Liverpool, un outsider ambitieux
Liverpool à 90 minutes, voire 120, d´une finale de Ligue des Champions, qui l´eût cru en début de saison ? Pas grand monde et pas même le capitaine des Reds, Steven Gerrard. «En début de compétition, nous n´étions que des outsiders et tout le monde s´attendait à nous voir éliminés dès le premier tour», reconnaît l´international anglais, buteur ce week-end face à Middlesbrough ( 1-1). Mais sans faire trop de bruit, en tout cas moins que son adversaire de ce mardi, le club de la Mersey a tracé sa route jusqu´au dernier carré, s´offrant au passage le luxe de sortir la Juventus Turin, co-leader du Calcio, en quarts de finale. Et pourtant malgré ce beau fait d´arme, avant le match aller à Stamford Bridge, les observateurs ne donnaient pas cher des chances de Liverpool de survivre au rouleau-compresseur Chelsea. Mais encore une fois, les hommes de Rafael Benitez, qui rappelons-le a remporté la Coupe de l´UEFA l´an dernier avec Valence, ont déjoué les pronostics et tenu en respect les hommes de Mourinho ( 0-0). «Un résultat fantastique, mais auquel les gens n´ont pas donné le crédit qu´il mérite en raison de la règle du but à l´extérieur», regrette Steven Gerrard.
Un résultat qui permet en tout cas aux Reds de rêver de décrocher une cinquième C1 ( après celles de 1977, 1978, 1981 et 1984), à condition de l´emporter mardi. Pour cela, Rafael Benitez, que Florent Sinama-Pongolle surnomme joliment «Tacticman», devra trouver le juste équilibre entre l´attaque et la défense afin de ne pas trop s´exposer aux contres londoniens. Un danger qu´a bien cerné le milieu de terrain John Arne Riise : «La tactique au match aller était de ne pas prendre de but. Nous avons bien conservé le ballon et avons concédé peu d´occasions. Mais Chelsea est fort en défense et ils peuvent nous faire ce que nous leur avons fait. Et s´ils marquent, la pression sera sur nous», explique l´ancien Monégasque. Privés de Xabi Alonso, averti à l´aller et suspendu ce mardi, les Reds pourront compter sur les retours de Traoré, Hyypia, Baros, Luis Garcia et Biscan, tous laissés au repos ce week-end. Portés par tout un peuple, les Reds ne marcheront pas seuls et croient en leur étoile. A l´image de l´Australien Harry Kewell, entré en fin de match la semaine dernière après quatre mois d´absence en raison d´une blessure, et qui a faim de ballons. «Nous sommes capables de battre n´importe quelle équipe au monde. Si vous ne pensez pas comme ça, quel est l´intérêt de jouer au football ? Il faut entrer sur le terrain pour gagner et se donner à 110%. Après, il arrive ce qu´il arrive», déclare l´ancien joueur de Leeds.
La confiance inébranlable de Chelsea
Mais en face, chez les Blues, la confiance ne manque pas non plus. Auréolé de son second titre de champion d´Angleterre décroché samedi à Bolton, Chelsea se déplace à Liverpool avec la ferme intention de décrocher son billet pour la finale d´Istanbul. «J´aime beaucoup ce genre de situations. Je pense qu´on peut marquer et gagner là-bas», déclarait sûr de lui, comme à son habitude, José Mourinho à l´issue du match aller. Galvanisé par la quête du titre, le fantasque manager portugais ne va sûrement pas changer de discours au moment de se rendre à Anfield. Ses hommes n´ont plus qu´une chose à penser : remporter la C1. Pierre angulaire du système Mourinho, Frank Lampard, double buteur à Bolton, partage la confiance ( l´arrogance ? ) de son coach. «Nous allons à Anfield en champions. Nous croyons en nous et nous savons que nous pouvons gagner là-bas», clame l´international anglais.
Même son de cloche du côté du capitaine des Blues, John Terry, récemment désigné joueur de l´année en Angleterre, qui veut effacer le souvenir de l´élimination par Monaco à ce stade des demi-finales la saison passée : «L´an dernier, nous avons été sortis à ce niveau de la compétition. C´était l´un des pires sentiments que j´ai éprouvé dans ma vie et je ne veux pas revivre ça. C´est pourquoi nous sommes déterminés à accéder à la finale.» Même l´incertitude planant sur la participation de Duff et Robben à cette demi-finale retour ne semble pas atténuer la confiance des Londoniens. Une confiance qui, il est vrai, se justifie si l´on se penche sur les statistiques des Blues cette année. Meilleure défense ( 13 buts) et deuxième meilleure attaque de Premier League ( 67 buts), Chelsea a marqué à chacun de ses déplacements sur la scène européenne cette saison. Mais la dernière équipe à avoir marqué à Anfield dans une demi-finale européenne est le FC Barcelone... il y a 30 ans. Après avoir décroché le deuxième titre de son histoire 50 ans après le premier, Chelsea peut-il à nouveau remonter le temps ?