Dans le vif du sujet
07/07/2007 - 12:35
De Sports.fr
C´est la dernière ligne droite. La Copa America est entrée depuis vendredi dans sa phase finale et l´écrémage des poules a sorti huit candidats à la victoire. L´Argentine, invaincue dans le groupe C, a impressionné par son réalisme et le mélange entre vieille et nouvelle générations semble avoir pris. De son côté, le Brésil est apparu indigeste dans le jeu et s´en est sorti en grande partie grâce à Robinho. Mais dans l´ombre de ces deux favoris, les quarts de finale pourraient augurer de belles surprises, comme celle venant du Mexique.
Robinho a parfaitement joué les solistes jusqu´à présent.Chili - Brésil: Enrayer la "Robinho-dépendance"
Au Brésil, la culture du jeu est entrée dans le patrimoine national. Chaque sélection se doit donc de véhiculer la meilleure image possible du "futebol". Seulement, pour cette 42e édition de la Copa America, le sélectionneur auriverde, Dunga, n´a pas forcément privilégié cet aspect de la question. A tel point que tout un peuple se déchaîne. La presse brésilienne a fustigé la dernière performance de le Seleçao et de ses trois milieux défensifs, une modeste victoire contre le Venezuela (1-0), grâce à Robinho sur penalty. Le génial attaquant du Real Madrid est d´ailleurs l´auteur des quatre réalisations du Brésil dans la compétition. De là à évoquer une "Robinho dépendance", il n´y a qu´un pas que Dunga refuse de franchir: "Robinho n´a pas été le seul joueur du Brésil jusqu´à présent. Ceux qui ont vu le match (contre le Venezuela) ont dû voir que le penalty de Robinho avait été provoqué par Vagner Love..."
Vaincus d´entrée par le Mexique (0-2), les Auriverde pensaient s´être repris en dominant le Chili (3-0), déjà. Mais cela n´enlevait pas les doutes qui planent autour des chances brésiliennes. Les Chiliens tenteront donc de se rattraper de leur déconvenue subie dans le groupe B, eux qui ont par ailleurs battu l´Equateur (3-2) et accroché le nul face au Mexique (0-0). Le Brésil, lui, en terminant deuxième de sa poule, évite de tomber sur l´Argentine en cas de qualification pour les demi-finales. Mais Dunga prévient, sur le site officiel de la compétition: "Ce n´est pas un soulagement de ne pas jouer l´Argentine, car pour gagner la Copa, nous devrons l´emporter contre toutes les équipes."
Argentine - Pérou: La dernière chance des anciens
L´Argentine attend le titre depuis 1993. Roberto Ayala, Javier Zanetti ou encore Juan Sebastian Veron, tous arrivés en sélection après le dernier sacre continental de l´Albiceleste, décroché en Equateur, n´ont pas encore connu les joies d´une victoire en Copa America. Dimanche soir, contre le Pérou, il ne faudra donc surtout pas usurper ses chances. Car cette année, les Argentins semblent les mieux armés pour remporter le trophée. Invaincus en phase de poules, les hommes d´Alfio Basile ont d´abord cartonné les Etats-Unis (4-1), avant d´étriller la Colombie (4-2) et de prendre le dessus sur le Paraguay (1-0).
Mais face aux Colombiens, l´Argentine a perdu un atout de poids en attaque en la personne de Hernan Crespo, victime d´une lésion musculaire en inscrivant un penalty ! Une aubaine pour les Péruviens, auteurs de quatre points en poules avec notamment une victoire face à l´Uruguay (3-0), et qui pourront compter sur leur trio offensif composé du feu-follet Farfan et des deux finisseurs Pizzaro et Guerrero. Surtout que l´axe défensif de l´Albiceleste n´a pas montré toutes les garanties de sureté lors des trois premiers matches du tournoi. Mais cela n´inquiète pas Basile, qui affirmait avant la compétition: "Nous gagnerons la Copa America si Dieu le veut... Et s´il ne le veut pas, nous lui rappellerons que nous sommes la meilleure équipe."
Nery Castillo est ambitieux avant d´aborder les quarts de finale.Mexique - Paraguay: La surprise se fait attendre
A chaque compétition internationale, le Mexique est annoncé comme l´une des surprises potentielles. Mais les Aztèques peinent souvent à confirmer les attentes placées en eux. Elégants balle au pied, les hommes de Hugo Sanchez sont cette fois sortis en tête du groupe B, une longueur devant le Brésil, qu´ils ont battu (2-0) lors du premier match. En attaque, les Mexicains ont réussi quelques coups d´éclats notamment par Nery Castillo, toujours face aux Brésiliens, mais ils ont également montré leurs limites contre le Chili (0-0). Un résultat nul à relativiser puisqu´ils étaient déjà qualifiés.
Toutefois, l´attaquant de l´Olympiakos se veut optimiste: "Je me suis mis dans la tête que nous n´étions plus qu´à trois matches de lever la Copa, et je veux que cela se passe comme ainsi. Si nous n´allions pas en finale, je serais tout simplement très déçu." En quart de finale, "El Tri" ne devra toutefois par sous-estimer la rugueuse équipe du Paraguay. Fidèle à ses valeurs, la sélection paraguayenne n´a pas fait de détails face à la Colombie (5-0), pour son premier match dans le tournoi. Puis, contre les Etats-Unis, les hommes de Gerardo Martino avaient fait le nécessaire (3-1), avant de tenir la dragée haute aux Argentins, pour une courte défaite sur un but de Javier Mascherano (0-1). Ce duel entre le Mexique et le Paraguay sera donc, à coup sur, le plus disputé du plateau des quarts de finale.
Venezuela - Uruguay: Le peuple regarde
Ils ne seront pas vingt-deux, samedi soir, sur la pelouse de San Cristobal, mais tout un peuple à tenter de poursuivre l´aventure du Venezuela, qui accueille pour la première fois de son histoire la Copa America. Sortis en tête du groupe A, le moins relevé de la compétition, avec cinq points, la Vinotinto a d´abord connu une entrée poussive avec un nul décevant face à la faible équipe de la Bolivie (2-2). Puis le sursaut entrevu contre le Pérou (2-0) a donné des ailes et des idées au pays organisateur. Seulement, le dernier match du groupe, un remake avant l´heure de ce quart de finale, n´a pas réellement confirmé cette bonne impression (0-0).
A tel point que sur le papier, ce sont les Uruguayens qui partent avec une longueur d´avance sur leurs hôtes. "L´heure de vérité est venue, c´est l´heure du défi, une finale qu´il nous faudra gagner", a déclaré Oscar Washington Tabarez, le directeur technique de la Céleste. Ce à quoi a répondu Ricardo David Páez, milieu d´expérience du Venezuela: "Les phases de poules sont terminées, ce n´est pas la même équipe que l´Uruguay va affronter. Cette fois, nous allons venir avec toute l´équipe." Mais l´Uruguay aussi. Devant, le réveil de Diego Forlan se fait cruellement attendre et des joueurs de sa trempe sont généralement présents lors des grands rendez-vous. De même, l´entre-jeu uruguayen est, comme à l´accoutumée, particulièrement dense et accrocheur. Si bien que le sort de cette confrontation pourrait être sans surprise, en faveur des visiteurs.