L´Academia retrouve sa star
Retour au bercail. L´Argentin Claudio Lopez tout sourire lors de sa présentation au Racing Club de Avallaneda. L´attaquant disputera ses dernières années sous le maillot de son club formateur.
(FIFA.com) 26 janv. 2007
Le phénomène n´est pas nouveau. Source intarissable de joueurs de foot, l´Amérique du Sud a toujours exporté ses talents. Pourtant, en Argentine, cette tendance est aujourd´hui moins marquée, grâce notamment au retour de plusieurs vedettes qui ont fait le bonheur de la sélection albiceleste cette dernière décennie.
A l´intersaison 2006, ce sont d´abord Cristian González et Juan Sebastián Verón qui ont repoussé plusieurs alléchantes propositions européennes pour retrouver leurs premières amours : Rosario Central pour le premier, Estudiantes de La Plata pour le second. L´ancien Mancunien n´a pas eu à le regretter puisqu´il vient de remporter le Tournoi d´Ouverture avec son nouveau club, au mois de décembre. Aujourd´hui, c´est Claudio López qui a effectué la même démarche. Ignorant des contrats plus juteux, il est revenu au Racing Club après avoir bourlingué pendant onze ans.
A 32 ans, el Piojo (le pou) se montre très clair quant aux raisons de son retour aux sources : "Je ne reviens pas pour l´argent, mais pour la gloire. C´est une affaire de sentiments et une façon de dire merci. Je veux rendre au Racing tout ce qu´il m´a offert : la possibilité de jouer en première division, de me montrer et de vivre l´aventure européenne".
Sur le Vieux Continent, cet ailier gauche a brillé sous les couleurs du Valence CF et de la Lazio de Rome, ce qui lui a valu de nombreuses convocations dans les sélections dirigées par Daniel Alberto Passarella et Marcelo Bielsa. Aujourd´hui, après avoir évolué chez les Mexicains d´América, il relève un nouveau défi : conduire la populaire Academia à son deuxième titre national en 41 ans.
Une mobylette
Depuis l´époque de ses parties endiablées avec ses copains d´école à Río Tercero, sa ville natale, López a toujours impressionné par sa grande vitesse. Pourtant, sa carrière en club a longtemps été barrée par son petit gabarit. Il est ainsi passé sans succès par le Deportivo Independiente et le Deportivo Huracán, deux clubs de Río Tercero, et même par la réserve d´Estudiantes de La Plata, avant d´être accueilli par l´une des cinq grosses écuries de l´élite argentine : le Racing Club de Avellaneda.
Fils unique, López a fait ses débuts avec l´Academia le 20 juillet 1992 face au Deportivo Español. C´est alors qu´il a commencé à séduire des supporters racinguistas peu gâtés à l´époque. Pendant quatre saisons, il a régalé les hinchas de ses courses supersoniques et de ses centres millimétrés. Malgré quelques péchés à la finition, ses qualités lui ont valu une convocation de Daniel Alberto Passarella chez les U-23 vainqueurs du Tournoi préolympique de Mar del Plata puis médaillés d´argent aux JO d´Atlanta de 1996. Aux côtés des Matías Almeyda, Ariel Ortega et autres Hernán Crespo, il va commencer à goûter aux joies de la reconnaissance.
"Certains s´opposaient à moi, m´insultaient, surtout les supporters des autres équipes. Mais grâce à la confiance que m´a accordée Daniel et au gros travail de cette équipe, j´ai commencé à être un peu plus reconnu", se souvient-il. En multipliant les buts importants et en accomplissant des progrès fulgurants, López a finalement été l´objet d´un transfert mirobolant au Valence CF, en Espagne. Plus tard, son passage à la Lazio de Rome s´avèrera encore plus onéreux.
Sa vitesse et son sang-froid dans les derniers mètres, une qualité acquise avec l´expérience, lui ont permis d´occuper une place de choix dans ces deux grands clubs. Après quoi, il a tenté une brève expérience au Mexique, chez les Aguilas. Sa famille et la naissance de son fils Joaquín (2 ans à peine) l´ont finalement rapproché de son pays… et du Racing, bien entendu.
"J´espère connaître un retour comme celui de Seba (Verón). Ça serait génial", lance-t-il en faisant référence au titre décroché par son grand ami sous les ordres d´un autre ancien camarade de sélection, Diego Pablo Simeone. "J´ai gardé beaucoup de bons amis de cette époque. Certains sont revenus au pays. Ça a bien entendu pesé dans ma décision de revenir."
De nouveau en sélection ?
L´équipe nationale d´Argentine est désormais conduite par Alfio Basile, qui a émis le souhait de travailler avec un groupe comportant des joueurs évoluant dans le championnat national. Sans surprise, les regards se sont vite tournés vers el Piojo. L´intéressé serait-il attiré par une nouvelle expérience avec une sélection qu´il a fréquentée pendant six ans ?
"Je ne pourrai jamais dire non à la sélection, mais il faut être réaliste et comprendre que la priorité va aujourd´hui à d´autres joueurs que moi. Bien sûr, si je reçois une convocation, que ce soit pour un match amical ou pour un entraînement, je l´accueillerai avec le sourire. J´ai vécu plein de belles choses en sélection, j´y ai aussi connu des moments douloureux", confie-t-il. Rappelons au passage que l´ancien Laziale a inscrit le but de la dernière victoire argentine au Maracana et celui de la qualification albiceleste pour la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, face au Chili.
Avant la désillusion d´une compétition asiatique quittée dès le premier tour, López avait participé à la phase finale de France 1998. Il y avait marqué le seul but des hommes de Passarella lors du quart de finale perdu face aux Pays-Bas.
"Je répète que je serais toujours séduit par une proposition venant de la sélection. Et puis c´est vrai que j´adore Basile en tant qu´entraîneur. Mais aujourd´hui, je suis à 100 % concentré sur le Racing. Je veux donner du bonheur aux supporters et gagner tous les titres possibles. En fait, tout titre que je pourrai gagner sous ce maillot viendra combler ce qui manque à ma carrière." Dans quelques jours, López pourra commencer sa quête puisque sera donné le coup d´envoi du Tournoi de Clôture. Les supporters de l´Academia et les autres Argentins habitués à voir partir leurs perles dès le plus jeune âge n´en louperont pas une miette.
On pourrai vraiment rappeler Claudio en Sélection? Je pense que c´est plutot utopique mais rever n´a jamais fait de mal !! !!! 