Foot - ARG - Week-end de superclásico
«J´irai au superclásico, même avec une perfusion au bras et ce jusqu´à perdre ma dernière goutte de sang.» Jeudi, Diego Maradona ne savait pas encore qu´il rechuterait et qu´il devrait suivre l´événement sportif de l´année en Argentine depuis sa chambre d´hôpital. Dimanche, c´est jour de Boca Juniors-River Plate au pays où la passion du ballon rond se vit toujours dans l´extrême. Les bosteros (bouseux) de Boca reçoivent dans leur antre de la Bombonera des millonarios (millionaires) en plein doute pour l´un «des dix événements sportifs à ne pas manquer dans une vie», dixit le quotidien anglais The Guardian.
Passarella : «On se prépare à une véritable bataille»
Comme d´habitude, une grande hystérie entoure ce choc entre les deux mastodontes du football latino-américain. Si le peuple boquense se ronge d´inquiétude pour la santé de son idole Diego Maradona, les hinchas (supporters) de River Plate mettent une pression énorme sur Daniel Passarella pour qu´il rappelle Ariel Ortega. Ce dernier, l´un des dinosaures adorés du club, se bat en effet depuis plusieurs mois avec son goût exagéré pour l´alcool. Les médias font monter la sauce, tels les quotidiens nationaux qui font leur Une depuis lundi sur ce qui est devenu une véritable entreprise commerciale. D´ailleurs, pour la première fois de l´histoire d´un superclásico, et pour éviter les émeutes, les dirigeants de Boca Juniors ont décidé de ne pas mettre à la vente libre les 35 000 places de la Bombonera. Toutes ont été réservées pour les socios (abonnés). Et les 2500 tickets qui vont de droit aux sympatisants de River Plate ont été vendu par téléphone en à peine une demi-heure.
Dimanche, le match opposera deux équipes aux trajectoires différentes. Lors de la dernière journée, Boca Juniors a rejoint San Lorenzo tout en haut du classement du championnat de clôture argentin. Son jeu, qui dépend beaucoup de la vitesse de Palacio et des coups de pâtes de Riquelme, se met petit à petit en place et la machine à victoires s´est remise en route. En face, les mines sont moins rejouies car River Plate est en pleine perte de vitesse, tant en championnat (le club n´a plus gagné depuis 3 journées) qu´en Copa Libertadores (éliminé face au modeste Caracas FC). Sérieusement pris en gripe par les supporters, Daniel Passarella se voulait pourtant serein à quelques heures du coup d´envoi : «tout est possible dans un match comme celui-là. On se prépare à une véritable bataille. Ce match peut nous relancer dans la course au titre. Le meilleur est à venir.» Son équipe devra particulièrement se méfier d´un Román Riquelme qui a hâte de regoûter à l´ambiance d´un superclásico cinq ans après avoir joué son dernier : «c´est un match unique au monde. Sur le vieux continent, je n´ai pas vu un seul derby qui draînait autant de passion. Dimanche, la pelouse va vibrer, le pays va s´arrêter de respirer pendant 90 minutes. Je suis impatient d´y être.» Alexandre JUILLARD, à Buenos Aires
Dimanche, 16h10 (21h10, H.F.), Stade de la Bombonera (Buenos Aires)
Arbitre : S.Pezzotta (ARG)
Boca Juniors : Caranta- Ibarra (cap), Diaz, Morel, C.Rodriguez- Ledesma ,Benega, Cardozo- Riquelme- Palacio-Palermo Entraîneur : M.Russo
River Plate : Carrizo- Ferrari, Nasuti, Tuzzio, Dominguez- A.Fernandez, Ponzio, Ahumada, Belluschi (cap)- Rosales, Ruben Entraîneur : D.Passarella