interview d´Aulas
JEAN-MICHEL AULAS ne comprend pas les commentaires suscités par la défaite de Lille.
« La polémique n’a pas lieu d’être »
Juste après le match de Lille, Jean-Michel Aulas s’est esquivé, terriblement déçu par la défaite. Pendant la rencontre, déjà, il avait du mal à masquer son irritation devant le spectacle de son équipe. Hier, il a accepté de revenir sur ce qu’il qualifie de « déception ». Mais il réitère sa confiance en ses joueurs.
« COMMENT JUGEZ-VOUS les critiques qui se sont abattues sur vous après cette claque à Lille ?[ /b]
– La première chose que je peux dire, c’est que nous étions tous très déçus après la défaite. La deuxième, c’est que Gérard Houllier est maître à100 %de ses compositions d’équipe et de ses orientations sportives. Je ne donne pas mon avis sur ses choix. Il n’y a donc aucun lien avec Jean-Michel Aulas et encore moins avec Jérôme Seydoux (*), qui est l’administrateur le plus important de l’OL, certes, mais qui n’est en aucun cas en relation avec la stratégie sportive du club.
– Quand étiez-vous au courant de ce choix ?
– Après le match contre Saint Étienne (4-0), Gérard m’avait expliqué qu’il comptait faire jouer tous les champions de France lors des deux dernières journées. C’était une bonne intention de donner du temps de jeu à chacun, de montrer toute la confiance qu’on a en eux. Il tenait ensuite à mettre l’équipe type pour le dernier match à domicile. Il y aura 100 000 personnes à Lyon, il y aura une superbe fête. Il a peut-être fait un choix malheureux au vu du résultat mais il avait des arguments. En plus, je trouve que parler de cette manière, c’est faire peu de cas de la qualité des joueurs lillois. Car il faudrait analyser le contenu du match : nous avons failli égaliser sur une tête de Fred qui a frappé le poteau et nous avons encore eu une occasion en début de deuxième période. Lille nous a posé des problèmes. C’est aussi simple que ça.
– Comment vivez-vous cette polémique ?
– Mais elle n’a pas lieu d’être ! Lille a aussi battu Lyon (1-3) à Gerland. On ne nous a rien dit à l’époque. Claude Puel fait un travail formidable à Lille et ce club a aussi réussi une performance en Ligue des champions. Lille a été éliminé par deux équipes qualifiées pour les quarts de finale (Villarreal et Benfica). Les joueurs aussi étaient malheureux après la défaite. Et puis c’est leur faire injure quand on voit quelle équipe Gérard Houllier avait alignée.
– José Anigo est très dur avecvous. Qu’avez-vous envie derépondre ?
– Je n’ai pas envie de polémiquer mais il y a un décalage avec sa réalité. Lui vit dans sa sphère, nous sommes dans notre sphère. Chacun a son mode de fonctionnement, de raisonnement. Je le plains quand même beaucoup s’il est aussi malheureux que ça…
Je comprends mieux pourquoi l’OM a des difficultés à s’en sortir sur une longue période…
Il ferait mieux de se remettre en cause par rapport au Championnat. Ils seront à combien de points de Lyon, les Marseillais, à la fin ? 20, 25 points ? Il ne peut pas tenir de tels propos et il est en train de confondre beaucoup de choses. Quand Marseille a battu Lyon en Coupe de France (2-1), il n’y a rien eu à remettre en question et pourtant, on sortait d’une élimination de la Ligue des champions. De la part d’un ancien joueur, c’est quand même un manque de respect pour les joueurs lyonnais et lillois ! Je ne suis pas sûr que la défense centrale marseillaise n’aurait pas eu quelques difficultés face à un attaquant comme Peter Odemwingie.
– Avez-vous le sentiment de fausser le Championnat ?
– Non, nous sommes malheureux d’avoir perdu. Surtout deux fois contre le même adversaire. Voilà. Maintenant, si l’OM avait gagné contre Strasbourg et Lens au Mans, poseraient-ils cette question ? Marseille va peut-être remporter son match à Bordeaux et Rennes faire de même.
– Y aurait-il une complicité dans la famille Seydoux ?
– Il y a plutôt une émulation entre les deux. Chacun veut réussir le meilleur résultat possible. Et croyez-moi, ça n’a pas fait plaisir à Jérôme de perdre… J’ai confiance en mes joueurs, nous avons été simplement battus par plus fort que nous. Ça s’arrête là. »
HERVÉ PENOT
