Interview d´Anelka:
Fenerbahce signifie Jardin du phare. C´était un quartier fleuri au bord de la mer de Marmara, sur la côte asiatique. Fondé en 1907, le club est le plus populaire de Turquie. Il revendique d´ailleurs 20 millions de supporters, dont le Premier ministre, Recep Erdogan (...)
Notre public me rappelle celui d´Angleterre, le meilleur d´Europe. Je crois qu´ils sont même encore plus bruyants !
Quant à notre centre d´entraînement, je n´avais jamais vu de telles installations. A Samandira Tesisleri, en plus des terrains, il y a une salle de musculation, un Jacuzzi, un hammam, une salle de billard, des équipements médicaux de pointe, un restaurant, une piscine, une salle vidéo pour répéter les schémas tactiques, etc. Je suis installé à Istanbul depuis neuf mois et je ne peux plus m´en passer. Cet été, le soleil a brillé trois mois non-stop. Je suis arrivé ici sans a priori. Je ne juge pas avant de connaître. Comme moi, Istanbul a véhiculé une mauvaise image, celle d´un personnage «à part», tellement peu conforme à la réalité. En clair, Anelka et Istanbul sentaient le soufre. Une étiquette dure à ôter. La vérité est qu´on ne se livre pas d´un coup. Il faut faire l´effort d´aller au-delà des apparences et zapper la condescendance. Bref, elle et moi, on se ressemble. Parfois, en discutant avec des amis, j´ai impression qu´ils pensent encore qu´Istanbul ressemble au film «Midnight Express» ! Pareil dans le foot : certains clubs ont peur de ma réputation, craignent qu´avec moi il y ait des problèmes alors que je cherche tout sauf les embrouilles. Mes parents sont venus en avril. J´étais encore à l´hôtel. Ils ont trouvé la ville fascinante, loin des clichés et des préjugés. Désormais, je vis sur la rive asiatique, dans une grande maison, à vingt minutes de l´entraînement comme du stade. je suis à cheval entre deux continents : tout près d´un des deux immenses ponts suspendus qui relient l´Asie à l´Europe. Je traverse le Bosphore comme on prend le métro. Le top du top est d´arriver au restaurant en bateau. Même pour me rendre en boîte de nuit, il m´arrive de l´utiliser ! C´est plus simple qu´en voiture. La circulation est très dense. Istanbul est très peuplée et plutôt mal desservie. L´état des routes est l´image de la ville : des endroits super clean, d´autres avec de gros trous dans la chaussée. Parfois même, la construction de la route n´est pas terminée. Quant à la bande d´arrêt d´urgence, pas la peine d´y compter, elle n´existe pas. On dit ce peuple exubérant, sensible et nerveux : mais ça, c´est juste dans le foot ! Les gens sont adorables et souriants.
Interview by Paris Match.
