NANTES / MAMADOU DIALLO :
« Tout me dit qu’on va se maintenir »
lundi 26 mars 2007 - 11 h 27 - Loïc FOLLIOT
PANORAMIC
Mamadou Diallo, peu en réussite cette saison, reste persuadé que le FC Nantes renouvellera son bail en L1 l’année prochaine. Le Malien s’est fixé un objectif : inscrire au moins huit buts en neuf journées.
Mamadou Diallo, malgré la défaite à Monaco, le FC Nantes n’est pas décroché dans la lutte pour le maintien et vous avez retrouvé le chemin des filets face à Nancy après une longue période de disette (l’attaquant n’avait plus marqué depuis le 23 décembre à Toulouse). Dans quel état d’esprit êtes-vous au moment de lancer le sprint final ?
Je suis bien dans ma tête. L’état d’esprit est positif. A l’image de l’équipe, j’ai vécu un début de championnat très difficile. Je ne parvenais pas à marquer. Ça commençait à peser. On demande à un attaquant de marquer des buts, d’être efficace. Collectivement, nous n’étions pas performants. Individuellement, je ne l’étais pas non plus. J’ai perdu ma place.
Le binôme Der Zakarian-N’Doram fait confiance au duo Diallo-Keserü. Comment expliquez-vous ce retour en grâce ?
Dans ma tête, je savais que seul le travail pouvait me permettre de retrouver ma place. Progressivement, je retrouve mon niveau. Il n’y a pas de titulaire indiscutable pas plus que d’équipe type. En ce moment, je débute les matchs. Avant, j’étais remplaçant. Etait-ce logique ou non ? Ce n’est pas à moi de trancher. L’entraîneur a des choix à faire. Il cogite. Son rôle est aussi de se poser des questions pour trouver la bonne formule.
Avez-vous traversé une période de doute après ce début de saison pour le moins délicat ?
Une période de doute, je ne sais pas. Mais il est certain que je me suis posé des questions. Quand vous ne jouez plus, par définition, vous ne marquez pas. Rien ne va. Il faut justement éviter de tomber dans le doute. Pour y parvenir, il faut surtout être costaud mentalement.
En 2005, vous aviez inscrit le but libérateur face à Metz qui permettait au FC Nantes d’éviter la relégation. Il reste 9 matchs de championnat d’ici la fin de la saison. Envisagez-vous que le maintien se joue à la dernière journée, comme ce fut le cas en 2005 ?
Sincèrement, ce ne sont pas des choses que je souhaite revivre. Un match, ça se joue vraiment à peu de choses. Vous pouvez passer au travers. Votre adversaire peut avoir de la réussite…Le football, ce n’est pas évident. Ce n’est pas une science exacte. Il nous reste des matchs pour redresser la barre. Autant éviter de jouer le maintien lors de la dernière journée. Je n’ai pas envie de jouer la saison sur un match. Si tu passes à côté, c’est mort.
Sur quels arguments le FC Nantes peut-il s’appuyer pour espérer réussir dans son opération maintien ?
Sur la solidarité, incontestablement. L’équipe a trouvé un équilibre. Aujourd’hui, on défend mieux dans toutes les lignes. On sent qu’il y a quelque chose de défini. Encore une fois, quand je parle d’équilibre et de projet défini, ça ne concerne pas simplement le onze de départ. C’est le groupe. On sait où on va. La méthode nous convient et le collectif s’en porte mieux. Aujourd’hui, c’est plus facile de travailler. Michel (ndlr : Der Zakarian) donne de la voix. Il n’hésite pas à remettre les choses en place. On sait ce qu’on doit faire. On doit s’y tenir. Chacun essaie de retrouver son meilleur niveau. On joue de la façon dont on s’entraîne. Tout me dit qu’on va se maintenir.
Le changement d’entraîneur vous a semble-t-il été profitable…
Avec Serge Le Dizet ou Georges Eo, c’était plus compliqué car la majorité de l’effectif n’était pas bien. Aujourd’hui, on se sent mieux. Mais tout va vite dans le football. Avant de retrouver le chemin des filets, je ne me suis pas découragé, mais on ne sait jamais quand ça va revenir. J’ai débloqué mon compteur à Toulouse le 23 décembre, mais ensuite, je n’ai pas réussi à enchaîner. Ça ne m’a pas empêché de retrouver progressivement de bonnes sensations.
« Claudiu et moi, on se trouve assez facilement »
Et il a fallu patienter jusqu’au 10 mars pour que vous inscriviez votre second but en championnat, le premier de la tête…
Oui et pourtant, avant, je n’aimais pas sauter. Je découvre ça. Je n’ai jamais travaillé mon jeu de tête.
Votre association avec Claudiu Keserü semble avoir redonné du poids à une attaque nantaise bien discrète. En quoi êtes-vous complémentaires ?
On n’a pas besoin de dix mille matchs pour trouver un équilibre. Claudiu et moi, on se trouve assez facilement. C’est un joueur qui a le sens du but, le réflexe de l’attaquant. Il aime se situer dans l’axe. Moi, je viens de loin. Certains joueurs ont des affinités sur le terrain. Déjà, à l’époque de Serge Le Dizet, quand on évoluait ensemble avec Claudiu, c’était pas mal. On avait montré des choses intéressantes. Aujourd’hui, on nous fait confiance. On doit faire en sorte que ça dure et prouver aux entraîneurs qu’ils ne se sont pas trompés.
Votre complicité s’exprime-t-elle aussi en dehors du terrain ?
Oui. D’ailleurs, ce midi, c’est lui me ramène à la maison (rires).
En début de saison, vous vous étiez fixé un objectif de 10 buts, similaire à celui de l’exercice précédent. Avec seulement deux réalisations à votre actif, avez-vous revu cette ambition à la baisse ?
Non, absolument pas. Même s’il ne reste que neuf journées, je vais faire le maximum pour atteindre mon but. J’y crois.
Vous disputez un match face au Bénin dans le cadre des éliminatoires de la CAN. Le Mali est bien placé pour empocher sa qualification…
Disons simplement qu’on est bien partis. On est leaders, mais on n’a qu’un point d’avance sur le Bénin. On va jouer à Bamako, devant 50 000 personnes. On a toujours la pression, qu’on gagne ou qu’on perde. Notre objectif, c’est la qualification. On n’a pas le droit de passer au travers, car on a déjà raté la dernière Coupe d’Afrique des Nations.
Le FC Nantes est-il un club réputé au Mali ?
Oui, on connaît le FC Nantes, notamment depuis l’épopée de 1995. Il arrive qu’on m’en parle. Certains entraîneurs prennent d’ailleurs exemple sur le jeu à la nantaise. C’était le cas lorsque j’étais en formation au centre Salif Keïta.