Mondial: la presse espagnole déçue et fataliste après l´élimination face à la France
Au lendemain d´une défaite 3-1 face à la France suivie de heurts à Madrid, la presse espagnole revenait mercredi sur la déception de l´équipe nationale, incapable de briller au deuxième tour d´un Mondial depuis sa quatrième place en 1950.
"Rêves brisés", "Echec" et "De retour à la maison, comme toujours", résumaient en "une" le sentiment d´une presse déçue: après un premier tour encourageant (trois victoires en trois matches), la "seleccion" n´a pas réussi à franchir le cap des huitièmes face à une nation d´un autre calibre que celles rencontrées en phase de poule.
"L´Espagne de toujours", se lamentait "El Pais", expliquant que l´équipe de Luis Aragones était "la même que celle qui échoue toujours dans les grands tournois, une victime de sa propre malchance incapable de battre une équipe d´un niveau supérieur".
"Même pas les quarts de finale", ajoutait le quotidien sportif "Mundo Deportivo". "Notre premier adversaire sérieux a mis la sélection nationale KO."
Les deux autres quotidiens sportifs de référence, "As" et "Marca", préféraient, eux, voir le bon côté d´une défaite qu´ils n´avaient pas vraiment envisagée avant la rencontre. "Ne pleurez pas. Nous avons une équipe et nous reviendrons", expliquait "Marca". "C´était bien tant que ça a duré", soulignait "As".
"Marca" estimait toutefois que ce revers face à la France devait mettre un terme à la mission de Luis Aragones à la tête de la sélection espagnole, même si celui-ci a connu mardi à Hanovre sa première défaite en 26 matches après sa nomination au lendemain de l´échec de l´Euro 2004 au Portugal.
"Luis lui-même a dit qu´il partirait s´il ne passait pas les quarts de finale. Et nous n´avons même pas atteint ce niveau", observait le quotidien qui, beau joueur, saluait la prestation du capitaine français Zinédine Zidane, que beaucoup en Espagne auraient voulu voir à la retraite à l´issue du match mardi soir à Hanovre.
"Il a donné le coup de grâce, et on peut presque dire que c´est une belle mort", notait "Marca". "La dernière chose que nous ayons vu alors que nous étions encore en vie dans ce Mondial, c´est la course, le dribble et le tir de Zidane."
Au-delà de la rencontre, "El Pais" revenait sur les heurts qui ont opposé les forces de l´ordre à des supporters sur la place Colon de Madrid, où environ 15.000 personnes s´étaient rassemblées pour regarder le match sur un écran géant.
Ces violences ont donné lieu à une charge de la police. Au total, 16 personnes ont été hospitalisées, mais aucune dans un état grave, et 12 ont été interpellées.
Selon "El Pais", les policiers ont chargé à l´aveugle, visant autant des personnes ayant jeté des bouteilles que des enfants, des journalistes ou encore des gens qui quittaient la place.
La foule a été contrainte de fuir les lieux dans la précipitation, selon le quotidien de référence, et la place était vide dix minutes après le coup de sifflet final. AP
Muahahahahahaha 