Riquelme à point nommé
13/07/2007 - 15:00 Par Thomas PISSELET
De Sports.fr
Il est venu, il a vu, mais vaincra-t-il ? A 28 ans, Juan Roman Riquelme, qui a effectué son retour en sélection pour cette Copa America, a montré que le peuple argentin pouvait encore compter sur lui. Auteur de cinq buts en autant de matches depuis le début de la compétition, le meneur de jeu de l´Albiceleste est actuellement le deuxième meilleur buteur du tournoi. Il sera donc particulièrement surveillé par le dense milieu de terrain concocté par Dunga, le sélectionneur du Brésil, avant la finale de dimanche soir, remake de celle de 2004.
Riquelme espère ne pas revivre la même finale qu´en 2004.Riquelme espère ne pas revivre la même finale qu´en 2004.
Les stars du ballon rond sont souvent déroutantes, voire facétieuses. Lorsque Juan Roman Riquelme a annoncé sa décision de prendre sa retraite internationale, à l´issue du denier Mondial allemand, il n´a pas dérogé à la règle. Car à 28 ans, le meneur de jeu en avait encore sous la semelle. Trop tôt catalogué comme le successeur de Diego Armando Maradona, Riquelme a toujours évolué avec le poids du maître sur ses épaules. Une tare qui l´a empêché d´exploiter tout son potentiel sur les pelouses européennes. Mais sous les couleurs de l´Argentine, le stratège de Boca Juniors réalise actuellement de belles prouesses, dans cette Copa America. Il sera même l´atout numéro un de l´Albiceleste face au Brésil, pour la finale programmée dimanche soir.
Car même si la sélection dirigée par Alfio Basile dispose de perles rares, comme Lionel Messi, auteur d´un lob magistral contre le Mexique en demi-finale (3-0), Riquelme s´impose comme l´artificier en chef des Argentins. Avec cinq buts au compteur, dont une "Panenka", toujours face aux Aztèques, depuis le début de la compétition, le natif de San Fernando resplendit dans le jeu. Alfio Basile peut se réjouir de l´avoir convoqué dans son groupe de vingt-deux joueurs, à la fin du mois de juin. "Chaque fois que je voyais jouer la sélection, ça me donnait envie. Ça fait du bien de retrouver un groupe qui me manquait. Maintenant, je vais essayer de profiter au maximum", témoignait alors le joueur sur le site de la FIFA.
"On a l´équipe pour aller au bout"
Sa cure de jouvence semble plutôt réussie puisque l´Argentine disputera la finale, comme en 2004, face à l´ennemi intime brésilien. "On a l´équipe pour aller au bout. Après, on verra bien...", poursuit-il. Si l´idole de la Bombonera, le stade mythique de Boca Juniors, affiche de nouveau des ambitions élevées pour son pays, comme pour sa propre carrière, c´est qu´il a retrouvé le plaisir de jouer, après une saison décevante à Villarreal, ponctuée par des problèmes familiaux qui impliquaient sa mère. Du coup, en janvier dernier, et ce malgré la réticence des aficionados argentins, Riquelme était prêté par les Espagnols à Boca. De quoi lui redonner le sourire. "Ici, je joue plus vite. En Europe, je me suis habitué à moins tripoter le ballon et à attendre le bon moment pour frapper. Là-bas, tu fais ton contrôle et tu donnes, tu dribbles rarement car tu as tout de suite un gars sur toi."
Dimanche soir, il lui faudra donc appliquer ces fondamentaux à la lettre car les trois milieux de terrain alignés par Dunga, le sélectionneur de la Seleçao, lui réserveront un accueil intimiste. Décriée en début de tournoi, cette formule défensive, inhabituelle pour les amoureux du "futebol", constitue depuis la force du Brésil nouveau. "Le point fort du système défensif brésilien, c´est le milieu de terrain. Il occupe très bien l´espace, surtout dans l´axe, et il sait comment opérer en attaque. Devant, Robinho met sa puissance à profit pour exploiter les espaces créés par Vagner Love", analysait Oscar Tabarez, battu à la tête de l´Uruguay aux tirs au but, en demi-finales (2-2, 5 t.a.b. 4).
Mais au-delà du pur aspect tactique, cette finale sera surtout l´occasion pour Riquelme, comme pour le reste de sa troupe, de prendre une revanche. Car en 2004, lors de la dernière édition de la Copa America, les Auriverde acaient dominé l´Albiceleste aux tirs au but, avant de remettre ça un an plus tard en finale de la Coupe des Confédérations, cette fois sur le score sans appel de 4-1. Seulement, lors de ce dernier match en Allemagne, le Brésil pouvait compter sur un quatuor en pleine harmonie - Ronaldinho, Ronaldo, Adriano et Kaka. Au stade Pachenco Romero de Maracaibo, au Venezuela, la donne sera différente car seul Robinho, meilleur réalisateur du tournoi avec six buts, brille à la pointe de l´attaque brésilienne. Et les Argentins, eux, auront à coeur de remporter un trophée qui leur échappe depuis 1993, particulièrement la "vieille" génération - Ayala, Veron, Zanetti - dont Riquelme ne fait, au bout du compte, pas encore partie.