sheva, Keseru a joué en CFA
et il a marqué
NANTES / FRANCK SIGNORINO :
« Je n´en dors plus »
samedi 23 septembre 2006 - 18 h 02 - Rédaction Football365
Le latéral gauche Franck Signorino est particulièrement touché par les mésaventures actuelles du FC Nantes. Il ne se sent pas épanoui mais se battra jusqu’au bout pour éviter de sombrer complètement.
Franck Signorino, le fameux choc psychologique dû au changement d´entraîneur, ça marche ?
Non. Sauf si nous les joueurs, on se dit que c’est à cause de nous qu’un entraîneur s´est fait virer et a perdu son travail. Sauf si ce limogeage nous interpelle et que nous prenons conscience que c´est nous qui sommes sur le terrain et que nous devons nous bouger le cul. Le coach avait sa part de responsabilité, tout comme les joueurs et les dirigeants.
Etant donné le contexte nantais, ne regrettez-vous pas d´avoir quitté Metz pour venir ici ?
C´est l´histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Au niveau des résultats, j´en suis au même point qu´avec le FC Metz ! En fait, je suis un peu fatigué de vivre des saisons très difficiles. En dix ans de carrière, je n´ai même connu que ça si on excepte la remontée en L1 avec Metz. Je ne me sens pas épanoui dans ce FC Nantes là. Je suis comme un employé dont l´entreprise ne marche pas.
D´un point de vue personnel, vous semblez en revanche être dans une dynamique beaucoup plus positive que celle du club...
Individuellement, j´ai beaucoup appris sur la façon de travailler, d´appréhender le foot, dans ma réflexion, dans ma manière de gérer la pression médiatique plus forte qu´en Lorraine.
« On doit apprendre à s´arracher les uns pour les autres »
On parle de plus en plus de vous pour endosser le brassard de capitaine. Tenté ?
Je trouve le sujet déplacé vis-à-vis de Loïc Guillon (Ndlr : l´actuel capitaine confirmé par Eo) que j´apprécie. On subit les rumeurs sur ce fameux brassard. La question ne se pose pas. Je n´ai pas envie de scier la branche à un coéquipier.
L´émotion transparaît souvent sur votre visage. Pouvez-vous expliquer comment vous ressentez les choses de l´intérieur ?
J´ai tellement tendance à m´impliquer, à m´investir, à faire les choses avec cœur que je n´en dors plus la nuit. La situation du club me tracasse et j´y pense sans cesse. Je gamberge. Mais je me battrai jusqu´au bout, même si la situation est devenue désespérante.
Selon vous, quelles sont les solutions pour sortir Nantes de cette crise ?
J´ai déjà connu cela. Je sais quels sont les remèdes. Il n´y a rien d´original dans ma réponse. Ce sont les valeurs que m´ont inculqué Jean Fernandez, Gilbert Gress, Francis de Taddéo : beaucoup de travail, de la rigueur, de l´humilité. Dans la difficulté, on doit s´investir encore plus. Je ne parle pas forcément du terrain mais de l´entraînement invisible, du sommeil, des étirements à la fin des séances, de la concentration. On ne pense pas au match seulement la veille. Par un investissement total, on parviendra à rétablir la situation. Il ne s´agit pas d´une question de talent car il y en a ici. Il faut savoir souffrir pour récolter les fruits de ce dur labeur.
Car vous pensez que l´investissement de chacun et la volonté de se faire mal pour les autres ne sont pas suffisants ?
Peut-être... Je suis petit-fils de mineur. Mon père a commencé à travailler à l´âge de 16 ans : il s´agit de valeurs que l´on m´a inculquées. Nantes a longtemps été habitué à gagner par le beau jeu, à éviter la confrontation directe par le collectif. On doit apprendre à s´arracher les uns pour les autres. Je ne dis pas que l´on ne veut pas le faire mais ce n´est pas dans la nature nantaise, pas dans les germes. Le recrutement opéré à l´intersaison s´inscrivait pourtant dans cette réflexion. Il suffit peut-être d´un déclic.
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Allez courage Franck 