Argentine : du sang, de la sueur et des leçons
25 juin 2006
par FIFAworldcup.com
La victoire laborieuse de l´Argentine sur le Mexique représente bien plus qu´une simple qualification pour les Sud-américains. En effet, si les Albicelestes ont quelque peu perdu de leur superbe, ils ont par ailleurs affiché davantage de caractère, de personnalité et de confiance. FIFAworldcup.com a analysé les éléments qui font de l´équipe de José Pekerman un adversaire de poids pour l´Allemagne de Jürgen Klinsmann.
La réactivité
Avant le match contre le Mexique, les Argentins n´avaient pas encore été menés au score (buts marqués rapidement contre la Côte d´Ivoire et la Serbie et Monténégro, match nul et vierge contre les Pays-Bas). Comment allaient-ils réagir face à cette situation ? La réponse au but de Rafael Márquez ne s´est pas fait attendre : sans se démobiliser, les hommes de Pekerman ont égalisé quatre minutes plus tard, sur un autre coup de pied arrêté.
"Le Mexique nous a compliqué la tâche dès le début, mais nous a aussi aidés à revenir rapidement au score. Ça nous a rassurés et nous avons pu jouer plus tranquillement en attendant le but de Maxi", expliquait Hernán Crespo, principal protagoniste de l´action du but argentin. Un sentiment partagé par beaucoup : si le Mexique a préservé le score en première mi-temps, le scénario aurait pu être tout autre...
En alignant pléthore de milieux offensifs, Ricardo La Volpe avait décidé d´innover. L´Argentine a été débordée dans ce secteur, ce qui lui a coûté la maîtrise du ballon en première mi-temps. Mais une fois de plus, la fierté et l´amour-propre de ses milieux de terrain, l´infatigable Javier Mascherano en tête, a rééquilibré les débats en seconde période. Un signe particulièrement encourageant à quelques jours du choc de Berlin face à l´équipe hôte.
Les individualités
L´effectif argentin regorge de joueurs mondialement respectés pour leur talent : Juan Román Riquelme, Hernán Crespo, Javier Saviola... Pourtant, face au Mexique, les moins connus ont montré qu´ils étaient tout aussi précieux : Roberto Abbondanzieri est, après tout, le gardien de Boca Juniors ; Roberto Ayala constitue la pièce maîtresse d´une défense qui n´a encaissé que deux buts en quatre matches ; Javier Mascherano se charge d´équilibrer un milieu dépourvu de vrais récupérateurs ; Maxi Rodríguez, avec ses buts et son activité incessante, constitue quant à lui la bonne surprise du groupe. "Cette équipe ne dépend pas d´un seul joueur, elle évolue selon un football bien défini", explique Pekerman, qui se permet même de laisser Lionel Messi et Carlos Tévez sur le banc des remplaçants. Rien que ça...
Peut mieux faire ?
"Dans une Coupe du Monde, rien ne peut être parfait", expliquait Pekerman après la victoire du 24 juin. L´entraîneur argentin, mesurant toujours ses propos, sait bien de quoi il parle : malgré les succès, il reste des points à améliorer. Tout d´abord, la défense souffre sur les côtés et se montre assez inconstante (à l´exception d´Ayala). Ensuite, l´on attend toujours la vraie implication de Juan Román Riquelme dans la création. Figurant parmi les joueurs les plus attendus de cette Coupe du Monde de la FIFA, il n´a pas encore exploité tout son potentiel. Peut-être brillera-t-il enfin face à l´Allemagne, une équipe dont le système favorise le jeu, comme il l´avait fait l´an passé, lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA.
Mais excepté ces quelques défauts ponctuels, Pekerman peut être satisfait : son équipe a gagné un match-clé, l´un des ceux qui s´avèrent cruciaux dans un grand tournoi. Ses joueurs se sont forgé un caractère et ont montré qu´il faudrait aussi compter sur leur mental face à l´Allemagne. Comme le dit Homero Expósito dans son tango Naranjo en Flor : "Il faut d´abord savoir souffrir". C´est ce qu´a fait l´Argentine. Mais ne dit-on pas aussi : après la souffrance vient le plaisir ?