NANTES / HABIB BAMOGO :
« Je ne dois penser que football »
lundi 28 novembre 2005 - 16 h 54 - Aurélien CANOT
La confiance regonflée par sa somptueuse rentrée contre Strasbourg, Habib Bamogo ne perdra plus son temps à se plaindre de son temps de jeu ou à évoquer des aspects externes. Le Nantais veut se focaliser sur le ballon pour mettre toutes les chances de son côté.
Habib Bamogo, contre Strasbourg, vous êtes passés par tous les sentiments…
Oui, car nous avons fini par gagner à seulement trente secondes de la fin. C’était vraiment un match fou. Quand nous étions menés 2-1, tous les espoirs étaient encore permis. Après, quand ils ont marqué leur troisième but dans la foulée, nous nous sommes dit que nous ne pouvions plus gagner. C’était impossible. Finalement, nous sommes revenus à 3-2 et tout était reparti de nouveau. C’est la première fois que je vis ce genre de situation.
Nantes, au-delà de gagner une place au classement, a aussi prouvé qu’il avait suffisamment de ressources pour réagir...
C’est clair que c’est bien d’avoir réagi comme cela mais il faut retenir que c’est mieux d’agir que de réagir. Là, nous avons eu une certaine chance car la réussite était plus de notre côté. Mais cela ne pourra pas toujours être dans notre sens. Maintenant, vu comment elle est arrivée, cette victoire a quelque chose en plus que les précédentes. Cette victoire nous rapproche de la première partie de tableau.
Vous avez affiché deux visages différents. Celui de la seconde période est très prometteur…
Il est très prometteur car nous avons tous réagi ensemble et nous sommes allés chercher cette victoire au bout de nous-mêmes.
« Plus personne ne me fera douter »
Sur le plan personnel, vous avez démontré à Serge Le Dizet qu’il pouvait vous faire confiance, même s’il ne l’a pas fait au coup d’envoi...
De toute façon, depuis que je suis là, ce n’est pas facile. J’ai fait des déclarations mais je ne suis pas venu ici pour parler. Maintenant, le coach sait ce qu’il a à faire. Moi, il n’y a que le football qui puisse faire en sorte que je joue. Cela ne peut être que bénéfique pour moi si je ne pense qu’à jouer.
Sur cette mi-temps disputée contre Strasbourg, vous avez marqué beaucoup de points. Peut-être même davantage encore que lors de vos dernières apparitions ?
Contre Marseille, j’avais déjà fait un bon match. Dimanche, j’avais encore été mis une fois remplaçant et cela m’a fait bizarre car je m’attendais à jouer. Je n’ai pas très bien compris mais ce n’est pas grave : ce sont les choix du coach. Mais maintenant, ce n’est plus la peine de parler. Quand on me fait rentrer, j’essaie de donner le maximum.
Vous avez en plus réussi à marquer sur une superbe reprise de volée…
Je me suis donné à fond pour remettre l’équipe dans le bon sens et mon but nous a vraiment remis dedans. Je n’affectionne pas spécialement les reprises de volée mais quand il faut le faire, je le fais. Je n’ai vu arriver le ballon qu’au dernier moment. Je me couche, je la prends comme elle vient et elle rentre. Après, il y a aussi le penalty que j’ai loupé mais comme il n’a pas trop eu de conséquences…
« La concurrence légale ne m’a jamais fait peur »
En seconde période, l’osmose entre les supporters et vous a été magnifique ?
Quand je suis entré, il y a eu beaucoup d’applaudissements : cela veut donc dire que les supporters sont contents que je sois là. Le public est là, les gens viennent souvent aux entraînements, ils nous supportent et je leur rends la pareille. Maintenant, j’ai démontré mais je ne dois pas m’arrêter à cela. Dans ma tête, je ne dois penser que football.
A la veille de l’annonce de l’arrivée officielle à Nantes de l’attaquant kenyan Dennis Oliech, vous avez eu une bonne idée en accomplissant ce gros match…
Oui, c’est précieux. Maintenant, si Nantes a pris Oliech, c’est que cela ne peut être qu’un renfort bénéfique pour le club. Si c’est le cas, tant mieux pour tout le monde. Après, c’est sûr que c’est une concurrence pour tous les attaquants qui sont là. Mais, moi, la concurrence légale ne m’a jamais fait peur. Quand je suis arrivé à Marseille, je savais que j’allais être en concurrence avec des gros bras. Ce n’est pas pour autant que je n’y suis pas allé. La preuve : j’ai joué.
Après une petite période de doute, votre avenir semble plus que jamais à Nantes, non ?
Si cela se passe comme cela, cela ira. Maintenant, il suffit juste d’enchaîner les bonnes prestations et on verra bien comment cela se passera. La vie est faite de rebondissements et de choses que l’on ne prévoit pas. Donc j’attends et je verrai.