Le procès en appel du calcio a débuté ce samedi et devrait livrer son verdict lundi ou mardi prochain. Les quatre clubs de Serie A qui se retrouvent dans l´œil du cyclone, la Juventus de Turin, le Milan AC, la Fiorentina et la Lazio de Rome, espèrent voir une réduction des sanctions infligées en première instance. Mais le procureur Stefano Palazzi, espère lui des sanctions plus sévères, notamment une rétrogradation de la Juve en Serie C1.
Après le stade olympique de Rome, où s´est tenu le procès disciplinaire de la Fédération italienne (FIGC), c´est le Grand Hôtel Parco dei Principi qui est investi par le justice sportive italienne pour décider, une fois pour toute, de l´avenir immédiat des quatre grands clubs transalpins. La Juve a été condamnée à la rétrogradation en Serie B, assortie de trente points de pénalité, la Fiorentina et la Lazio a écopé de la même sanction, mais avec un retard de points moins conséquent, respectivement 12 et 7 points. Le Milan AC, quant à lui, s´en est mieux sorti. Le club de Silvio Berlusconi reste en Serie A, mais avec 15 points de retard et sera privé de Ligue de Champions après avoir été déclassé pour le dernier exercice.
Si les quatre clubs italiens ont fait appel de la première décision, espérant une réduction du nombre de points de pénalité plus qu´une annulation de la rétrogradation, notamment la Juventus de Turin, le procureur de la fédération italienne, Stefano Palazzi, a également interjeté appel, estimant que les sanctions de la première instance n´étaient pas assez lourdes. Palazzi veut la tête de la Juventus et sa rétrogradation en Serie C1, et la descente en Serie B du Milan AC. Les clubs incriminés risquent encore plus gros, et les peines pourraient donc être plus lourdes.
Justice et crédibilité
Lors de la première journée du procès en appel, il a surtout été question de problèmes juridiques techniques. L´avocat de la Lazio, Gianmichele Gentille, s´est voulu optimiste à la sortie de l´audience. "Nous sommes là pour faire la vérité, montrer que la Lazio est innocente de toutes les accusations retenues", a déclaré le conseiller. Diego Della Valle, le président de la Fiorentina suspendu pour quatre ans et condamné à 30 000 euros d´amende à titre personnel, s´est adressé lui à la fédération italienne de football. "Nous espérons qu´ils ont pris connaissance de tous nos documents et qu´ils nous permettront de nous défendre, considérant que nous n´avons vraiment rien fait", a déclaré le Toscan.
Le verdict sera rendu rapidement, en début de semaine, comme l´a demandé l´UEFA afin d´établir le calendrier des compétitions européennes. Une justice rapide qui ne sera pas forcément en faveur des clubs. Mais une surprise n´est également pas à exclure, la pression des Tifosi, de l´opinion publique et de certains responsables politiques pourrait susciter quelque clémence. Mais le système mis en place par Luciano Moggi, l´ex-directeur sportif de la Juve, et dénommé de l´autre côté des Alpes le "Moggiopoly", fondé sur la corruption, ne pourra pas rester impuni. Les écoutes téléphoniques du "parrain", dont les retranscriptions ont fait le tour du monde à travers les journaux, ont démontré l´ampleur tentaculaire du système. Il y va de la crédibilité du football national italien.