---Au vairon manié en plein été---
La pêche au vairon mort manié est très souvent considérée comme une pêche de début de saison. Alors, quand l’été arrive, spécialistes et amateurs de cette technique de pêche ont tendance à remiser leur matériel, pensant que c’est fini et qu’il est temps de passer à autre chose. Or, en faisant abstraction des préjugés et en modifiant un peu ses habitudes, on peut encore réaliser de belles pêches dans les eaux estivales les plus basses ... à condition de bien maîtriser sa pêche, le choix de sa monture et sa dérive.
Au fur et à mesure que la température de l’eau augmente, nombreux sont les pêcheurs au vairon mort manié à penser que cette technique de pêche perd de son efficacité par rapport au début de saison et ils cessent alors de rechercher la truite de cette manière. Pourtant, contrairement aux idées reçues, la pêche au vairon mort manié continue de faire bouger les truites autant que lorsque l’eau est plus froide .... et peut être même d’avantage !
C’est vrai que les poissons deviennent plus méfiants, plus difficiles et que les loupés sont plus nombreux. Certains, convaincu à tort du manque d’intérêt de pêcher au vairon mort manié après le début du mois de juin, diront même que les truites ne s’intéressent plus aux vairons et qu’elles se contentent de tourner autour sans le toucher, au mieux de provoquer des touches qui seront « inferrables ». S’il est effectivement juste que le comportement des poissons se modifie avec l’arrivée de température plus chaude, il parait aussi évident de s’adapter en même temps et de changer nous aussi notre mode de prospection ainsi que notre technique de pêche.
---Vers l’amont ... sinon rien !- --
Nombreux sont les pêcheurs au vairon mort manié délaissant cette technique de pêche dès la fin du mois de mai qui ne soupçonnent pas les ressources du vairon manié en période d’étiage alors que les eaux sont basses et claires. Moyennant quelques petites adaptations dans sa manière de pêcher, vous pourrez rapidement constater qu’il y a encore de belles pêches à faire au cœur de l’été.
Avant toute chose il faut maintenant oublier le fameux lancer trois-quart aval habituellement utilisé pour rechercher la truite. En effet, même si cette prospection est très efficace en début de saison, lancer ainsi et récupérer en animant quand le vairon décrit vers l’aval un arc de cercle est maintenant à proscrire. Car dans des eaux particulièrement basses, la première règle est la discrétion. Donc pas question de descendre la rivière en pêchant si vous ne voulez pas voir les truites s’enfuirent à votre approche, parfois même à des distances plus importantes que nos possibilités de lancer.
Certes, l’effet serait moins flagrant sur un poste très profond mais ce qui complique les choses c’est qu’en général ce type de poste est moins fréquenté en été que le reste de la saison et que s’il est occupé, la truite y est généralement totalement apathique. En effet, notre belle sauvage fréquente plutôt à cette période les bordures de courant, les débuts ou fins de radier et les lisses abrités par une végétation surplombante où elle est effectivement plus craintive mais aussi prête à engamer un vairon habilement et discrètement manié qui s’aventurerait sur sa zone de chasse.
---Une animation prudente---
L’aspect tactique étant maintenant clos, vous aurez compris que la première des précautions pour toucher du poisson par eaux basses est de pêcher loin vers l’amont en remontant le cours d’eau. Mais il faut aussi modifier quelque peu notre technique de pêche et penser différemment de se que l’on peut faire en début de saison, époque où la pêche au vairon mort manié est capable de convaincre n’importe quel pêcheur de son efficacité.
Contrairement à ce qui peut se passer classiquement en début de saison, pour demeurer attractif par eaux basses, le vairon ne doit pas « trop en faire ». En effet, par expérience, j’ai constaté qu’il était prudent de ne pas trop animer le vairon et qu’il était nécessaire d’éviter les culbutes trop sèches et les vifs changements de direction si l’on ne veut pas effrayer les truites en poste. Car au contraire, nos belles mouchetées sont plus aptes en ces périodes chaudes à accepter un poissonnet animé mollement au ras du fond. Pour se faire, laissez tomber vos montures à plombée en tête et optez pour des montures avec des plombées uniquement internes de type « Plasseraud », « godille » ou « Clou ». Ce genre de monture permet au vairon d’avoir une action plus fluide et moins hachée qui convient parfaitement à la pêche vers l’amont sur des poissons particulièrement méfiants.
---Pêchez léger !- --
L’atout majeur de ce type de monture est sa légèreté et c’est pourquoi les lestages de 1 à 3 grammes au maximum dans le corps du vairon me semblent parfaitement adapté à la plupart des conditions de pêche par eaux basses. Ne faite pas plus, cela ne servirait à rien car la profondeur des postes les plus productifs n’excède que rarement les vingt ou trente centimètres.
Pour les pêcheurs au vairon mort manié qui sont habitués aux montures lourdes et fortement plombées en tête, il y aura forcément une petite période d’adaptation car le contact qu’elles procurent est généralement plus franc qu’avec les montures qui nous intéressent en cette circonstance. La difficulté principale réside dans le contact avec la monture qui est ramenée vers soi. La récupération est en fait effectuée au moulinet pendant une phase d’abaissement progressif du scion de la canne. Entre ces phases d’abaissement ou le fils est récupéré, le relèvement de la canne permet de conserver le contact avec la monture tout en gardant le fils constamment sous tension. Pour faciliter les choses, la canne doit être tenue en position haute et une longueur de 3 mètres au minimum s’avère être un atout non négligeable.
Dès lors, passé l’inévitable période d’adaptation, vous sentirez très vite le vairon se faufiler dans les plus petites veines de courant, glisser merveilleusement bien sous les berges creuses et filer aisément entre les blocs rocheux.
En ce qui concerne la taille des vairons, choisissez les tout petits, entre 4 et 5 centimètres de long car j’ai également constaté que les résultats étaient plus réguliers avec des poissonnets de cette taille et que les touches étaient vraiment plus franches.
Pour les mêmes raisons de discrétion, ne lancez pas à proximité d’un poste ou d’une truite que vous aurez observée car même si la monture est légère et le vairon petit, le bruit d’un poissonnet qui tombe dans l’eau restera toujours moins discret qu’une nymphe. Est-il besoin de vous rappeler qu’une truite à découvert peut être totalement paranoïaque et que le moindre doute peut la faire fuir.
A suivre...