BOLOGNE / MOURAD MEGHNI :
« Prêt à partir »
22 juin 2005 - Pierrick TAISNE
De passage en France, Mourad Meghni a bien voulu nous accorder un peu de temps pour revenir sur sa saison à Bologne. Très déçu de descendre en Deuxième Division, le milieu de terrain n’exclut pas un éventuel transfert. A condition que son club y trouve un intérêt.
Mourad Meghni, au terme d’un barrage contre Parme, votre club Bologne descend en Serie B…
C’est une grosse déception. C’est la première fois de ma carrière que je vis une descente. C’est un sentiment que je ne connaissais pas auparavant. Ça fait bizarre.
Bologne était pourtant bien parti cette saison. On évoquait même une qualification pour l’UEFA…
C’est vraiment abusé. Au mois de mars, nous avions 38 points et nous en avons pris quatre en onze matchs. Tout le monde nous dit que Parme est bien revenu lors du match retour ( Ndlr : Parme s’est imposé 2-0 à Bologne après s’être incliné 1-0 au match aller) mais c’est bien avant que nous perdons notre saison. Je me souviens d’ailleurs que dans les vestiaires, on demandait les résultats de nos concurrents directs. Nous avons trop calculé. A côté de ça, il y a certainement eu un relâchement physique après une grosse préparation.
Vous êtes également tombé sur un grand Sébastien Frey…
Quand on voit les matchs qu’il réalise, on se demande comment il fait pour ne pas être en équipe de France. Il a sorti de gros arrêts, notamment sur une tête de Tare que tout le monde voyait à l’intérieur. Quant au match aller, je n’ai pu jouer qu’une mi-temps. J’ai fait 30 bonnes premières minutes puis j’ai perdu trop de ballons et l’entraîneur a décidé de me sortir.
A titre personnel, c’est une saison bizarre : vous avez connu deux grosses blessures mais à chaque apparition, vous avez été à la hauteur des espoirs placés en vous…
J’ai enfin pu montrer ce que je pouvais faire. C’est le bon côté de la saison. Maintenant, c’est vrai que j’ai été absent quatre mois à cause de mes genoux. D’abord le ménisque gauche puis le genou droit. D’ailleurs aujourd’hui, j’ai encore un peu mal. Je vais profiter de mon retour en France pour me faire ausculter par des médecins français.
« Descendre ralentirait ma progression sportive »
Avez-vous le sentiment que vous auriez pu apporter un peu plus ?
C’est difficile de se montrer à Bologne quand on est un joueur offensif. Un défenseur aura beaucoup moins de mal à faire parler de lui. C’est dommage que notre système de jeu ait été si défensif. Quand on prend l’Atalanta, c ‘est autre chose. Même s’ils descendent, ils ont pratiqué un football offensif.
Serez-vous à Bologne pour la reprise de l’entraînement ?
Je ne sais pas. On ne nous a rien indiqué. C’est vraiment étrange comme situation. D’habitude, quand je pars en vacances, je sais exactement quand je vais revenir. Samedi, nous sommes sortis des vestiaires à minuit. Puis je suis rentré en France le lendemain. Entre temps, nous n’avons pas été mis au courant.
On vous imagine mal poursuivre l’aventure en Serie B alors qu’il vous reste deux ans de contrat…
Descendre ralentirait ma progression sportive. S’il le club souhaite me transférer et y trouve son intérêt, je suis prêt à partir. Sauf si je marque trente buts l’année prochaine, Bologne ne pourra pas tirer grand chose d’un transfert. C’est aussi dans son intérêt.
Avez-vous des pistes ?
Pour le moment, non. Mon agent Pierre Frelot doit me tenir au courant de l’évolution de la situation. Il devait appeler le président de Bologne pour connaître ses intentions. Dans le courant de la saison, je sais que Palerme s’est renseigné. Mais c’était avant le départ de l’entraîneur Francesco Guidolin.
« Pourquoi pas jouer en France »
Le nom de la Juventus revient également très souvent…
La presse italienne aime bien colporter ce genre de rumeurs. Mais il n’y a rien eu. Aujourd’hui, je suis vraiment dans le flou. Je pourrais très bien rester en Italie mais également venir jouer en France.
Un transfert en France permettrait de vous faire découvrir du grand public et pourquoi pas de vous rapprocher de l’équipe de France…
En France, on est plus suivi. Je ne dis pas qu’à l’étranger on ne vient pas nous voir. Mais il est plus facile de se montrer en France. Voir des jeunes qui s’installent en équipe de France, ça donne envie. De nombreux pays européens rajeunissent leur équipe et nous commençons à le faire doucement. Raymond Domenech est un bon entraîneur. Je l’ai connu en Espoirs. Et c’est sûr que si un jour je peux jouer en équipe de France, ça serait un rêve.
Un petit mot sur vos vacances…
Je suis retourné chez moi près de Paris. Ça permet notamment de revoir des amis. Sinon je compte partir une semaine au Mexique. Mais encore une fois, je ne sais pas combien de temps je vais rester en France. Tout dépendra de Bologne. J’espère que tout se débloquera assez rapidement.