Russo : "je ne pensais pas être si vite entraineur de Boca"
L´ex entraineur de Vélez est passé en un temps record de spectateur neutre de la finale de mercredi à entraineur du club défait. Il remercie Coco Basile pour les compliments et pense déjà à la Libertadores. Il partage aujourd´hui ses impressions avec le quotidien sportif Olé.
— Bien dormi ?
— Oui j´ai pu dormir, un peu seulement mais bien.
— Et l´anxiété ?
— J´ai essayé de faire les mêmes choses que d´ habitude. C´était super le repas avec les techniciens, qui a été émouvant pour Coco. Ensuite j´ai félicité El Cholo (Simeone) pour le titre. J´aime bien ces réunions parce qu´il n´y en n´a pas souvent, on voit les gens des provinces de l´intérieur, en plus j´étais content que Basile soit là, c´est une référence pour les entraineurs.
— Tu as reçu beaucoup de félicitations ?
— La réunion ce n´était pas pour ça. J´ai rencontré des gens que j´aime bien, ensuite nous sommes allés au café Paris oú des amis ont pris une guitare pour me chanter quelques chansons.
— Ça t´a ému ?
— Oui parce qu´ils le pensent vraiment. Ensuite il y avait des gens de Boca. Ils m´ont posé une question sur ce à quoi j´aspirais. J´ai répondu : "continuer à être comme je suis malgré tout ce que représente Boca".
— Coco disait que Boca te change
— Oui c´est sûr. Beaucoup de choses vont changer, mais il y en a qu´il faut garder. Ici à Rosario j´ai plein d´amis qui mourraient d´envie de me poser des questions mais qui ne l´ont pas fait car c´est l´anniversaire de mon fils.
— Tu as parlé avec Basile ?
—Non, on s´est salué à l´entrée, en sortant de l´ascenceur, et le gars de Olé a fait une photo. Coco a rigolé et m´a dit que je m´habituerai à ce genre de choses. Mais il ne m´a pas donné de conseils car je n´ai pas parlé avec lui depuis longtemps.
— Il a été élogieux envers toi.
— Je l´en remercie, comme je remercie Carlos Bilardo qui m´a appelé de Miami. Il paraissait être fier pour moi.
— Tu ressembles à Coco ?
— Je ne veux pas me comparer à lui. Coco c´est Coco et je le respecte. C´est comme Bilardo.
— Qu´est-ce que tu leur empruntes ?
— De Coco sa facilité à résoudre les problèmes vite et bien. Et de Bilardo... beaucoup. Hier lorsqu´il me parlait cela me rappelait mes 17 ans à Estudiantes.
— Tu as senti du soutien pour venir à Boca sans passé au club ?
— Je ne dirais pas du soutien. Mais quand on prend ce genre de décision on est sûr de ce qu´on veut. Je dois m´habituer rapidement à Boca, avec tout ce que signifie Boca.
— Tu prends un risque ?
— On court tous des risques dans la profession.
— Mais ça ne te plait pas ?
— Si, mais je ne veux pas que Boca me bouffe, sinon tu meurs d´anxiété. Hier on m´a dit que j´avais beaucoup répété le mot "calme". J´en ai besoin, comme de me réunir avec les joueurs avant de parler. Sans les joueurs tu n´es rien. Cela doit être une communion.
— Est-ce important pour un entraineur de s´identifier au club qu´il entraine ?
— Je suis venu à Central et j´ai pris la température du club. Pareil à Vélez. C´est important de connaitre la place des autres, quand je dois prendre des décisions.
— On peut passer de champion à poule mouillée, conne disent les dernières affiches contre Boca ?
— Il faut avoir la volonté de se relever rapidement.
— Tu crois que la qualité des joueurs ça peut aider ?
— Bien sûr, c´est Boca...
— A Boca tu dois plus être un meneur ?
— Il faut avoir tout sous la main. L´entraineur est un compromis.
— Tu as deux défis importants : le championnat et la Libertadores.
— Je ne sais pas si c´est un défi, mais le mot me plait. Il y a d´abord la nécessité de remlir les objectifs. C´est plus important. La Copa c´est le plus important d´Amérique du Sud.
— Plusieurs fois tu as été près de la gagner...
— Ça va venir un jour.
— En 2007 ?
— Ce semestre j´espère.
— La Copa ça t´a appris quoi ?
— Réduire la marge d´erreur c´est la clé. Une erreur t´élimine. Il faut être très pointilleux.
— Tu as dit que la Copa se gagne au mental, au coeur et au corps. Pareil pour Boca ?
— Déjà je dois faire corps avec mes joueurs.
— Boca et Estudiantes c´est la même légende ?
— Boca a sa propre légende, une riche légende. Estudiantes a la sienne propre, avec ses succès.
— Quel est ton schéma préféré ?
— Allez voir les archives, vous me connaissez. D´abord, les joueurs. Je m´adapterai au schéma que préfèrent les joueurs. Mais c´est mal d´apprendre par les journaux comment veut jouer votre nouvel entraineur
— Le Russo entraineur est meilleur que le Russo joueur ?
— J´en profite plus., même si à 20 ans j´étais aussi heureux de jouer. Mais je ne souffre pas d´être entraineur. Le jour oú ça arrive, j´abandonne.
— Que signifie Boca maintenant ?
— Je grandis et j´espère continuer. C´est une étape avec des bases solides et un bon endroit pour continuer à grandir.
— Ensuite. La sélection ?
— Laisse la à Coco. Il y est bien.
— Tu es allé à Estudiantes-Boca, et maintenant ... entraineur !
— Ça faisait longtemps que je n´avais pas été au stade voir une finale. Des amis m´y ont emmené. A la fin du match j´ai pensé qu´il pouvait se passer quelque chose, sans en être sûr. Tout a été très vite, mais je ne pensais pas qu´aujourd´hui je serais entraineur de Boca.