NANTES / RICARDO FATY :
« Que mon talent soit reconnu »
jeudi 24 janvier 2008 - 10 h 36 - Aurélien CANOT
« Que mon talent soit reconnu »
PANORAMIC
Ricardo Faty était mercredi à Nantes où il a été prêté pour dix-huit mois. Après six mois sans jouer à Leverkusen, le jeune milieu défensif, qui appartient encore à la Roma, veut éclater au grand jour.
Ricardo Faty, pourquoi souhaitiez-vous tant rejoindre le FC Nantes ?
Pour le club en lui-même déjà. C'est un club respecté en France et aussi un club ambitieux. Le fait que les Nantais soient en Ligue 2 était un peu difficile pour moi, c'est vrai, mais ils sont premiers, tout en haut de la Ligue 2. Nantes est pour moi le projet idéal en ce moment. C'est un soulagement. Ça a traîné un peu en longueur et j'ai eu peur que ça ne se fasse pas mais finalement, ça s'est fait. C'est super. Je veux faire quatre mois en L2, aider l'équipe à monter et ensuite être avec elle en L1. En plus, Nantes en L1, ça ne sera pas comme un promu classique. Nantes est un club qui connaît bien la L1, un des clubs les plus expérimentés en France. En L1, il ne sera pas dans l'inconnu. Et de toute façon, moi aussi je connais un peu la L1. Et j'ai joué en Serie A, en Allemagne… Donc je ne m'inquiète pas.
Que vous inspire cette équipe de Nantes ?
Comme le lundi il n’y a rien à la télé en général, j’ai souvent vu jouer Nantes depuis le début de la saison. L’équipe tourne très bien et ils ont de très bons joueurs. Un joueur comme Da Rocha est un joueur d’expérience par exemple. De toute façon, Nantes reste une référence. En milieu de terrain, ils ont Shereni qui est pas mal. Ils ont aussi De Freitas qui joue bien. Ce sera à moi de montrer que j’ai ma place dans cette équipe. Et me battre, comme partout. A Rome, je jouais aux côtés de De Rossi et Pizarro. Mais quand je n’étais pas titulaire, j’étais autant déçu que je l’étais quand je ne jouais pas à Strasbourg.
Etiez-vous nostalgique de la France ?
Non. Si je veux rentrer en France, c’est surtout car j’ai envie d’y montrer mes qualités. Je me suis rendu compte que j’étais mieux connu en Italie qu’en France. Je ne veux pas que ma carrière tourne de cette façon : être vraiment aimé en Italie en en France, rien du tout. Ce qu’ont connu Sébastien Frey ou Jonathan Zebina par exemple. Surtout Zebina. J’avais beaucoup de propositions en Italie mais en France, ça ne se bousculait pas trop. Quand Nantes s’est manifesté, ça m’a fait très plaisir. Je vais enfin pouvoir montrer mon niveau à tout le monde. Mon talent est reconnu à Rome et je veux qu’il le soit aussi en France. Se faire voir sur le plan footballistique est le plus intéressant.
« Leverkusen a été un mauvais choix de ma part »
Vous étiez en contact avec d’autres clubs…
En France, il y avait Valenciennes et Saint-Etienne qui étaient intéressés. En Angleterre, Everton était vraiment intéressé pour me prendre. Comme Leverkusen, ils m’avaient vu à l’oeuvre au Festival Espoirs de Toulon. Mais comme ils ne m’avaient pas vu jouer depuis six mois, ils voulaient voir où en était mon rythme et ils m’ont proposé un essai de quinze jours, comme c’est la mode là-bas. Moi, je ne voulais pas prendre ce risque dans le cas où cela ne se concrétisait pas. J’avais aussi des clubs en Allemagne mais je ne voulais pas rester là-bas. Et concernant l’Italie, j’avais l’Atalanta Bergame mais ça ne m’intéressait pas de partir dans un club de seconde zone. Udinese et la Sampdoria étaient intéressants mais ils ont déjà un milieu de terrain très dense donc je n’étais pas sûr de jouer. Nantes était pour moi le meilleur des choix.
L’épisode Leverkusen est-il sorti de votre tête ?
Non, au contraire, il est toujours présent. Sur le plan footballistique, ça a été six mois vraiment noirs mais j’ai beaucoup appris et j’ai beaucoup progressé sur le plan du mental. Aujourd’hui, j’aborde les événements plus sereinement. Quoi qu’il arrive, je sais comment gérer les situations difficiles désormais. Pendant six mois, mon bilan au point de vue temps de jeu est vraiment négatif mais sinon, j’ai su me débrouiller en Allemagne. Même si je n’ai pas joué, les dirigeants de Leverkusen m’apprécient tous car ils savent que je me suis comporté en professionnel. Je me suis plaint un peu mais sans jamais dépasser les limites. J’ai toujours été correct avec eux. A partir de là, je n’ai rien à me reprocher. Et j’en suis assez fier. Cette expérience restera dans un coin de ma tête.
Depuis la Roma, votre carrière peine à décoller. Comment l’avez-vous vécu ?
Leverkusen a été un mauvais choix de ma part, c’est clair. Mais si je suis parti là-bas, c’est aussi car ils m’avaient promis du temps de jeu et avaient fait tous les efforts pour me prendre : ils étaient vraiment déterminés. Finalement, ça n’a pas marché et je ne pouvais pas me permettre de passer encore six mois de la sorte. Déjà, si j’avais quitté Strasbourg puis Rome, c’était pour avoir plus de temps de jeu. Et à Leverkusen, je jouais encore moins qu’à Rome. Maintenant, le temps de jeu n’est assuré nulle part et je ne pars pas à Nantes en titulaire indiscutable, loin de là. Ce qui m’importe le plus avant tout est de montrer mes qualités pour pouvoir aider le club à monter. Je sais que je ne vaux pas un banc de touche. Je suis capable d’être titulaire dans un club. Si c’est à Nantes, ça sera parfait.