ILS EN ONT UNE PEUR BLEUE
Après deux échecs face à la Nouvelle-Zélande, l´équipe de France voudra surtout éviter de conclure sa Tournée automnale par une troisième défaite cet après-midi (15h00) contre l´Argentine au Stade de France. Les Pumas sont la véritable bête noire des Bleus depuis 2002. Les hommes de Bernard Laporte sont bien sous pression à moins de dix mois de la Coupe du monde en France.
Ces Pumas ont les crocs
Et si cette Tournée virait à l´aigre. Mis en pièces il y a quinze jours à Lyon par les All Blacks (3-47) puis à nouveau battu samedi dernier par ces mêmes Néo-Zélandais (11-23) au Stade de France, le XV du Coq termine cet après-midi contre l´Argentine (15h00, de nouveau à Saint-Denis) sa tournée d´Automne par un match qu´il redoute peut-être encore plus que ceux contre la meilleure équipe du monde. A neuf mois et demi du premier coup de sifflet du Mondial en France dans l´enceinte dyonisienne, c´est une exacte répétition générale du match inaugural que se voient offrir les deux équipes. Avec pour les Français, un début de trouille... bleue. Car, si les deux revers face aux Blacks ne constituent pas en soi une catastrophe, un troisième échec en deux semaines ferait tout de même tâche à si peu de temps de l´échéance planétaire. D´autant que les récents antécédents des Bleus face aux Ciel et Blanc rajoutent une bonne dose de crainte. Les quatre derniers rendez-vous se sont soldés par un échec. En 2002, à Buenos Aires (27-28), en 2003 deux fois en une semaine encore dans le stade de Velez-Sarsfield (6-10 et 32-33), puis enfin en 2004 à Marseille (14-24). Au vu des derniers événements, les raisons de casser cette série ne se bousculent pas. Les Pumas ont humilié l´Angleterre dans son antre de Twickenham (25-18) il y a quinze jours puis ont dans la foulée battu l´Italie, qui n´est plus le faire-valoir des années 90. Désormais sixième au classement mondial, l´Argentine est probablement le plus gros outsider en vue de la Coupe du monde. Seul bémol, l´ambiance conflictuelle régnant depuis plusieurs mois entre les joueurs et leurs dirigeants.
La France veut éviter ce genre de passe de trois
Les hommes de Marcelo Loffreda connaissent presque par coeur nos petits Français. Nombre d´entre eux évoluent dans le Top 14, à Clermont, Paris, Toulouse ou Montpellier, comme Juan Hernandez, Agustin Pichot, Federico Todeschini, Mario Ledesma ou Ignacio Corleto. Pour contrer sa bête noire, Bernard Laporte n´a pourtant pas bouleversé son équipe. Satisfait du regain d´enthousiasme affiché à l´occasion du second match contre les Blacks, l´entraîneur français a seulement remplacé pour le coup d´envoi Aurélien Rougerie et Jean-Baptiste Elissalde par Christophe Dominici et Dimitri Yachvili, respectivement à l´aile gauche et au poste de demi de mêlée. Le sélectionneur n´en est pas moins, pour la première fois depuis longtemps, sous pression. Conforté par le président de la FFR, Bernard Lapasset, Laporte a cette semaine refusé d´envisager sa démission au lendemain d´une éventuelle défaite ce samedi.
Ce sera en tout cas le dernier match du XV tricolore cette année, avant une dernière ligne droite menant directement au Mondial qui débutera par Italie-France en février 2007. Douze mois bleus avec un bilan jusqu´ici parfaitement honorable (victoire dans le Tournoi 2006, succès en Afrique du Sud et contre l´Australie), même en tenant compte des pluies noires néo-zélandaises. Mais qui pourrait un tant soit peu s´assombrir en cas de malheur tout à l´heure.