Brillant en championnat, l'Inter Milan peine en Ligue des Champions. À Liverpool, c'est l'inverse. Ce sont les tendances fortes qu'avait confirmées le match aller à Anfield (2-0 pour les Reds). Le champion d'Italie retrouve le club de la Mersey ce mardi à San Siro (20h45) pour un huitième de finale retour qui l'oblige à contester la fatalité. Le club lombard est-il capable d'inverser la situation ? Capable, assurément. L'Inter possède une force de frappe impressionnante : Ibrahimovic, Crespo et Cruz - pour ne parler que de l'attaque - ont déjà tous marqué dans la compétition, sans oublier le super joker Hondurien David Suazo. Ne pas oublier non plus qu'à l'aller, l'Inter avait longtemps résisté en infériorité numérique (expulsion de Materazzi à la 30e minute) avant de céder en fin de match sur des buts de Kuyt et Gerrard (85e et 90e minutes), compromettant ainsi ses chances de qualification. Il n'en reste que 20%, selon les chiffres enregistrés depuis 1970.
Quarante-huit heures après avoir fêté son centenaire par une victoire poussive contre la Reggina (2-0), l'Inter rêve d'un exploit, mais la tâche s'annonce difficile. Les dernières prestations des hommes de Roberto Mancini ne sont pas rassurantes, et les nouvelles de sa défense le sont encore moins : Maxwell, Cordoba et Samuel sont blessés, et Materazzi suspendu. Touché à l'épaule, Chivu a réintégré le groupe, mais reste incertain. Le Roumain s'est déclaré «à disposition de l'équipe», mais s'il ne pouvait tenir sa place en charnière centrale au côté de Burdisso, Mancini n'aurait plus qu'une seule option : Nelson "Tyson" Rivas, un colombien au jeu aussi délicat que son surnom. Malgré tout, le technicien y croit. «Je suis optimiste, et de toute façon je ne crois pas qu'une saison se joue sur un seul match, a-t-il déclaré lundi matin au centre d'entraînement d'Appiano Gentile. Ça dépend de nous, et si le match se passe bien, notre public peut aussi être déterminant. Nous devrons réaliser le match parfait.»
La preuve par quatre ?
L'Inter n'a plus gagné la C1 depuis 1965. Cette année-là, le club nerazzuro avait croisé Liverpool et s'était incliné de deux buts en Angleterre (1-3) avant de l'emporter 3-0 au retour. Entre-temps, le club de la Mersey a soulevé cinq fois le trophée (1977, 1978, 1981, 1984, 2005). En Premier League en revanche, le dernier titre remonte à 1990. Et c'est bien ça le problème. Les actionnaires américains commencent à s'impatienter sur le plan domestique. L'enveloppe - ou plutôt le colis - de 100 millions d'euros accordée à Rafa Benitez lors du dernier mercato devait permettre à Liverpool de se mêler à la course au titre. Même pas. Le club n'a jamais pu suivre la cadence imposée par le duo Arsenal - Manchester United (10 points de retard sur les Gunners), voire Chelsea, et voilà les Reds en lutte pour la quatrième place avec... Everton, l'autre club de la ville.
La Ligue des champions est la vitrine des années Benitez, avec encore une finale la saison dernière. C'est aussi le ciment d'un groupe. Le sacre de 2005 avait incité l'emblématique Steven Gerrard à rester au club. Après lui, le déluge. Liverpool espère rejoindre les trois autres clubs anglais présents dans le Top 8 (Manchester United, Arsenal, Chelsea) et confirmer la mainmise du football de Sa Majesté sur la scène continentale. Un football qui l'an passé avait déjà placé trois clubs sur quatre en demi-finale. Un tir sacrement groupé, mais pas forcément gagnant : la coupe avait finalement rejoint la salle des trophées de San Siro. Mais malheureusement pour l'Inter, celle du Milan AC.