D´Alessandro, phénomène aux oubliettes
Par Mr Suaudeau, mr-suaudeau
le 10/02/2006
D´Alessandro, un beau gâchis! Quand on pense à l´Argentine du football, qu´est-ce qui nous vient à l´esprit? Diego Armando Maradonna, et par son biais, la grande tradition des meneurs de jeu, les numéros 10, les artistes du ballon. S´il ya bien un pays où le 4-4-2 classique n´est pas près de devenir un dogme, c´est bien au pays du tango, danse que sur les dix dernières années, nombre de talents ont fait pratiquer aux défenseurs adverses, contre leur gré.
Ces meneurs argentins
Liste non exhaustive de ces Argentins qui font ou ont fait plaisir à voir ces derniers temps: Marcello Gallardo, Juan Sebastian Veron, Ariel Ortega, Juan Roman Riquelme, Pablo Aimar, Leandro Romagnoli.Des joueurs vraiment exceptionnels, même s´ils n´ont pas tous eu un parcours à la hauteur de leur talent.Car de toute façon il est clair qu´aucun d´entre eux n´a fait oublier Maradonna, bien qu´ayant tous été intronisés comme son successeur.Cependant il n´est pas question de parler de désastre à propos de la carrière de ces "fils" du pibe de oro, chacun ayant connu une grande période ou étant encore au sommet (Veron, Riquelme, Aimar sont dans une situation personnelle excellente en club).
Un véritable gâchis
Pourtant, quelque part sur cette planète football, près de chez nous et en ce moment même, se produit un gâchis tellement énorme que je n´arrive même plus à me révolter. Car dans la série "les grands meneurs de jeu argentins", le dernier en date à s´être révélé au plus haut niveau s´appelle Andrès D´Alessandro. Né en 1981 à Buenos Aires, formé à River Plate, propulsé en équipe première grâce à une technique et une vision du jeu exceptionnelles, D´Alessandro a connu le parcours-type d´un n°10 argentin. Quiconque l´ a déjà vu jouer sera d´accord: c´est un joueur rare, comme on n´en fait plus, spectaculaire, aussi adroit du pied droit que du gauche, avec une agilité et une classe naturelle dans la conduite de balle. A River, il succède à Pablo Aimar en tant que cerveau de l´équipe, s´impose rapidement. D´alessandro est sélectionné en équipe nationale dans la foulée et de nombreux clubs européens ont déjà noté son nom sur leurs carnets.
Un été meutrier
Et là, été 2003, premier drame en forme de surprise. Notre ami Andrès est séduit par le projet de Wolfsbourg en championnat d´Allemagne. Le club sponsorisé par Wolkswagen et entraîné par Wolfgang Wolf (ça ne s´invente pas!) veut gravir les échelons en Bundesliga et s´en donne les moyens. D´Alessandro arrive donc de River Plate, bientôt suivi de Pablo Thiam du Bayern, Kevin Hofland du PSV, Francisco Quiroga (défenseur argentin habitué du Calcio), Diego Klimowicz (un très bon buteur...argentin), Sunday Oliseh, Patrick Weiser (bon c´est vrai c´est pas un grand joueur mais les supporters du Stade Rennais savent pourquoi je le mentionne), le Slovaque Miroslav Karhan aussi, et j´en oublie sûrement. Ce n´est pas non plus de l´ or en barre mais un recrutement qui annonce quand même quelques ambitions.
Un fiasco
La saison 2003-04 ne sera pourtant qu´une inexplicable sinusoïde, l´équipe alternant des séries de victoires et de défaites, ne réalisant son premier match nul qu´à la 21ème journée (si mes souvenirs sont bons) ! D´Alessandro a fait ce qu´il a pu. Si on met Zidane dans l´équipe d´Istres, je ne suis pas sûr qu´elle remonte en D1 quand même...
La saison suivante reproduira un schéma similaire, mais avec cette fois plus de matches nuls et surtout plus de défaites que de victoires, avec pourtant Eric Gerets aux commandes, celui qui a refait du PSV un grand club les saisons précédentes.Bref les dirigeants doivent bien l´admettre, c´est un échec.
Pour D´Alessandro, qui n´est pas devenu un tocard en deux saisons, l´oubli devient le danger principal sachant que les performances de Wolfsburg rejaillissent sur sa côte. Les grands clubs n´en font plus leur priorité. Seul Javier Irureta le coach de La Corogne à l´effectif en fin de cycle pense à lui en Août 2005. Mais le transfert n´aboutit pas pour des raisons que j´ignore toujours. Pendant ce temps à Wolfsburg, ayant convaincu D´Alessandro de rester, on n´abdique pas, on ne bouleverse pas l´effectif et on recrute de bons attaquants: Mike Hanke (jeune internationnal allemand barré à Shalke 04) et ...Steve Marlet. Malgré une telle ligne d´attaque les résultats ne suivent absolument pas cette saison. Au point que l´objectif est désormais le maintien.
Rebondir à Portsmouth?!?
Et on aboutit au second drame de la jeune carrière d´Andrès d´Alessandro. Lors du dernier mercato, il est prêté à Portsmouth, relégable en Premier League. Ce ne serait pas le désastre total si en plus ce club était géré n´importe comment par Milan Mandaric, qu´on connaît bien du côté de Nice. Pensez qu´il vient de s´attacher les services de Benjani(oui, l´Auxerrois!), Olisadebe(oui, le polonais-nigérian meilleur buteur des eliminatoires de la coupe du monde 2002!), Pamarot (oui l´ex-monsieur "plus grosses cuisses de la Ligue 1!") Pedro Mendes (oui, champion d´Europe avec Porto contre Monaco!) , Sean Davis (très bon milieu anglais). Tout ça rien que pour ce mercato. Sans compter que l´entraîneur était Alain Perrin jusqu´à il y a peu et que l´effectif comptait dans ses rangs Laurent Robert, parti à Benfica, Gregory Vignal, Azar Karadas, et quelques autres bons joueurs. Pour Andrès D´Alessandro, la notoriété et tout simplement le plaisir de jouer ne seront pas encore au rendez-vous avant quelques temps.
C´est pourquoi devant un tel gâchis, je lance un appel à l´Olympique de Marseille, le club de mon coeur: il faut sauver le soldat D´Alessandro!
En même temps si ça pouvait sauver le soldat OM d´une nouvelle saison moyenne, tout le monde serait gagnant, y compris les spectateurs de notre championnat.