Dure matinée pour les amateurs de football. Sur décision du ministre de la sécurité le match Racing-Boca n´a pas eu lieu.
10:05, le soleil brûle le ciment du CIlindro d´Avallaneda, qui est plus désert que jamais. Le clásico entre Racing et Boca, prévu pour 11:00 a été reporté et les voisins sont loins de se lamenter de la décision du ministre de ne pas désigner déffectifs policiers pour ce match.
Esther a 55 ans, vit à une rue du stade, et en profite pour se promener avec son petit-fils Santiago, 4 ans. "C´est parfait. Il faut en finir avec la violence, on ne peut pas toujours protéger les délinquants" dit-elle. Ajoutant que "les jours de match je ne peux pas me promener avec lui. Quand il y a un match je reste à la maison car c´est dangereux".
La chaleur se sent et Arturo se réfugie à l´ombre du stade Presidente Perón. Il sourit, et après avoir précisé qu´il s´est installé dans le quartier il y a "plus de 60 ans", déclare à propos du match : "c´est mieux de ne pas l´avoir joué. Je suis fan d´Independiente mais tout d´abord d´Avellaneda. Ici lorsqu´il y a un match tout change. Regarde comme c´est calme maintenant".
Tous ne sont cependant pas d´accord avec Esther et Arturo. La décision du juge et du ministre a pris de court Angel, un Chilien de passage en Argentine et qui voulait en profiter pour aller au match. Il a acheté une place en tribune d´honneur et est venu à Avallaneda au cas oú le match se joue ou pour se faire rembourser. "Au Chili ça ne se passe pas ainsi. Même si l´autre jour un joueur de Gimnasia a été agressé (NDR : lors du match de Copa Sudamericana Colo Colo-Gimnasia LP un joueur argentin a reçu une pierre sur la tête et le match a été arrêté) les barras sont plus contrôlées. Le problème dans mon pays ce sont les horaires des matches".
Un autre qui n´est pas d´accord c´est José, un Italien qui a laissé son Bari natal il y a plus de 30 ans pour venir tenter sa chance en Argentine. Il regrette les boissons qu´il ne vendra pas aujourd´hui : "quand il y a un match, et plus encore un jour de chaleur comme ce dimanche beaucoup de gens viennent acheter. Aujourd´hui je n´ouvre pas car il n´y a personne".
Pour Emilio, le vendeur de journaux d´en face, la mesure est plutôt une bonne chose. "Pour moi c´est mieux, car mes clients sont les voisins et lorsqu´il y a un match ils ne sortent pas. Si le match avait eu lieu je n´aurais même pas vendu la moitié de mon tas. En plus, j´avais décidé de partir à 10:30 pour voir le match à la télé"
Alors que l´AFA n´a toujours pas décidé d´une nouvelle date pour le match, tous sont d´accord sur une chose : que le match ait lieu un dimanche pour ne pas le rater. Un souhait qui malheureusement risque d´être dur à exhaucer, tous les dimanches étant pris jusqu´à la fin du championnat.