Le collectif lyonnais n´a rien pu faire face au réalisme milanais. La formation de Gérard Houllier peut accuser la malchance, mais dans le foot, deux buts en fin de match ou une séance de tirs au but foirée aux Pays-Bas, ne sont pas le fruit du hasard. L´OM peut souffler, aucun club ne gagnera la grande Coupe d´Europe dans les prochaines saisons. Reims, Saint-Etienne, Marseille, Monaco et Nantes ont déjà atteint une demi-finale. Lyon ne le fera jamais. Retour sur un échec, non pas collectif, mais individuel.
Fred, le pied carré
C´est ce que l´on appelle un match raté. Une tête sur le poteau et rien. Dans le système mis en place pour l´occasion, le Brésilien, acheté une fortune l´été dernier, a été transparent, ne pesant ni dans le jeu, ni sur la défense adverse. Censé être épaulé par Sylvain Wiltord, Fred s´est isolé comme un enfant qui avait la trouille. D´autres auraient profité plus d´une fois des mésententes entre Dida et la défense lombarde. Les prémices d´un grand buteur ? Fred ne les a pas, en atteste son déplacement sur le débordement de Govou. Qu´il apprenne le métier en regardant Inzaghi. Sans grand buteur, on peut rarement gagner une
grande compétition.
Caçapa, le boulet
Et avec un tel défenseur, Lyon n´aurait jamais été Champion d´Europe. Certes, Claudio Caçapa est le capitaine et il doit sûrement le mériter par rapport à son influence dans le vestiaire rhodanien. Mais personne ne peut contredire le fait que le défenseur auriverde est le plus faible élément de son équipe (en compétition avec Carew et Fred, faites votre choix). Pour un handicap, il est de taille. S´il a compensé son incompétence par un placement judicieux, il est fautif sur les deux buts de Inzaghi. D´ailleurs, Super Pippo s´est régalé face à la lenteur du Brésilien. Cris ? On aurait préféré voir l´autre Brésilien dans la peau d´un Sarkozy, mais le policier n´a pas fait grand choses. Il aurait mérité de recevoir, au moins, un carton jaune sur son pédalage sur Inzaghi.
Govou ? Malouda, le duo inoffensif
Faudrait expliquer aux jeunes des centres de formation, que le rôle d´ailier, n´est pas du tout celui de Sidney Govou. La comparaison peut être brutale, mais Sidney Govou, c´est Bernard Mendy. Tel le latéral parisien, le Gones n´arrive plus à prendre de vitesse son adversaire, à le déborder. Loin de ses débuts fracassants, Govou n´est plus capable d´éliminer un joueur. Heureusement qu´il a une belle frappe de balle... en Ligue 1. Qu´il aille voir ailleurs, si quelqu´un le veut. Quant à Florent Malouda, à l´instar de son compère de l´autre aile, il manque grandement de tranchant. Très bon dans son couloir pour combiner, il n´est que trop rarement décisif. Se sert de son pied droit pour monter dans le bus, point final. Si Domenech veut prendre des ailiers de qualités, il n´a qu´à chercher du côté de Marseille et de Barcelone.
Carew, l´arnaque
Fin de match et remplacement habituel : l´entrée de Carew à la place de Fred. Déjà que le Norvégien n´est pas bon quand il est titulaire, ce mardi soir, il n´a servi à rien (un peu comme Fred d´ailleurs). Houllier n´a pas su profiter des espaces de fin de match. La rentrée de Benoît Pedretti et le replacement de Sylvain Wiltord en pointe auraient été un bon coaching. Mais lorsque l´on dépense 23 millions d´euros pour une paire d´attaque aussi famélique que ridicule, on ne peut se vanter de construire la meilleure équipe du vieux continent. Erreur énorme (comme celle de Carew) de recrutement de l´OL !
Aulas, le malade
Le rêve s´est envolé, Lyon manque d´un Shevchenko, d´un Nesta, d´un Kaka. L´objectif était clair en Ligue des Champions, il fallait au moins faire mieux que l´an dernier. Finalement, l´OL est tombé sans gloire, comme l´an dernier, en quart de finale. Que faire, maintenant, pour JMA ? La saison prochaine, inutile de dire que l´ambition sera revue à la baisse. L´époque est sur la fin. A moins de dégager les boulets et conserver les meilleurs éléments. Mais les Diarra, Govou, Cris, Wiltord iront sûrement voir ailleurs et Juninho et Malouda pourraient suivre. Aulas l´ambitieux, Aulas le présomptueux. Lyon reste la Capitale des Gaules, mais ne régnera jamais sur l´Europe.