THIERRY HENRY, quelle belle soirée pour les Bleus...
T.H. : Oui. Même si on a encore peu de compétition derrière nous, on a vu des joueurs qui montent en puissance. On n´était pas tous prêts il y a encore deux ou trois semaines. Mais, là, on a vu des joueurs qui avaient des jambes, qui couraient ensemble, qui se battaient. On a gagné ce match-là avec la manière, en marquant les buts quand il le fallait. On a un peu douté après leur but sur coup franc, mais on a très bien géré en seconde période.
Où s´est fait la différence ?
T.H. : Où ? Je ne sais pas. Sur l´envie. On joue en équipe, comme lors de la Coupe du monde d´ailleurs. On est entrés sur le terrain avec une grosse envie de remporter cette rencontre, avec ou sans la manière. Et il y a eu la manière, tant mieux. On encaisse encore un but sur coup de pied arrêté mais ça fait partie du jeu. Cela dit, on est rarement mis en difficulté. Et, offensivement, on a gêné Pirlo et Gattuso. Cassano était également aussi assez embêtant.
Deux mois après la finale du Mondial 2006 perdue contre ces mêmes Italiens, elle a quand même un goût spécial cette victoire, non ?
T.H. : Non ! Je l´ai dit avant, je le répète : je n´ai pas la Coupe du monde dans les mains, je n´ai pas de médaille d´or. Donc, la victoire n´a vraiment rien de spécial. Il fallait prendre les trois points. Ce n´est pas la première fois, pour ma part, que je bats l´Italie. Tout le monde s´est focalisé sur ce match car c´était un remake de la finale de la Coupe du monde mais il n´a pas de saveur particulière, si ce n´est de prendre les trois points contre les champions du monde.
Mettre l´Italie à cinq points, c´est donc votre principale satisfaction ?
T.H. : Après notre victoire en Géorgie (3-0) et le nul de l´Italie contre la Lituanie (1-1), on se disait que ce serait intéressant de mettre les Italiens à cinq points. On ne sait jamais ce qui se peut se passer. Il se peut que, nous aussi, on connaisse un petit moment de fatigue pendant ces qualifications. Donc c´est bien d´engranger les points le plus vite possible. Ensuite, il y a encore l´Ukraine et l´Ecosse à battre, et le match retour en Italie à bien négocier. Il y a encore une différence à faire.
Avec Malouda et Saha buteurs en Géorgie, Govou mercredi, le danger peut désormais venir de partout en équipe de France...
T.H. : Souvent, les gens se focalisent sur l´attaquant. Mais comme je le dis souvent: tout le monde doit marquer, tout le monde doit défendre. C´est notre force. C´est ce qu´on montre en ce moment. Et c´est comme ça qu´on peut aller loin dans les compétitions. De plus, on peut avoir des blessés lors des qualifications. Contre l´Italie, Sidney Govou a démontré qu´il a largement sa place dans le groupe. Mais, nous, on le sait.
Que vous inspire le doublé de Sidney Govou ?
T.H. : Il marqué deux buts, je suis vraiment content pour lui. D´autant que ça n´a pas été évident pour lui en début de saison, parce qu´il n´a pas encore joué si ce n´est en CFA et qu´il n´a pas connu un début de saison facile avec Lyon. Quand on a vu qu´il serait titulaire, ça nous a fait ni chaud ni froid. On l´a juste chambré en lui disant que son premier match de la saison serait un France-Italie au Stade de France. Mais ça prouve encore l´étendue du pouvoir du club lyonnais. Mais, pour lui, c´était aussi la meilleure façon de répondre.
A titre personnel, vous avez également ouvert votre compteur but...
T.H. : Oui mais ça c´est le cadet des mes soucis. C´est bien pour vous. Moi, ça n´est pas le genre de truc qui m´empêche de dormir. A Manchester City, j´aurais pu mettre quatre buts avec Arsenal mais je les ai vendangés. Face à l´Italie, j´ai beaucoup de réussite. On a vu que je devrais jouer perso de temps en temps mais j´ai aussi essayé de décaler les gars pour qu´ils aillent marquer. On me parle souvent du record de Platini mais ça n´est pas mon objectif. Mon objectif, c´est de qualifier la France pour l´Euro 2008.
Comment avez-vous trouvé l´accueil du Stade de France, qui a soutenu les Bleus mercredi alors que ce ne fut pas toujours le cas par le passé ?
T.H. : C´est vrai qu´à un moment donné il n´y avait pas forcément le jeu pour que le public s´emballe. Ça n´était pas toujours évident. On espère cette fois que le public a apprécié. Nous, en tout cas, on a apprécié la façon dont ils nous ont supportés. Tant mieux pour ce stade qui a parfois été un peu décrié.