Football: Dhorasoo rêve d´un but en finale du Mondial --par Samuel Pétrequin--
[09/06/2006 16:19]
HAMELIN, Allemagne (AP) -- Personnalité atypique du monde du football, le milieu de terrain de l´équipe de France Vikash Dhorasoo se prépare à disputer le Mondial sur le banc de touche, sans animosité.
«L´ennui, ça fait partie de ma vie», a déclaré vendredi le joueur du Paris Saint-Germain, arrivé la veille en Allemagne sans avoir joué lors des derniers matches de préparation des Bleus contre le Danemark (2-0) et la Chine (3-1). «J´aime bien être dans ma chambre et m´ennuyer. Je rêve alors à un but en finale de la Coupe du monde...»
L´ancien joueur du Milan AC, qui totalise 16 sélections seulement en équipe de France (1 but) à presque 33 ans, va disputer sa première phase finale d´un Mondial, la seule compétition qu´il suivait assidûment quand il était enfant. «J´ai des souvenirs de matches en famille», a-t-il raconté. «Ma première vraie Coupe du monde, c´est 1982, je me souviens de plein de choses. Des buts de Paolo Rossi, de France-Allemagne. J´avais suivi la moitié du tournoi à l´île Maurice et l´autre en France.»
Esthète du football considéré par ces détracteurs comme un joueur de salon trop limité physiquement, Dhorasoo a dû attendre l´arrivée de Raymond Domenech -qui l´avait dirigé pendant les JO d´Atlanta- à la tête des Bleus pour connaître régulièrement les honneurs de la sélection.
Heureux d´avoir été retenu dans la liste des 23, il se satisfait pour l´instant de son rôle de remplaçant au sein d´un milieu de terrain en losange où son poste favori, dans l´axe, est déjà occupé par Zinédine Zidane.
«J´imagine que tous les joueurs ont des parcours un peu différents, mais moi on m´avait un peu oublié en équipe de France, là je fais une Coupe du monde», a poursuivi l´ancien champion de France. «Même si j´y croyais depuis deux ans, c´est peut-être aussi pour ça que je suis dans cet état d´esprit.»
Visiblement de bonne humeur, Dhorasoo, auteur récent d´un but en finale de la Coupe de France avec le PSG contre Marseille, affirme qu´il accepterait de fouler une pelouse allemande à un poste qui n´est pas le sien pour jouer.
«Pour moi, ce n´est pas un sacrifice de jouer en équipe de France, je peux jouer n´importe où», a-t-il souligné. «Au milieu de terrain, ça ne me dérange pas d´être bougé à droite ou derrière.»
Dhorasoo, qui s´enorgueillit de ne jamais avoir pris de carton rouge depuis ses débuts professionnels, ne garantit pas pour autant qu´il pourra rester «zen» jusqu´au bout, la frustration pouvant le gagner au fil des matches.
«J´ai très envie de jouer et je ne dis pas que je serai heureux si je ne joue pas. Ca se passe bien pour le moment, ça ne me fatigue pas. J´imagine que ce sera plus difficile au fur et à mesure mais j´espère que je le vivrai bien si je ne joue pas beaucoup. En attendant, je me prépare pour être prêt physiquement et mentalement, afin d´être bien si on fait appel à moi.»
Lors de sa dernière sortie en bleu, au Stade de France contre le Mexique (1-0), Dhorasoo, qui n´a jamais fait l´unanimité, a été copieusement sifflé par le public. «Ca m´a touché pendant le match», a-t-il commenté. «Je crois avoir compris ce qui s´est passé. N´en déplaise à certains, je suis là et jusqu´au bout. Ce qui m´importe, c´est la réaction de mes coéquipiers et des gens qui sont contents que je sois là. Ceux qui ne sont pas contents, je m´en fiche.»
«Le groupe était derrière moi, et pour une fois -par le passé, on a dit que je divisais- j´ai senti que tout le monde était avec moi», a-t-il ajouté. «Ca m´a beaucoup touché.»
Après le Mondial, Dhorasoo retrouvera la routine de footballeur de club avec le PSG, dont il suit l´actualité. «Il ne se passe rien en ce moment, ça saoûle», a-t-il déclaré en riant avant d´être rappelé à l´ordre par un journaliste lui rappelant que son club avait récemment prolongé le contrat de l´attaquant portugais Pedro Pauleta. «D´accord, mais si ils lui ont filé tout le fric, je ne sais pas comment on va faire!» AP
petr/cov/jlc