L1 / NANTES :
Et si le FCNA déplaçait les foules ?
mardi 10 avril 2007 - 10 h 25 - Florian NIGET
Et si le FCNA déplaçait les foules ?
PANORAMIC
Si la mobilisation populaire ne faiblit pas à la Beaujoire, Nantes ne peut compter que sur une minorité d’habitués lors des déplacements. En cette période cruciale, le club doit-il revoir sa politique ?
Les supporters seraient-ils prêts à se déplacer en masse ?
Abasourdi par la claque sedanaise (0-1), le peuple jaune n’est plus très loin de la résignation. Il ne sait plus vraiment si c’est la foi ou le devoir qui le pousse à maintenir son soutien à une équipe en perdition. Le déplacement à Saint-Etienne avait des airs, si ce n’est d’obligation, de routine pour les plus fidèles. Comme Stéphane, le représentant des Yellow Flight : « On y va parce qu’il le faut bien mais ça fait un bout de temps que les gens se sont fait une raison. » Les déceptions se succédant, pas sûr que les amoureux du FCNA ne se mobilisent plus que de coutume pour porter leur voix jusqu’aux stades adverses. A moins que… A sept journées de la fin, même les moins réalistes ont compris qu’il fallait peut-être vivre ces prochaines semaines dans l’élite comme les dernières, du moins avant un moment. Et que par conséquent, il était temps d’afficher un soutien, le plus fort possible, aux actuels derniers de L1. Faire fi du découragement collectif et aider, par la présence et les chants, au redressement de l’équipe. D’autant que les affiches à venir ont quand même de quoi séduire : Paris, Le Mans, Bordeaux et Lyon.
La politique de déplacement actuelle est-elle adaptée ?
Pour déplacer les foules, le club a bien évidemment un rôle à jouer. Il organise d’ores et déjà des déplacements officiels « à des prix défiant toute concurrence », de l’aveu même de Romuald, porte-parole de la Brigade Loire. Pour Saint-Etienne, la formule tout compris (voyage en bus, encadrement et place) ne coûtait par exemple que 30€ pour les associations, 60 pour le grand public. « On n’a pas à se plaindre », reconnaît Stéphane des Yellow Flight. Mais côté Brigade Loire, c’est la politique générale de déplacement que l’on conteste : « Le club a abandonné le créneau pendant trop longtemps, en se concentrant uniquement sur quelques matches prestigieux comme Paris, Marseille ou Bordeaux, constate Romuald. Du coup, les gens ont perdu le réflexe. Ils ne font plus la démarche. Il faudrait une vraie politique, en acceptant par exemple de perdre de l’argent pour fidéliser la clientèle et en développant la communication, qui à ce jour est quasiment inexistante. Le club ne prend pas le temps de s’en occuper. Et il n’anticipe jamais : ce n’est pas à J-7 qu’il faut s’organiser. J’ai l’impression qu’ils considèrent ça plus comme un service rendu aux supporters, sans se rendre compte de l’impact que peut avoir un soutien populaire élargi. »
Le club doit-il songer à une opération spéciale maintien ?
Lors de la saison 1999-2000, le FCNA avait déjà appelé à la mobilisation en proposant pour le match décisif au Havre (lors de la dernière journée, les Canaris y avaient sauvé leur peau en L1 in extremis) un tarif préférentiel de 100 francs tout compris. Les supporters avaient suivi : 29 cars avaient été affrétés et l’espace visiteurs du stade Deschaseaux avait débordé jusque dans les tribunes latérales. L’échéance reste lointaine mais pourquoi ne pas proposer le même genre d’opération pour l’ultime journée, à Lyon, et même mieux, une invitation ? « Même si on a bien conscience que c’est très cher, le club pourrait en effet se poser la question de la gratuité si l’équipe joue son maintien là-bas », estime Romuald. « Ce serait une bonne idée », appuie Stéphane. Evidemment, d’ici là, les joueurs vont devoir assurer, histoire de ne pas compromettre prématurément leurs chances. Et pourront compter, au moins, sur une belle poignée d’irréductibles pour les y aider.