lui comme pour les autres, difficile d´avoir des joueurs concentrés et investis à 100%.
Des problèmes financiers
Une situation qui a de quoi inquiéter, mais Jean Fernandez, entraîneur encore tout frais, ne veut pas dramatiser. «Il est normal d´être un peu dans le flou à cette période. Je récupère les joueurs africains dimanche et cela ira déjà mieux. Par ailleurs, nous avons des priorités pour recruter sur deux ou trois postes : un attaquant, un milieu défensif et un joueur sur le flan gauche. J´espère aussi que cela sera réglé dimanche pour partir en stage.» L´idéal pour lui serait d´avoir environ 90% de l´effectif final lors du premier match en Intertoto, le 16 juillet. Ce qu´il n´est pas certain d´obtenir.
En coulisses, la cellule de recrutement s´active pourtant beaucoup. Pape Diouf prône lui aussi l´optimisme et refuse de céder à la panique : «J´ai revu des articles de la saison dernière à la même époque l´an passé. Grégory Coupet s´y inquiétait pour l´avenir de Lyon. Plusieurs joueurs partaient et il avait l´impression que le club était en plein doute. On connaît la suite et j´aimerai bien connaître la même réussite…» Pourtant, derrière son humour de façade, le président reconnaît à demi-mots que Marseille a du mal à recruter en raison de «limites économiques et financières. Nous ne pouvons pas avoir le geste aussi large que l´OL par exemple.» En résumé, l´OM peine à convaincre des joueurs de venir parce qu´il ne peut pas mettre assez d´argent sur la table.
Alors que le temps presse de plus en plus à mesure que les premiers matches officiels se rapprochent, le club phocéen est donc encore dans le brouillard. Seule l´arrivée des renforts réclamés par Fernandez permettrait de dissiper les nuages et d´y voir déjà un peu plus clair.