Paris, huit ans d’échecs
La goutte d’eau... Plus que l’humiliation subie face à Marseille (le score est flatteur au final), c’est plutôt l’accumulation de parodies de football proposées depuis quelques années par le Paris-SG qui fait aujourd’hui peine à voir pour les amoureux du club de la Capitale dont je fais partie. Certes, les deux penalties accordés à Sochaux lors de la dernière journée étaient plus que sévères. Mais un succès par 5 ou 6 buts d’écart en faveur des hommes de Perrin aurait été bien plus parlant au niveau du jeu. Heureusement, Pauleta était encore passé par là, convertissant les deux seules occasions parisiennes de la rencontre. Le mal est profond...
Depuis le départ de Monsieur Denisot (celui-là mériterait une statue à l’entrée du Parc), les présidents se sont succédé avec le même résultat: Bietry, le révolutionnaire, Perpere, l’incompétent, Graille, l’homme d’affaires aux dents longues, Blayau l’invisible et aujourd’hui Cayzac. Au niveau entraîneurs, on n’a pas fait beaucoup mieux. Leurs carrières parlent pour eux: Giresse (ancien sélectionneur de la Géorgie, aujourd’hui au Gabon...), Bergeroo (remercié ensuite par Rennes), Halilhodzic (à Trabzonspor), Fournier (???) et Lacombe (remercié par Sochaux...). Que de grands noms. Et que dire de la vente du club. Au budget illimité d’un candidat aux fonds propres mais qui a le tort visiblement irréversible d’être originaire du Qatar, on préfère le dossier multi-tête d’un pôle d’investisseurs qui annonce d’entrée son amour incomensurable pour le club: on vend dans six ans pour faire des bénéfices...
Pour en revenir au terrain, si l’on devait faire la critique match par match de ce qui n’a pas été depuis tant d’années, il faudrait un botin. Revenons donc au match face à Marseille. L’OM, fort de ses certitudes acquises dans le jeu, se présente sur la pelouse du Parc avec quatre attaquants (Nasri, Ribéry, Maoulida, Niang). A domicile, soyons fous, on aligne pas moins de... trois joueurs à vocation offensive: un attaquant (Pauleta) et deux milieux offensifs (Kalou, Frau). Sur onze, ça fait pas lourd. Frau, justement, est un très bon attaquant de pointe, mais on s’entête à le placer à droite, au détriment de ses performances. Pour ce couloir droit, on a fait venir Diané, mais il est sur le banc. A gauche, Rothen est blessé (comme souvent). Il est remplacé par Kalou, un droitier. Le jeune Rodriguez, certes encore trop personnel, a sûrement le tort de trop mouiller le maillot. Il n’est même pas sur le banc. Si tous les joueurs avaient pourtant son envie, on n’en serait pas là. Au milieu, on trouve Vikash Dhorasoo, aussi invisible qu’inutile. Lui ne joue que grâce à un nom qu’il s’est fait en l’espace d’une saison à Lyon. Il doit gagner encore très bien sa vie mais il n’a plus l’envie, c’est criant. En milieux défensifs, puisque l’on a eu la magnifique idée de vendre notre paire Cana-Mbami, sûrement la meilleure sous le maillot parisien depuis quelques années, à l’OM pour 3 francs 6 sous, on affiche un impressionnant duo Cissé - Rozehnal. Celui-là semblait trop à l’aise l’an passé aux côtés de Yepes en défense centrale, on a donc décidé de lui trouver un nouveau poste où il n’a aucun repère. Quid de Baning, le jeune espoir camerounais en provenance de Suisse qui doit crever l’écran? Sur le banc, comme d’autres. Pour remplacer Rozehnal en défense, on essaie de déplacer une nouvelle fois le valeureux Armand, puis on teste face à l’OM, pour LE match, Sammy Traoré. Sa performance catastrophique parle d’elle-même..
Aujourd’hui, le Paris-SG, le club de mon coeur depuis 32 ans, n’a plus d’âme, plus d’identité, et ne vit que par ses supporters. Critiqués, décriés, ils sont pourtant admirables et fidèles malgré la honte. Ca doit être ça l’amour du club. Les dirigeants, les entraîneurs et les joueurs se succèdent pour le même résultat. Il faut dire que le recrutement a chaque année de quoi faire sourire. On nous annonce toujours des noms ronflants qu’on a failli avoir (Kaka il y a quelques années, Ronaldo l’an passé, Van Persie, Sorin et j’en passe des centaines...) et on voit ensuite le concret: Coridon, Hellebuyck, Baning, Traoré... La stratégie des têtes pensantes (qui devraient peut-être arrêter de penser) continue d’étonner. On prolonge ceux que l’on ne veut plus (Pancrate, Paulo Cesar...), on ne retient pas ceux qui veulent rester (Sorin) et on vend les meilleurs (Cana, Mbami). Qu’il est loin le temps des Weah, Ginola, Valdo, Ricardo, Rai, Le Guen, Roche, Guérin, Fournier... Le comparer avec l’effectif actuel donne le tournis. Ce dernier est pauvre et les joueurs ne jouent pas à leur place. A y regarder de plus près, il ne faut peut-être pas se plaindre d’être 15e de Ligue 1 mais sûrement se réjouir d’y être encore. Son bilan lors des quatre dernières saisons? 11e en 2003, 2e en 2004, 9e en 2005, 9e en 2006, 2 Coupes de France en 8 ans et douze ans sans titre de Champion. Le prix du maillot, par contre, ne cesse de grimper au fur et à mesure que le club est ridicule... Il faut se rendre à l’évidence, le PSG est en train de mourir à petits feux. La Ligue 2, longtemps considérée comme une boutade, est aujourd’hui une menace réelle. L’avantage est qu’on y jouerait peut-être la première partie de tableau... Tant qu’à faire de mourir, autant le faire la tête haute. Pourquoi ne pas aligner aux côtés des quelques joueurs irréprochables (Pauleta, Armand, Landreau) les jeunes pousses de la CFA? A défaut de talent et de contrat juteux, eux auront sûrement l’envie. Pour les joueurs comme les supporters, être Parisien ne doit pas devenir une tare...
B. R.
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