On a surtout besoin de mecs comme Guirane
L1 / NANTES :
LE COLOSSE EXEMPLAIRE
© panoramic L1 / NANTES : Le colosse exemplaire
Olivier DE LOS BUEIS
jeudi 22 janvier 2009 - 15h59
Malgré un terrible drame personnel, Guirane N'Daw est une des plus grosses satisfactions de l'effectif nantais cette saison. Mais le Sénégalais ne tire pas la couverture à lui. Pas le genre de la maison.
N'allez pas dire à Guirane N'Daw que la défaite contre Bordeaux est dramatique ou que le FC Nantes vivrait un cauchemar s'il devait descendre en fin de saison. L'homme de 25 ans connaît le poids des mots. Le 18 octobre dernier, il a joué contre Saint-Etienne. Quelques heures auparavant, l'ancien Sochalien venait de perdre son enfant, né prématuré. « Perdre son enfant, confie-t-il, encore touché, à Football365.fr, il n'y a pas plus grave. Maintenant il faut savoir comment faire pour dépasser ce drame à côté duquel le foot, ce n'est rien ! Rien du tout ! Il faut que tout le monde dans le foot comprenne qu'une défaite ou la descente en Ligue 2, ce n'est pas la fin du monde. Il y a des gens qui perdent leur famille, leur enfant, leur frère, leur mère… Ça, c'est à vie. Le foot, il y a toujours d'autres chances à jouer. La vie continue. Il y a plus grave que le foot… »
Après ces mots, évoquer la saison du FC Nantes, le parcours du joueur, la reconstruction d'un club, paraît incongru, déplacé et dénué d'intérêt. Mais le Sénégalais se livre, car « la vie continue. » Et puisqu'il faut poursuivre, on notera que l'international sénégalais n'est pas pour rien dans le parcours plutôt encourageant du FC Nantes ces dernières semaines. Si l'on s'appesantit régulièrement sur les difficultés d'intégration de Gravgaard et Klasnic, lui s'est assez rapidement installé dans la formation nantaise. « Pour être au plus haut niveau, il n'y a que le travail qui paie, lâche-t-il. Il faut récolter ce que l'on a semé. Maintenant, il faut continuer à bosser à l'entraînement pour progresser. Quand je suis arrivé à Nantes, au début c'était difficile, mais ensuite j'ai retrouvé mon niveau et aujourd'hui je progresse techniquement et tactiquement. J'essaie d'apporter quelque chose à l'équipe, et le coach me fait confiance. J'essaie de lui rendre cette confiance sur le terrain. »
« Depuis que le coach Baup est là, on sent du mieux »
Elie Baup compte sur lui. Comme auparavant Michel Der Zakarian, Guy Lacombe, Francis Gillot ou Alain Perrin l'avaient fait. Car N'Daw, c'est la crème pour un coach. Le colosse (1,90m, 78kg) n'est pas du genre à rechigner à la tâche. Au contraire, à Sochaux, il a fallu lui expliquer que son traditionnel footing de six heures du matin, tradition personnelle ramenée de Ouakam, dans la banlieue de Dakar, c'était de trop ! « Travail », donc, et « collectif ». Voilà les mots qui reviennent le plus dans la bouche du milieu de terrain quand il évoque son métier : « Dans une équipe, vous savez, tout le monde est important. J'essaie juste de faire mon boulot pour aider mes partenaires. Mes partenaires aussi font leur boulot pour m'aider. On est une équipe solide, qui travaille pour le collectif. J'essaie de faire mon travail le plus sérieusement possible. Pour l'équipe. Il faut toujours penser à l'équipe avant de penser aux individualités. »
Aujourd'hui, son apport est valorisé par la remontée du FC Nantes au classement, même si tout cela reste fragile. Après avoir signé pour quatre ans au FC Nantes dans l'espoir d'accompagner la « reconstruction de ce club », le gaucher un temps convoité par Saint-Etienne et Lyon se félicite de l'arrivée d'Elie Baup. « Il y a eu un nouveau coach qui est arrivé. Elie Baup a amené sa patte, sa méthode de travail à base d'enthousiasme et d'envie. On fait le plus beau des métiers : il faut avoir de l'envie, de la discipline, de la rigueur et transmettre ça sur le terrain. On travaille et ça paie. Depuis que le coach Baup est là, on sent du mieux. La concurrence est là, tout le monde bosse pour trouver sa place. » Et il espère qu'après avoir quitté la zone de relégation, le FC Nantes ne retombera pas dans ses travers : « Le début de saison, c'est le passé. Maintenant, nous sommes là, on pense au présent et on fait ce que le coach nous dit, à savoir travailler. Ça va être très difficile jusqu'au bout, mais il faut se maintenir. » Car si une relégation ne serait pas catastrophique pour N'Daw, il fera tout pour éviter que cette saison soit aussi négative sur le plan sportif.