A moins d´un coup d´éclat face à Lille, Serge Le Dizet devrait diriger son dernier match à la tête du FC Nantes, samedi. D´après nos sources, la décision a déjà été prise d´un commun accord dans l´après-midi. Si Georges Eo assurera l´interim, Raynald Denoueix et Vahid Halilhodzic sont déjà évoqués.
Avec seulement deux points glanés en quatre journées, le FC Nantes connaît un début de saison agité. La lourde défaite concédée chez Lorient (1-3) avant la mini-trêve internationale n´a fait qu´enfoncer un peu plus le club dans la crise. Un phénomène suffisamment rare dans la maison jaune et verte pour que Serge Dassault monte lui-même au créneau la semaine dernière. Interrogé sur la démission de l´entraîneur nantais réclamée par les supporteurs, l´actionnaire principal avait alors répondu : s´il "n´est pas bon, il n´y a qu´à le changer, ça m´est égal. Si Serge Le Dizet doit partir, qu´il parte le plus tôt possible !" . Une intervention qui a fait grand bruit en Loire-Atlantique, d´autant que Rudi Roussilon n´a pas manifesté un soutien très enthousiaste à son entraîneur. "Serge Le Dizet n´est pas menacé. Son engagement est total, entier et plein. Il est passionné. J´apprécie son enthousiasme au travail", avait-il simplement réagi sur RMC.
Le couperet est finalement tombé plus tôt que prévu, avant même la réception de Lille, samedi. Il a en effet été décidé que ce match devrait être le dernier de Serge Le Dizet sur le banc nantais, a-t-on appris de source proche du dossier à l´issue d´une réunion tenue cet après-midi à la Jonelière. A moins d´une improbable révolte face à une équipe de LOSC en pleine confiance, Georges Eo assurera donc l´intérim à la tête de l´équipe première. "Je ne souhaite pas qu´il arrive malheur à Serge. Je ne veux pas lui piquer sa place mais si un changement devait s´avérer inéluctable, je veux être un candidat sérieux", avait déclaré plus tôt l´actuel entraîneur adjoint.
Denoueix ou Halilhodzic ?
Pourtant, les dirigeants nantais se sont déjà lancés en quête d´un entraîneur d´expérience. Deux noms figurent en tête de leur liste : Raynald Denoueix et Vahid Halilhodzic. Le premier, entraîneur du FCNA de 1997 à 2001, serait même la priorité de Japhet N´Doram. "Je n´ai connu que deux clubs dans ma carrière et j´espère qu´il n´y en aura que deux", avait d´ailleurs déclaré Denoueix avant de quitter la Real Sociedad. Mais s´il ne souhaite pas connaître d´autre club, Denoueix souhaite-t-il revenir ? Tant que Jean-Luc Gripond sera au club, la réponse est non, d´autant qu´il ne souhaite pas non plus cautionner le licenciement de son ami Le Dizet. Reste alors l´option Vahid Halilhodzic, déjà largement évoqué à l´été 2005. Après un passage en Turquie (Trabzonspor) et en Arabie Saoudite (Al-Ittihad), son heure est peut-être venue.
En poste depuis le 2 janvier 2005, Serge Le Dizet s´apprête donc, sauf miracle, à tourner la page. Mais, de même source, l´entraîneur lui-même convenait que la situation était telle que Nantes avait besoin de changement. Ses récentes déclarations sonnaient d´ailleurs comme un aveu de sa propre impuissance. "Il y a un an et demi, je devais être un des seuls à croire fortement au maintien et j´ai ma part de responsabilité là dedans. J´avais peut être alors une autre légitimité qu´aujourd´hui... De toute façon, la légitimité, je l´ai eu six mois ici! Peut être qu´il y a un problème de confiance à la base. Mais la confiance, ça s´entretient avec les résultats..." , semblait-il s´être déjà résigné vendredi.
Un coup d´éclat face à Lille peut-il encore le sauver ? "Ce serait mentir de dire que j´ai vu des signes encourageants mais je les espère", avance-t-il sans trop y croire avant d´expliquer les difficultés qu´il a rencontrées : "Il y a tout un tas de problèmes extra-sportifs et trop de choses greffées autour du terrain. Cette équipe a de la qualité mais s´est construit un contexte qui paraît très lourd". Il y a quelques semaines, il s´était montré plus clair encore, mettant en cause l´attitude de ses dirigeants. "Tout a été fait pour que, si ça se passe mal, l´entraîneur soit en première ligne, déclarait-il déjà après nul face à Troyes (1-1). Il faut plus de certitudes pour annoncer des ambitions. Ce qui se passe est en train de me donner raison. Aujourd´hui, qu´est-ce qu´on a comme éléments ? Un recrutement, mais surtout une équipe qui a perdu Landreau et Toulalan", regrettait-il. La procédure de divorce était déjà entamée...