Du côté des Bleus
Une vie de Charbonnier
"IL faudrait une grosse catastrophe pour que je joue." Lionel Charbonnier n’a guère d’illusions sur la suite de la compétition. Autant Trezeguet ou Diomède peuvent rêver d’entamer un match de la Coupe du monde bientôt Ä une blessure, un carton ou une réorientation tactique sont si vite arrivés Ä autant le gardien d’Auxerre n’aspire à rien. Juste content d’être là, déjà pas si mal.
Car Charbonnier n’est pas remplaçant. Non. Seul dans ce cas là, il est remplaçant de remplaçant. Après Barthez, il y a Lama, alors... Alors, Charbonnier sourit. Méthode Coué ou sens prononcé de la générosité, le troisième gardien des Bleus s’accommode aisément de son statut. "C’est mon rôle que de faire prendre la mayonnaise dans le groupe grâce à des petits gestes, des petites attentions, mais je suis plus proche de Fabien (Barthez) que des autres joueurs", précise le Bourguignon.
Philippe Bergeroo, entraîneur des gardiens, fut lui aussi le troisième au Mexique en 1986. "Cela aide le staff par rapport à moi. Il connaît les petits détails, les petits trucs qu’il faut me dire ou ne pas me faire parce qu’on se sent vite exclu." L’expérience de Bergeroo l’aide, même s’il n’en avait pas besoin.
"J’ai pas toujours eu la vie belle, rappelle Charbonnier. Pendant onze ans, j’étais derrière Bruno Martini alors j’ai eu le temps de connaître cette situation. J’ai appris mon métier en étant remplaçant. Quand on a connu ça, on peut relativiser certaines choses comme ne pas avoir d’états d’âme même si j’ai les mêmes droits que les autres. Surtout que remplaçant, cela peut devenir un métier. En Italie, ils font même signer des joueurs de banc..."
D.S.
Alala sacré lionel tu nous manque déja 